Valorisez votre expérience professionnelle

les candidats à la Vae expriment souvent un désir d’évolution professionnelle et de changement. - © Jacob Ammentorp Lund

Vos compétences acquises en travaillant peuvent être converties en diplôme : c’est le principe de la validation des acquis de l’expérience. Un long parcours qui peut déboucher sur une augmentation de salaire ou un emploi.

Depuis le 1er octobre, un nouveau dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE) est entré en vigueur. Désormais, la durée minimale des activirés professionnelles (salariées, non salariées, bénévoles, de volontariat, ou exercées par une personne inscrite sur la liste des sportifs de haut niveau, ou exercées dans le cadre de responsabilités syndicales, d’un mandat électoral local ou d’une fonction élective locale) est d'un an, au lieu de trois auparavant.

Par ailleurs, vous ne pouvez constituer qu’un seul dossier de recevabilité pendant la même année civile et pour le même diplôme, titre ou certificat de qualification ». Et, si vous souhaitez obtenir des diplômes, titres ou certificats de qualification différents, vous n’avez pas le droit de déposer plus de trois dossiers de recevabilité entre le 1er janvier et le 31 décembre.

Selon dominique Riou, conseillère VAE en Pays de la Loire, les candidats à la VAE expriment souvent un désir d’évolution professionnelle et de changement : "Le profil type est celui de l’assistante maternelle qui en a assez de travailler seule et espère, avec le cap petite enfance, pouvoir intégrer une structure collective et, en particulier, passer le concours d’atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles). Quand ils obtiennent leur certification, les candidats sont extrêmement fiers. le désir de reconnaissance personnelle va toujours de pair avec l’ambition professionnelle."

1 - Définir ses motivation

Faire valider son expérience professionnelle en obtenant une certification ou un diplôme peut permettre de décrocher une augmentation de salaire ou de l’avancement. Cela peut aussi faciliter la recherche d’emploi, car en France, à compétences égales, un employeur préfère souvent le candidat qui présente un niveau de diplôme supérieur. Ce dispositif peut intéresser les personnes qui ont arrêté tôt leurs études ou qui n’ont pas pu obtenir le diplôme visé. S’engager dans une validation des acquis de l’expérience (VAE) est souvent le point de départ d’une réflexion plus globale sur son parcours. Elle peut amener à changer d’emploi, à reprendre des études ou à passer un concours…

2 - Contacter un point relais conseil

La VAE est ouverte à toute personne (salarié, indépendant, demandeur d’emploi…) qui peut justifier d’au moins trois ans d’expérience professionnelle. La première démarche consiste à prendre rendez-vous dans un point relais conseil VAE. Il en existe 940 en France. Après une réunion collective, un conseiller vous reçoit individuellement et vous aide à rechercher la certification (diplôme, titre, certificat) appropriée selon votre expérience. Cette certification doit être inscrite au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
Le conseiller vous oriente alors vers un organisme certificateur, qui peut être un ministère (Éducation nationale, Agriculture, Affaires sociales…), une chambre consulaire, un organisme de formation privé ou public...

3 - Déposer son dossier

Toute démarche de VAE débute par la constitution d’un dossier qui doit être déclaré recevable par l’organisme certificateur. Ce dossier de recevabilité (2 à 4 pages) doit être rempli et accompagné des pièces justifiant votre expérience (bulletins de salaire, déclarations Urssaf, attestations d’activités bénévoles non salariées, le cas échéant attestation correspondant à des formations et diplômes antérieurs).
Avant de l’envoyer, il est conseillé de prendre un rendez-vous avec un référent VAE de votre organisme certificateur. Il connaît bien les référentiels des diplômes et pourra confirmer votre choix de certification. Une fois que vous aurez déposé votre dossier, vous recevrez une réponse dans un délai de deux mois maximum. En 2013, 77 % des dossiers de recevabilité envoyés à un organisme certificateur ont été déclarés recevables.

4 - Préparer la validation

Lorsque la demande est déclarée recevable, il vous faut remplir le dossier de VAE proprement dit, appelé « partie 2 », qui est très imposant. Il est vivement conseillé de se faire accompagner par un référent VAE. « C’est indispensable, témoigne Corinne, 39 ans, qui a obtenu en VAE le BTS agricole Analyses biologiques et biotechnologiques en 2013. Quand j’ai reçu la partie 2 du dossier, j’ai vraiment cru que je ne m’en sortirais pas. C’est grâce aux échanges avec mon référent VAE et à ses conseils que j’ai pu remplir toutes les cases. »
L’exercice consiste à prouver que vous avez acquis par l’expérience les connaissances et compétences attestées par le diplôme. « Nous aidons le candidat à valoriser les points importants de son activité, explique Anne Jégou, référente VAE pour le ministère de l’Agriculture au Centre de formation pour adultes Jules-Rieffel, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). Nous lui demandons notamment d’être vigilant sur l’évolution de la réglementation de sa profession et de savoir s’adapter aux nouvelles normes. »
Cet accompagnement est une longue étape qui dure environ un an. Il n’est pas gratuit et peut être pris en charge, dans la limite d’un plafond de 1 800 €, par la région pour les demandeurs d’emploi, ou par l’organisme paritaire collecteur agréé de la branche professionnelle de l’entreprise, pour les salariés. Ces derniers peuvent demander un congé VAE à leur employeur (d’une durée de 24 heures, fractionnables).

5 - Passer devant le jury

Le dossier est ensuite transmis à un jury. Selon la certification préparée, l’examen prend plusieurs formes : évaluation du dossier uniquement, entretien avec le candidat, mise en situation professionnelle. Ainsi, un candidat au titre professionnel de cuisinier est évalué sur la vraie préparation de repas dans un restaurant-école. Pour obtenir son BTSA, Corinne a répondu aux questions d’un jury de sept professionnels et professeurs dans le domaine des biotechnologies. « Il n’y a aucune question piège. Le jury cherche avant tout à vérifier qu’on a bien exercé les activités décrites », indique-t-elle.

6 - Transformer l’essai

Un diplôme obtenu par la VAE a la même valeur qu’un diplôme décroché par la formation. Pour Corinne, qui s’était arrêtée au bac ES, le BTSA lui a permis de pérenniser son poste de technicienne de laboratoire, qui la passionne : « On ne sait pas ce que la vie vous réserve. Je n’avais pas envie de me retrouver à devoir faire un jour autre chose parce que je n’avais pas le bon diplôme. »
Certaines conventions collectives valorisent le diplôme obtenu par une augmentation salariale. De nouvelles perspectives (promotion, mobilité professionnelle) peuvent s’ouvrir. Pour les demandeurs d’emploi, l’obtention d’un titre par la VAE peut être un sérieux coup de pouce. Ainsi, en Aquitaine, 72 % des postulants ont retrouvé un emploi en rapport avec la certification obtenue.
Il est possible de n’obtenir qu’une validation partielle et de la compléter par de la formation. Et en cas d’échec, on peut recommencer plusieurs fois la procédure finale de VAE.

Renseignements

Trouver un point relais conseil VAE et connaître les organismes certificateurs sur le site vae.gouv.fr.

La VAE dans le domaine sanitaire et social sur asp-public.fr.