Dix choses à savoir sur l’intérim

Licenciement économique après 55 ans : quelles indemnités chômage et pour quelle durée ?
L’emploi intérimaire offre des rémunérations attractives qui compensent un statut précaire. - © dolgachov

L’emploi intérimaire offre des rémunérations attractives qui compensent un statut précaire. Est-il fait pour vous ? Profitez-vous des avantages auxquels il donne droit ? Le point sur une forme de travail en pleine progression.

1 – C’est un bon moyen de trouver un emploi rapidement

« Dans l’intérim, les candidats ne perdent pas de temps à chercher un poste. Ils s’adressent à nous parce qu’ils savent qu’on a fait ce travail de tri à leur place », témoigne Sylvie Faure, gérante de l’agence Agri-Intérim, à Rezé (Loire-Atlantique). L’intérim constitue également un très bon vecteur d’insertion professionnelle puisque les trois quarts des intérimaires débutants étaient sans emploi auparavant.

Qui plus est, le secteur accueille des personnes peu diplômées, avec plus de 40 % de postes d’ouvriers non qualifiés. Depuis deux ans, l’intérim recrute davantage : il représentait près de 550 000 emplois équivalents temps plein (ETP) en 2015, en progression de 4,4 % par rapport à 2014. La tendance s’est poursuivie en 2016 (+ 6,1 % dans les onze premiers mois), secteurs des transports, du BTP et du commerce en tête. En revanche, l’emploi reste précaire : seuls 8 % des intérimaires décrochent un contrat à durée indéterminée (CDI) au bout d’un an, d’après l’étude Regards croisés de l’Observatoire de l’intérim, de 2016. Une proportion qui pourrait évoluer avec la mise en place du CDI intérimaire.

2 – L’agence d’intérim est l’employeur

Physiquement, vous travaillez dans une entreprise (dite « entreprise utilisatrice ») mais, juridiquement, c’est l’entreprise de travail temporaire (ETT) qui est votre employeur et qui vous verse votre salaire. Vous signez avec elle un contrat de mission, tandis qu’elle signe de son côté un contrat de mise à disposition avec l’entreprise utilisatrice.

Sur le plan hiérarchique, vous devez vous conformer aux règles en vigueur dans l’entreprise où vous travaillez, car « le lien de subordination est transféré à l’entreprise utilisatrice », explique François Roux, délégué général de Prism’emploi.

3 – Les missions sont courtes mais renouvelables

Le recours à l’intérim est prévu pour des cas bien précis, comme le remplacement d’un salarié ou le surcroît de travail. Les missions sont donc courtes, parfois d’une demi-journée. En moyenne, elles durent douze jours. Votre mission peut être renouvelée une fois dans la même entreprise, dans la limite de la durée maximale autorisée par le Code du travail (dix-huit mois dans la plupart des cas).

Un délai de carence, fixé au tiers de la durée du précédent contrat (la moitié pour les contrats de moins de quatorze jours) doit être respecté avant de recourir à un nouveau contrat de mission au même poste. Par exemple, si votre précédente mission a duré six mois, renouvellement inclus, il faut attendre deux mois avant de pouvoir réintégrer ce poste. En revanche, pas besoin de respecter ce délai si vous changez d’entreprise ou de poste. Attention, la durée du contrat s’apprécie en jours calendaires, mais le délai de carence se décompte en jours d’ouverture de l’établissement concerné.

4 – Les conditions d’emploi sont identiques…

Un intérimaire bénéficie des mêmes conditions d’emploi que les salariés de l’entreprise utilisatrice : rémunération équivalente à compétence et expérience égales, mêmes équipements de sécurité, tickets-restaurant ou restaurant d’entreprise, etc. Les droits à la RTT (réduction du temps de travail) et aux congés (deux jours et demi par mois de travail) sont les mêmes, mais la brièveté des missions conduit souvent à ne pas les prendre. Ces jours se transforment alors en indemnité compensatrice.

5 – … mais les accidents du travail sont plus nombreux

L’indice de fréquence des accidents du travail (c’est-à-dire le nombre d’accidents pour
 1 000 salariés) était de 44,8 en 2015 dans l’intérim, contre 33,9 pour l’ensemble des secteurs, d’après la Caisse nationale de l’Assurance-maladie des travailleurs salariés (Cnamts). En cause, les secteurs où se concentrent les intérimaires (BTP, industrie), mais aussi la méconnaissance de l’entreprise. La majorité des accidents se produisent au tout début de la prise de poste. En cas d’accident, c’est l’entreprise utilisatrice qui est responsable.

