CV : exploiter les "blancs" de son parcours

Rédiger son CV quand on est jeune diplômé

Dans certains parcours, la variété des postes occupés contraste avec de longues périodes non rémunérées. Tout l’art consiste à s’appuyer sur ces expériences pour mettre en avant son tempérament et sa curiosité.

Voyage initiatique à 25 ans, périodes de chômage, employeurs multiples… Certains affichent un parcours professionnel où les ruptures alternent avec des périodes de travail. Comment "vendre" cette vie aussi riche que singulière ?

Dans pareille situation, le travail de réflexion sur la cohérence du projet et le ciblage des offres s’avère capital. Le candidat doit d’abord se demander en quoi consiste sa valeur ajoutée, quel métier il souhaite exercer où il ne sera pas immédiatement sorti du circuit par une vingtaine de CV plus linéaires que le sien. Cela implique d’adopter l’esprit anglo-saxon qui ne pense pas par poste mais par mission.

Donner du relief aux périodes "blanches"

Une fois ce travail sur soi accompli, le CV servira à souligner ses talents, sans omettre les "trous" de son parcours et en donnant du relief à ces périodes "blanches" lorsqu’elles s’y prêtent.

Tous les recruteurs recommandent bien sûr une présentation du CV par compétences, qui met en avant l’expertise et les savoir-faire avant de dérouler le parcours.

Si les périodes sans emploi peuvent être omises lorsqu’elles ont été courtes – ce qui est d’autant plus aisé que l’on globalise les emplois sur plusieurs années –, il est difficile de faire l’impasse en cas de chômage prolongé. Inutile pour autant de s’appesantir ; une ligne suffit. Explications et commentaires pourront être fournis lors de l’entretien.

Mieux signaler dans son CV les ruptures qui ont émaillé son parcours professionnel. Rester dans le flou, essayer de camoufler, c’est risquer d’inquiéter le recruteur et donc d’aboutir à l’inverse du but recherché.

En revanche, il convient de trouver le juste dosage dans la manière d’indiquer et de qualifier une période sans travail. La règle d’or consiste à ne pas utiliser de mot à connotation négative comme "chômage". Préférer "période d’intérim" par exemple, ou "missions de travail temporaire".

Des voyages présentés sous l’angle professionnel

Le même traitement s’applique aux congés sabbatiques consacrés à visiter le monde. Une brèche dans le parcours sur laquelle il est plus aisé de s’appuyer, tant elle peut traduire la force du tempérament du candidat, sa curiosité, sa richesse personnelle.

Nombre de professionnels recommandent même de signaler cette expérience dans le volet consacré aux compétences, en l’exprimant sous des termes évoquant une familiarisation avec l’international.

Un recruteur peut être séduit par cette carrière plus ouverte, qui tranche avec celles des personnes restées quinze ans dans le même type de poste.

Au candidat de susciter la curiosité des recruteurs qui lui poseront très vraisemblablement des questions sur ces parenthèses professionnelles, qu’il s’agisse de périodes souhaitées ou non… À ce stade, il existe de bonnes chances pour que le recrutement se joue sur la pertinence des réponses apportées et la personnalité du candidat.