Se mettre à son compte : les clés de la réussite

Batch operation process

Volonté d'indépendance, nécessité de créer son propre emploi, envie de gagner plus d'argent : les motivations qui poussent à créer son entreprise sont multiples. Voici les clés pour mettre toutes les chances de son côté.

Avant de s'établir à son compte il est important d'avoir une bonne connaissance de son marché. "C'est la question la plus importante à se poser, et il ne faut pas hésiter à passer beaucoup de temps à valider son hypothèse en recueillant des informations, en effectuant une étude de marché qui ira très loin dans les détails. Avoir un marché, c'est avoir du chiffre d'affaires, et c'est cela l'essentiel pour une entreprise", conseille Anne du Plessis, consultante en création et développement d'entreprise, fondatrice d'Egid Conseil.

Les 7 questions primordiales

Pour mieux cerner son projet, sept questions sont essentielles : Quelle est mon offre ? Quelle est ma cible ? Qui sont mes concurrents ? Quels sont les besoins de mes clients ? Mon offre y répond-elle ? Mon prix est-il le bon ? Quels seront mes canaux de distribution ?

Un impératif : savoir en quoi l'on se différencie de la concurrence. Par exemple, un informaticien qui souhaite s'installer à son compte pour offrir des services aux entreprises pourra mettre en avant des délais d'intervention plus courts, des prix plus compétitifs, ou une très bonne connaissance de tel ou tel système.

L'APCE, une mine d'informations

L'Agence pour la création d'entreprises (APCE) est une structure d'informations macroéconomiques. Elle propose des "fiches professionnelles" par secteur d'activité, qui indiquent toutes les données utiles : marché, contexte réglementaire, marges moyennes, liste des experts du secteur, etc. (coût : 8 €).

L'APCE propose sur son site Internet des méthodes qui permettent de mener son étude de marché soi-même. Les structures d'accompagnement aux créateurs d'entreprise peuvent aussi vous aider à mettre au point vos techniques d'enquête. Les trente-cinq boutiques de gestion du Nord-Pas-de-Calais ont, par exemple, mis en place un module de quatre jours sur l'étude de marché (prix : 196 €).

Une fois l'étude de marché réalisée, il faut s'interroger sur les moyens de conquérir des clients. Comment les aborder ? Avec quels outils ? Pour répondre à ces questions, les formations aux techniques de vente et de communication peuvent être bien utiles. Ainsi, la boutique de gestion territoriale Espace, à Lille, propose un module de quatre jours "Savoir vendre et communiquer".

Acquérir des notions de gestion

Être un expert des chiffres n'est pas un préalable pour mener à bien son projet. Pour autant, une création d'entreprise s'accompagne de documents financiers qui vont présenter les charges, le chiffre d'affaires prévu, les ressources dont on dispose, les besoins à financer, etc. Des documents nécessaires pour obtenir des prêts, mais aussi pour vous permettre de mieux maîtriser votre projet.

"Une fois l'étude de marché aboutie, il faut élaborer trois documents clés : le compte d'exploitation prévisionnel, le plan de trésorerie et le plan de financement. Le compte d'exploitation présente les prévisions de chiffre d'affaires et les prévisions de charges, bref, ce qui entre et ce qui sort. Le plan de trésorerie reflète le compte en banque et intègre, par exemple, les décalages de paiement. Le plan de financement met en rapport les besoins (locaux, équipement de bureau) et leur financement (fonds propres, prêt bancaire)", détaille Anne du Plessis, consultante en création et développement d'entreprise, fondatrice d'Egid Conseil.

Il reste à établir le "business plan" (plan d'affaires), qui comprend, outre ces trois documents, l'étude de marché, la présentation du projet et celle du créateur. Une aide peut être trouvée auprès des conseillers des structures d'accompagnement. Des formations courtes existent aussi, notamment dans le réseau des 400 boutiques de gestion. L'intérêt : le parcours de formation se déroule en alternance avec un accompagnement individuel, plus efficace.

Généralement, ces formations sont prises en charge par des organismes spécialisés : Fongecif ou droit individuel à la formation pour les salariés, région pour les demandeurs d'emploi. Si vous souhaitez vous installer comme artisan, un "stage de préparation à l'installation" est obligatoire. Il dure de quatre à cinq jours et son prix varie selon les départements. Compter entre 200 et 250 €, avec possibilité de prise en charge par la région ou le conseil général.

Être bien entouré

Premier et ultime soutien de votre projet, celui de vos proches. Une création d'entreprise, c'est moins de temps à consacrer à sa famille, moins de loisirs partagés, et parfois des sacrifices financiers. Parlez-en avec lui (elle). Son soutien est indispensable pour vous engager dans cette aventure.

N'hésitez pas à mobiliser votre carnet d'adresses pour recueillir des avis de professionnels sur votre projet. C'est aussi le rôle des structures associatives d'accompagnement de vous conseiller. Elles vous aident en plus à trouver les financements.

Les créateurs au chômage peuvent utiliser deux dispositifs pour se faire accompagner gratuitement ou à faible coût : l'évaluation préalable à la création et à la reprise d'entreprise (EPCRE) et les chèques-conseil.

L'EPCRE consiste en six rendez-vous avec un chargé de mission d'une structure d'accompagnement associative. Lors de chaque rencontre, qui dure de une à deux heures, vous travaillez ensemble sur votre projet. Cette prestation est totalement prise en charge par l'Agence nationale pour l'emploi (renseignez-vous auprès de votre agence).

Les chèques-conseil sont financés par la direction départementale du travail. Vous disposez de douze chèques-conseil d'une valeur nominale de 45,74 €, pour financer du conseil à la création auprès de structures généralistes mais aussi pour des prestations spécifiques auprès d'experts-comptables ou d'avocats. L'heure de conseil coûtant généralement 60,98 €, 15,24 € sont à votre charge.

Créer à l'essai

Si vous êtes salarié, vous pouvez demander à passer à temps partiel (pendant une période d'un an, renouvelable une fois) pour créer ou reprendre une entreprise. Une condition est requise : une ancienneté de 24 mois. Dans les entreprises de moins de 200 salariés, votre employeur peut cependant refuser ce congé pour "conséquences préjudiciables à la production et à la marche de l'entreprise".

Autre possibilité, le congé pour création d'entreprise, d'une durée d'un an, non rémunéré. Condition d'ancienneté : 36 mois. Dans les deux cas, vous êtes réintégré dans l'entreprise si votre projet ne se concrétise pas.

Une autre possibilité de tester son projet en toute sécurité est d'intégrer une couveuse d'entreprises ou une coopérative d'activités. Ces structures effectuent à votre place les actes d'administration et de facturation. Pendant une durée déterminée, vous pouvez donc vous concentrer sur la recherche de clientèle. Votre statut est celui d'un salarié à durée indéterminée ou déterminée de la structure. Un contrat Cape peut être signé.

Qui contacter ?

Agence pour la création d'entreprises (APCE)

Tél : 01 42 18 58 58
www.apce.fr

Boutiques de gestion

Tél : 01 43 20 54 87
www.boutiques-de-gestion.com

Chambres de commerce et d'industrie

Consulter l'annuaire de votre département.
Voir aussi le site : www.cci.fr

Chambres de métiers

Consulter l'annuaire de votre département.
Voir aussi le site : www.artisanat.fr

Egid Conseil

Tél : 06 08 98 52 48
www.egidconseil.com

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