6 – Les indemnités sont intéressantes en fin de mission

Pour compenser la précarité de l’emploi intérimaire, vous avez droit à une indemnité de fin de mission (IFM). Elle représente 10 % du salaire brut perçu pendant toute la durée du contrat. L’indemnité de congés payés vient s’y ajouter (10 % de la totalité).

Par exemple, votre salaire brut d’un mois s’élève à 2 000 euros, et votre mission en a duré quatre : à la fin de la mission, vous percevrez 800 euros d’IFM (10 % de 4 x 2 000 euros) et 880 euros d’indemnités de congés payés (10 % de 8 000 euros + 800 euros), soit 9 680 euros, auxquels s’ajoutent les éventuelles indemnités pour jours de RTT non pris. Attention, l’IFM n’est pas versée si la mission est renouvelée ou si l’entreprise utilisatrice vous embauche en CDI.

7 – Les intérimaires cotisent pour leur retraite

Comme tout salarié, l’intérimaire cotise pour le régime général à chaque fois qu’il travaille. Pour valider un premier trimestre, il faut avoir cotisé sur la base de 150 fois le SMIC horaire brut (9,76 euros en 2017), soit 1 464 euros, peu importe le nombre de missions et de mois travaillés pour atteindre ce seuil. Avec 5 856 euros cumulés en 2016, vous engrangez donc quatre trimestres de cotisation retraite, le maximum possible. Attention, cependant, si vos gains sont beaucoup plus importants un certain mois, le salaire n’est pris en compte qu’à hauteur du montant mensuel du plafond de la Sécurité sociale (3 269 euros en 2017).

8 – Ils ont droit aux allocations chômage et à la formation

À condition d’avoir travaillé au moins 610 heures au cours des vingt-huit derniers mois (trente-six derniers mois pour les plus de 50 ans), vous pouvez percevoir des allocations chômage de Pôle emploi. Vous devez ensuite actualiser votre situation à l’organisme, chaque mois. Celui-ci déduit les salaires perçus pour vos missions des indemnités qu’il vous verse, et vos droits au chômage sont ainsi rechargés.

Entre deux missions, vous avez la possibilité de vous former, tout en continuant à être rémunéré. « En 2015,225 000 intérimaires l’ont fait, à leur initiative ou à celle de leur agence », précise François Roux. Un conseiller en évolution professionnelle du Fonds d’assurance formation du travail temporaire (FAFTT) peut même vous aiguiller. Votre compte personnel de formation (CPF) s’alimente peu à peu au prorata des heures travaillées. 1 607 heures travaillées par an (l’équivalent d’un temps plein) ouvrent droit à 24 heures de formation.

9 – Ils bénéficient d’avantages sociaux spécifiques

Le Fonds d’action sociale du travail temporaire (FASTT) propose des solutions d’accès au crédit et au logement, la location de véhicules à prix très réduit, des gardes d’enfants en urgence à 1 euro de l’heure, etc. La subvention de 50 % pour payer une caution et la garantie lors de la location d’un logement est réservée à ceux qui cumulent au moins 600 heures d’intérim. Mais les séjours de vacances à petits prix, par exemple, sont accessibles dès la première heure d’intérim.

10 – L’intérim peut être un choix de vie

Selon l’étude de l’Observatoire de l’intérim citée plus haut, 22 % des intérimaires considèrent cette forme de travail comme une solution adaptée à leur mode de vie ou un bon moyen d’apprentissage et de formation.

Le CDI intérimaire assure un revenu en continu

Mis en place en 2014, le CDI intérimaire, ou CDI-I, est signé entre l’intérimaire et son agence. Entre deux missions, une rémunération, qui ne peut être inférieure au SMIC, est garantie. L’intérimaire peut alors être mis en congé, suivre une formation ou attendre une nouvelle mission. Il n’y a plus de délai de carence entre deux missions au même poste, dans la même entreprise. Contrepartie de cette sécurité : l’indemnité de fin de mission (10 %) disparaît. À la fin 2016, 12 000 intérimaires avaient choisi ce statut.