Moins de contrats aidés d’ici la fin de l’année

Moins de contrats aidés d’ici la fin de l’année
Des auxiliaires de vie scolaire pour s’occuper des enfants handicapés sont employés en CAE dans les écoles. - © Wavebreakmedia

Plusieurs études le montrent : les contrats aidés, destinés aux jeunes et aux chômeurs de longue durée, ne sont pas efficaces pour résoudre le chômage à long terme. Le gouvernement veut limiter leur nombre pour réaliser des économies.

La réduction du nombre de contrats aidés compte parmi les pistes annoncées pour atteindre les 4,5 milliards d’euros d’économies budgétaires nécessaires au passage du déficit public sous la barre de 3 % du PIB dès 2017. « Le précédent gouvernement en a fait 190 000 dans les cinq premiers mois, soit deux tiers de l’enveloppe prévue. Nous en ferons 110 000 dans les mois qui restent. C’est au ministère du Travail de les répartir », a déclaré le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, dans une interview accordée au Parisien mardi 11 juillet. Même si le nouveau gouvernement ralentit le rythme, au total, cela fera 300 000 contrats aidés sur l’année. Le budget 2017 n’en prévoyait au départ que 280 000, pour une enveloppe de 2,4 milliards d’euros. Il n’y aura donc pas de rallonge supplémentaire pour contenir une éventuelle hausse du chômage.

Pour rappel, un contrat aidé est un emploi subventionné – par l’Etat généralement – qui permet à une entreprise, une association ou encore une collectivité de réduire le coût de l’embauche d’un employé. Il en existe de plusieurs natures, principalement les emplois d’avenir, pour les jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés, et les contrats uniques d’insertion (CUI) pour les personnes sans emploi et rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi. Ils se divisent entre le secteur marchand (CUI-CIE) et non marchand (CUI-CAE).

Un recours important sous François Hollande

En période de chômage, les gouvernements ont tendance à y recourir pour faciliter l’embauche. Sous François Hollande, le nombre de contrats aidés a ainsi fortement augmenté. Le nombre de bénéficiaires est passé de 397 934 en 2012 à 456 723 à la fin 2016, soit une hausse de 15 %, d’après un rapport de la Cour des comptes de juin dernier.

Surtout, la Cour des comptes pointe les écarts « récurrents » entre le nombre prévu au budget et le nombre effectivement réalisé. Par exemple, pour le budget 2016, le précédent gouvernement avait tablé sur 295 000 contrats aidés. Soit une réduction de plus d’un tiers par rapport à 2015 (463 181) misant sur une reprise économique progressive. Or, le nombre de contrats signés en 2016 a été de 456 723, soit 55 % de plus pour un surcoût de 875 millions d’euros.

Un dispositif peu efficace pour une insertion durable dans l’emploi

Et ce coût élevé n’est pas compensé par une réelle efficacité pour le retour à l’emploi durable, selon la Cour des comptes. Le pilotage des contrats aidés dans le secteur non marchand (la majorité des emplois aidés) est « centré sur le nombre de contrats conclus ou renouvelés et non sur la qualité de l’insertion » à l’issue du contrat.

En mars, une étude de la Dares, la direction d’études et de statistiques du ministère du Travail, jugeait efficaces les contrats aidés pour soutenir l’emploi à court terme mais considérait les effets sur l’insertion professionnelle à plus long terme « mitigés ». « Si le passage en contrat aidé » dans le secteur marchand « semble avoir un effet positif », dans le secteur non marchand, c’est l’inverse.

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