EmploiRetraite

Le Perp est-il fait pour vous ?


  • Actualisé le mercredi 12 mars 2008

Sommaire de l'article : page 7 / 8

Si vous n'êtes pas imposable

Si vous n'êtes pas imposable, vous ne choisirez pas le plan d'épargne retraite populaire pour son intérêt fiscal. Il peut quand même vous permettre de vous préparer progressivement un complément de retraite. À moins que vous ne lui préfériez des placements plus souples, comme l'assurance-vie.

Les modalités d'alimentation du Perp offrent une réelle souplesse : vous investissez ce que vous voulez quand vous voulez, en respectant simplement le montant minimal fixé librement par chaque établissement. Beaucoup vous proposent d'épargner à partir de quelques dizaines d'euros par mois. Ces versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans certaines limites.

Une économie d'impôt

Le montant investi déclenche une économie d'impôt sur le revenu. Elle est d'autant plus importante que vous êtes taxé dans une tranche élevée du barème de cet impôt. Bien sûr, cet avantage fiscal est sans attrait pour les Français qui ne sont pas imposables.

Comment est gérée cette épargne ?

La plupart des plans d'épargne retraite populaire commercialisés aujourd'hui comptent plusieurs supports d'investissement : quelques sicav ou fonds communs de placement, investis en Bourse, et aussi un support sécuritaire, sans risque, le fonds "en euros". Sur ce dernier, l'assureur verse chaque année des intérêts, dont le montant varie en fonction de ce qu'a rapporté sa gestion financière. Ces intérêts, définitivement acquis, s'ajoutent au capital, le tout produisant à son tour des intérêts. Des supports similaires sont proposés sur les contrats d'assurance-vie.

Cap sur la sécurité

Or, dans le cas du plan d'épargne retraite populaire, une partie de plus en plus importante de votre capital devra être placée en sécurité sur ce support en euros à mesure que s'approchera la date à laquelle vous comptez prendre votre retraite. À l'heure de la retraite, le capital accumulé sur le plan sera converti en rente.

D'ici là, vous ne pouvez le récupérer que dans trois cas précis : invalidité, fin de droits aux allocations chômage pour les salariés, liquidation judiciaire d'une entreprise individuelle pour les non-salariés. Si vous disparaissez pendant cette phase d'épargne, il ne sera bien sûr pas perdu. Il permettra de verser une rente viagère (ou un capital si le montant est très faible) aux personnes que vous aurez choisies. S'il s'agit d'enfants mineurs, ils recevront une rente éducation.

Les limites de l'avantage fiscal

Les versements réalisés sur le plan d'épargne retraite populaire sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite d'un plafond fixé à 10 % du revenu tiré de votre activité professionnelle l'année précédente (après abattement de 10 % pour frais professionnels), avec un maximum de huit fois le plafond de la Sécurité sociale. En 2008, vous pourrez donc déduire jusqu'à 10 % de votre revenu 2007, sans dépasser 25 747 €.

Pour les personnes qui ont de faibles revenus ou qui ne travaillent pas, un autre plafond peut être retenu : il correspond à 10 % du plafond de la Sécurité sociale de l'année précédente. Soit 3 218 € pour les versements réalisés en 2008. Ces plafonds s'apprécient séparément pour chaque membre de la famille.

Par exemple, Monsieur pourra déduire les versements réalisés sur son plan d'épargne retraite populaire jusqu'à 10 % de son salaire, tandis que Madame, femme au foyer, déduira les siens jusqu'à 3 218 €, à condition toutefois que chacun ait ouvert un plan d'épargne retraite populaire. À noter : si, une année, vous n'avez pas versé jusqu'au plafond, le reliquat est disponible pour l'une des trois années suivantes.

Attention, il faut déduire de ces plafonds certaines sommes investies sur d'autres produits de retraite supplémentaire : celles versées sur un contrat "loi Madelin" ou ex-Coreva (si vous n'êtes pas salarié), ou encore les cotisations à une retraite d'entreprise (dite "article 83"), ou enfin l'abondement de votre employeur sur un Perco, quand ce plan existera.

Si vous êtes fortement imposé

Si vous êtes fortement imposé, le plan d'épargne retraite populaire peut offrir une économie d'impôt intéressante pour la partie de votre épargne que vous êtes prêt à immobiliser pour votre retraite. D'autres produits fonctionnant sur le même principe, avec le même avantage fiscal (exemples : les contrats article 83, les contrats loi

Madelin, ou la Préfon) vous sont peut-être également accessibles. Les diverses possibilités de gestion sont un élément de choix.

