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Se séparer de son employé de maison

Se séparer de son employé de maison


  • Actualisé le mercredi 19 septembre 2007

Des fautes difficiles à prouver

Certaines séparations sont motivées par le comportement fautif de l'employé. Si tel est le cas, la faute doit être réelle, sérieuse et prouvée.

"Il faut être très prudent, met en garde Claire Gorrias, juriste à la Fédération des particuliers employeurs. Il n'est pas toujours aisé d'en apporter la preuve. Les conseillers prud'hommes sont attentifs aux faits retenus pour justifier la faute." Car cette qualification a des conséquences financières importantes.

Ainsi, pour obtenir un licenciement pour faute lourde, l'employeur doit prouver que le salarié a eu l'intention de lui nuire.

Un particulier qui accusait son salarié de vol a été débouté, les juges ayant retenu la faute grave et non la faute lourde parce que l'intention de nuire n'était pas démontrée (Cour de cassation, chambre sociale, 6 juillet 1999). Cette qualification peut concerner, par exemple, des employés convaincus de dénonciation calomnieuse.

La mésentente ne constitue pas une faute, mais ses conséquences (notamment la désorganisation qui en découle) peuvent justifier un licenciement pour cause réelle.

Respecter la procédure de licenciement

Quelle que soit la raison du licenciement, il est nécessaire de procéder par étapes. "Le licenciement d'un salarié par un particulier doit respecter la procédure prévue dans la convention collective dont il relève", souligne Claire Gorrias, juriste à la Fédération des particuliers employeurs.

Dans un premier temps, l'employeur doit convoquer l'employé à un entretien préalable, par lettre recommandée avec avis de réception ou en lui remettant la convocation en main propre contre signature. Cette lettre doit préciser le motif de l'entretien, en l'occurrence le licenciement.

Lors du rendez-vous, l'employeur est tenu de préciser au salarié les raisons qui le conduisent à se séparer de lui. L'employé doit pouvoir répondre à ces arguments. Aucun des deux protagonistes ne peut se faire accompagner d'une autre personne.

Une fois cette étape terminée, l'employeur doit attendre deux jours ouvrables avant d'envoyer la lettre de licenciement, par courrier recommandé avec avis de réception. Quel qu'il soit, le motif de la rupture doit être mentionné.

À compter de la date de présentation de la lettre au domicile du salarié, le préavis commence à courir. Sa durée relève de la convention collective.

Régler les comptes

Outre son dernier salaire, les sommes à verser l'employé dépendent du motif du licenciement. Chaque convention collective a prévu un mode de calcul distinct pour l'indemnité de licenciement.

Pour une employée de maison qui a au moins deux ans d'ancienneté, elle est égale à un dixième de son salaire mensuel par année d'ancienneté, un sixième à partir de la onzième année.

Un employeur qui se sépare d'une femme de ménage à son service depuis quinze ans à qui il verse 300 e par mois devra lui régler une indemnité de licenciement de 550 €, soit (300 € x 1/10 x 10 ans) + (300 € x 1/6 x 5 ans).

Le salaire à prendre en considération est le douzième des salaires bruts des douze derniers mois ou le tiers de ceux des trois derniers mois. Cette indemnité n'est pas soumise à cotisations sociales.

À la dernière fiche de paie, l'employeur doit joindre une attestation Assedic et un certificat de travail. Ne peuvent y figurer ni le motif du licenciement, ni aucune appréciation sur le travail effectué : il comportera uniquement les dates de début et de fin du contrat.

Des sanctions sévères contre l'employeur négligeant

L'employeur qui ne respecte pas la procédure ou qui procède à un licenciement sans cause réelle et sérieuse s'expose à verser, en plus des indemnités légales, des dommages et intérêts. Leur montant varie en fonction de l'âge du salarié, de son ancienneté, de sa faculté à retrouver un emploi.

Ainsi, un particulier s'est vu condamné à verser 1 136 € de dommages et intérêts à un salarié dont il s'était séparé sans l'avoir convoqué à un entretien préalable ni lui avoir envoyé sa lettre de licenciement (cour d'appel d'Angers, 14 juillet 2003).

Vos réactions (8)

  • lundi 31 mars 2008 / sissi

    je trouve abusif le texte en cas de décès. j'ai perdu ma maman. je dois employer une personne 4h par jouir et une autre 3h par jour pendant 1 mois !que dois je lui faire faire !!!il n'y a rien a faire c'est encourager les fénéants !et ca coute cher !
  • mercredi 9 avril 2008 /

    Il fallait passer par une structure d'aide à domicile en mode prestataire !
    Vous ne pouvez pas avoir les avantages du direct sans les inconvénients !
  • mercredi 23 avril 2008 / vénus

    Je pense malheureusement que les particuliers employeurs, prennent à la légère l'embauche d'une femme de ménage. Il est donc normal qu'elle soit protégée.
    Il y a des abus, certains vous jettent, et ne respectent pas la procédure de licenciement.
  • jeudi 24 avril 2008 / tac

    sissi
    je trouve que l'expression fénéants est une insulte pour les gens qui se sont occupés de votre mére à votre place . C'est un devoir de s'occuper de ses parents et beaucoup d'enfants les délaissent aux soins de gens qu'ils payent pour faire ce travail j'espére que vous avez touché un gros héritage ça vous a soulagé de tou cela
  • lundi 28 avril 2008 / vénus

    Vraiment Madame Sissi, je trouve vos propos choquants, que les personnes qui se sont occupés de votre maman se retrouvent sur la paille ne semble pas vous gêner.
    Pensez à l'avenir à mesurer vos propos.
  • mercredi 11 juin 2008 / nicou

    combien d'heures par mois une employée doit faire pour avoir droit a des indemnitée de départ.ou c'est pour tout le monde pareil?merci
  • vendredi 20 juin 2008 / Peanut

    Mon employeur particulier a 5 enfants adultes (entre 40 et 50 ans) dans un rayon de 30km.
    Je m'occupe de leur maman 6j/7, dimanches et jours fériés, à raison de 2h par jour depuis 4 ans.
    Depuis qu'elle est à l'hopital il y a 1 mois, les enfants refusent de me payer. D'après eux, si elle n'est pas là, ils ne me doivent rien...
    Prud'hommes, à bientôt!
  • jeudi 10 juillet 2008 / venus

    Pour répondre à Nicou,
    Pour avoir droit à des indemnités de licenciement, il faut un an de présence chez l'employeur, quel que soit le nombre d'heures effectué.
    Pour Peanut
    L'employeur à l'obligation de vous payer dès lors que leur maman est hospitalisé.
    S'ils jugent, qu'ils n'auront plus besoin de vos services compte tenu de l'état de leur maman, ils doivent vous licencier, en respectant scrupuleusement la procédure de licenciement.
    Je vous conseille de leur adresser, une lettre recommandée avec accusé de réception, pour réclamer votre dû.
    Si vous n'obtenez pas satisfaction, n'hésitez pas à contacter le conseil des Prud'hommes.
    Vous pouvez aussi contacter l'inspecteur du travail qui confirmera vos droits.
    Un employeur particulier, a les mêmes devoirs que tout autre employeur.
    S'ils décident de se séparer de vous, vous aurez au moins droit aux Assedics.

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