Licence professionnelle : un atout pour trouver un emploi

Licence professionnelle : un atout pour trouver un emploi

En dix ans d’existence, la licence professionnelle en université a fait ses preuves. Avec un bac + 3 en poche, elle offre des débouchés intéressants.

Licence pro, une formation qui se développe

Créées à la rentrée 2000, elles étaient alors 176. Aujourd’hui, on recense plus de 1 800 licences professionnelles dans les universités (www.sup.adc.education.fr). "Il s’agit d’une formation en plein essor, constate Martine Cassette, responsable de l’observatoire des formations et de l’insertion professionnelle (Ofip) de Lille I. La licence professionnelle constitue un bon moyen de valider un bac + 3 et d’entrer rapidement sur le marché du travail."

Mise en place dans le cadre de l’harmonisation européenne des diplômes ou LMD (licence-master-doctorat), la licence professionnelle offre une sortie "professionnalisante" de l’université à bac + 3 et correspond au standard européen appelé Bachelor. Lancée pour répondre à des besoins locaux ou régionaux (maintenance aéronautique à Blagnac, près de Toulouse, par exemple), mais pas seulement (conduite de travaux pour le développement durable, à Dijon), elle est mise en place en partenariat avec les entreprises et les branches professionnelles.

"La licence pro fournit en une année une qualification répondant à des compétences de pointe clairement identifiées", explique Sébastien Chevalier, vice-président délégué à la formation réussite et insertion professionnelle des étudiants de l’université de Bourgogne. "Elle se concentre vers un ou des métiers précis, avec un niveau de maîtrise très développé par rapport à un bac + 2", ajoute André Grohens, responsable pédagogique à l’IUT de Brest-université de Bretagne occidentale.

Les licences professionnelles au sein des IUT et des lycées

À Lille I, l’Ofip a élaboré un répertoire des emplois des diplômés 2006, deux ans après l’obtention de la licence pro. Ce document donne une idée des emplois possibles après la formation. Ainsi, un titulaire de la licence pro sécurité et qualité en pratiques de soins occupe un poste d’assistant qualité dans le domaine du soin pour un salaire de 1 400 € net mensuel, une autre diplômée est animatrice sécurité dans le domaine de l’énergie et gagne 1 666 € net par mois…

La licence pro est souvent proposée au sein d’un institut universitaire de technologie (IUT) ou en partenariat avec un lycée disposant de formations dans la même filière. Elle se situe donc dans le prolongement d’un diplôme universitaire de technologie (DUT) ou d’un brevet de technicien supérieur (BTS). Elle convient aux jeunes qui veulent suivre des études ciblées, ni trop longues ni trop courtes.

Licence pro : des filières diversifiées

Il existe des licences professionnelles dans tous les secteurs : le primaire (agriculture raisonnée, à Montpellier), le secondaire (hydraulique industrielle et commandes associées, à Metz) et dans le tertiaire (développement et administration Internet et intranet, à Lille I). On en trouve dans l’informatique comme dans la mécanique ou la gestion des déchets, dans la vente comme dans les ressources humaines ou le management de projet. Certaines sont généralistes, d’autres plus pointues (conception et fabrication de structures en matériaux composites, à Brest).

Conçues sur un même modèle, elles se composent de cours théoriques et pratiques dispensés par des universitaires et des professionnels, d’un projet supervisé par un tuteur et de douze à seize semaines de stage validées par un mémoire écrit qu’il faut soutenir à l’oral. "Les étudiants doivent fournir davantage de travail personnel qu’en bac + 2 ou pendant une licence classique. Ils sont très encadrés et ajoutent une expérience professionnelle sur leur CV", note André Grohens. La licence pro peut être effectuée par le biais de l’apprentissage, et certains cursus permettent de suivre une partie des cours à l’étranger.

Entrée en licence pro après sélection

Le niveau d’admission en licence pro se situant à bac + 2 (120 crédits universitaires), la plupart des candidats sont titulaires d’un BTS ou d’un DUT. Un petit pourcentage d’étudiants vient d’une deuxième année de licence universitaire (L2).

L’entrée en licence pro n’est pas automatique, car le nombre de places est limité. Par exemple, la licence pro assistant aux fonctions de management du ­tourisme et de l’hôtellerie internationale, à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, offre 40 places. L’université a reçu 300 dossiers, et 90 candidats ont été contactés pour un entretien.

La sélection se déroule en deux temps. Les responsables pédagogiques retiennent les dossiers qui les intéressent en tenant compte du parcours, des notes, des jobs et stages, des activités extrascolaires et du projet professionnel. Les étudiants sélectionnés sont ensuite convoqués à un entretien en présence d’enseignants et de professionnels afin de déterminer leur motivation, d’évaluer leurs qualités (présentation, clarté d’expression), ainsi que leur niveau en langue étrangère. Cette sélection garantit en partie le taux de réussite en fin de licence pro : en moyenne, plus de 80 % des étudiants obtiennent leur diplôme en une année.

Un emploi à la sortie d’une licence professionnelle

Enfin, l’insertion sur le marché du travail s’avère satisfaisante, même si elle diffère en fonction des secteurs et des filières. L’enquête Génération 2004 du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) révèle que trois ans après le diplôme, le taux de chômage des titulaires d’une licence pro s’élève à 7 % dans le secteur tertiaire et est de 4 % dans l’industrie.

Comme après un BTS ou un DUT, les jeunes qui choisissent les filières génie civil-construction-bois, bâtiment, mécanique-électricité, informatique ou encore banque, assurance et finance trouvent plus facilement du travail. L’insertion se révèle moins facile dans les filières commerce, vente ou celle des services à la personne.

Attention ! Le titulaire d’une licence pro est souvent embauché comme profession intermédiaire ou technicien supérieur, et non comme cadre. Après trois années d’activité, seuls 13 % des diplômés 2004 sont cadres, selon l’étude du Céreq. Enfin, le salaire net médian s’élève à 1 500 € dans le tertiaire ou 1 520 € dans le secondaire. "Le premier poste est souvent à peu près équivalent à celui d’un bac + 2, mais nous constatons une évolution professionnelle en général plus rapide pour les titulaires d’une licence pro", assure André Grohens.

Poursuivre ses études après une licence pro

La licence professionnelle étant conçue pour l’insertion immédiate sur le marché du travail, une poursuite d’études n’est pas conseillée. Elle n’est pas pour autant impossible, sous réserve de disposer d’un bon dossier et de motifs solides. En 2004-2005, un diplômé de licence pro sur six a poursuivi ses études en université ou en institut universitaire de formation des maîtres.

Après avoir effectué une licence généraliste, il est envisageable de poursuivre en master ou d’entrer dans une grande école. A noter, les universités organisent des journées portes ouvertes (www.journeeportesouvertes.com) en mars : une bonne occasion pour finaliser son orientation, rencontrer des responsables pédagogiques et demander à consulter les données sur l’insertion de leurs diplômés.

Cinq raisons de choisir une formation pro en IUT

La licence pro convient aux étudiants (bac + 2) qui souhaitent :

  • combiner études et ouverture sur le monde du travail ;
  • renforcer leur expérience professionnelle avant de s’engager dans la vie active ;
  • se spécialiser, élargir leurs compétences ou en ajouter de nouvelles à leur curriculum vitae ;
  • approfondir leurs connaissances dans un secteur, une filière, ou sur un marché ciblé ;
  • gagner en maturité et en confiance en soi le temps d’une année supplémentaire.