Ainsi, l'article 83, destiné aux salariés, propose aussi bien des supports en euros, sécuritaires, que des supports en unités de compte, plus dynamiques, et laisse de nombreuses possibilités de gestion aux entreprises adhérentes comme aux salariés affiliés.

Les contrats Madelin, destinés aux commerçants, artisans, industriels et autres professions libérales, proposent des supports en euros plus anciens qui devraient, au moins les premières années, être plus rentables que ceux disponibles sur le plan d'épargne retraite populaire. De même, ces contrats laissent en général au souscripteur une plus grande liberté pour placer son épargne sur des sicav ou des FCP.

A contrario, le plan d'épargne retraite populaire, lui, est plus souple sur les versements : vous épargnez en effet ce que vous voulez quand vous voulez, alors qu'un contrat Madelin vous oblige en principe à faire des versements tous les ans (leur montant peut simplement varier dans une fourchette de 1 à 10).

Si vous êtes fonctionnaire ou ancien fonctionnaire, vous pouvez cotiser à la Préfon. Ce régime fonctionne d'une façon très particulière : vous achetez des points, qui sont convertis le moment venu en rente. La comparaison avec le plan d'épargne retraite populaire est donc difficile.

Si vous êtes peu imposé

N'oubliez pas que le premier objectif est d'améliorer votre retraite et non de payer moins d'impôt. Si vous êtes peu imposé, le plan d'épargne retraite populaire peut aussi vous offrir une économie d'impôt. Mais elle sera modeste. D'autres formules peuvent alors vous permettre de vous constituer un capital dans un cadre fiscal favorable. En choisissant plutôt un contrat d'assurance-vie, par exemple, vous profiteriez d'autres avantages : une épargne disponible en cas de problème et bénéficiant d'une fiscalité favorable, la possibilité de puiser dans le capital au moment de la retraite en fonction de vos besoins…

Si vous n'êtes pas trop près de votre départ à la retraite et si vous avez envie de miser sur la Bourse, le PEA peut aussi convenir. Cette stratégie sera plus risquée - la Bourse peut toujours baisser -, mais elle vous permet de rester libre de récupérer votre capital quand vous voulez, y compris, après huit ans, en faisant des retraits de temps en temps sur votre plan.

Et si vous préférez convertir votre capital en rente, sachez que la rente

issue du PEA est non imposable (seuls les prélèvements sociaux sont dus sur une partie de son montant). En comparaison, celle issue d'un plan d'épargne retraite populaire est fiscalisée comme une retraite, et celle issue d'un contrat d'assurance-vie partiellement imposable.

Même principe sur le PEP (plan d'épargne populaire). Ce placement ne peut plus être souscrit aujourd'hui. En revanche, si vous en détenez un, vous pouvez continuer à y faire des versements, dans la limite de 92 000 € par plan. Là encore, l'épargne peut être récupérée sous forme de capital ou de rente défiscalisée. Et le PEP est moins risqué que le PEA, puisque l'établissement est tenu de vous restituer au terme au moins les sommes versées. En général, la gestion proposée dans ce plan est donc très prudente.

Si vous n'êtes pas imposable

Si vous n'êtes pas imposable, vous ne choisirez pas le plan d'épargne retraite populaire pour son intérêt fiscal. Il peut quand même vous permettre de vous préparer progressivement un complément de retraite. À moins que vous ne lui préfériez des placements plus souples, comme l'assurance-vie.

Evaluer la gestion de votre Perp

Le plan d'épargne retraite populaire vous engage pour toute votre vie. C'est pourquoi sa gestion est très encadrée. Pour chaque plan, un comité de surveillance, élu en majeure partie par les épargnants eux-mêmes, veille à la défense de leurs intérêts et contrôle la gestion de l'assureur. Ce comité peut même décider de transférer le plan auprès d'un autre établissement, si nécessaire.

De même, si vous n'êtes pas satisfait de votre plan d'épargne retraite populaire, vous pouvez décider de transférer votre capital sur un autre plan. Mais l'établissement que vous quittez est libre de prélever des frais à cette occasion. Moralité ? Si vous souscrivez un plan d'épargne retraite populaire, comme pour tout placement, choisissez-le soigneusement. Étudiez notamment le montant des frais prévus par l'assureur (frais de gestion, frais de transfert, etc.), et la diversité et la qualité des supports d'investissement proposés.


Vos réactions

Boutique | Archives | Plan du site | Contacts | Mentions légales | Copyright | Confidentialité