Changer de métier sans se tromper

Presque les trois quarts des salariés ont déjà songé à prendre une nouvelle voie professionnelle. - © Neustockimages

Presque les trois quarts des salariés ont déjà songé à prendre une nouvelle voie professionnelle. Mais saviez-vous qu’il est possible de tester le métier de ses rêves avant de se lancer ?

L’idée de la reconversion professionnelle séduit 72 % des salariés en France ; 26 % d’entre eux l’envisagent même dans un avenir proche, révélait en avril 2016 un sondage OpinionWay pour mediarh.com. Avant de démarrer un tel projet, mieux vaut tester l’emploi que l’on souhaite occuper.

« Il est important de se faire une idée réelle d’un métier que l’on a souvent tendance à idéaliser, explique Sylvaine Pascual, du cabinet Ithaque coaching. Sinon, gare au ‘‘syndrome de la chambre d’hôte’’ qui peut toucher celles qui se rêvaient en maîtresse de maison et qui découvrent trop tard qu’il faut aussi beaucoup être femme de ménage ! »

Heureusement, pratiquement tous les métiers peuvent être essayés : artisan, agriculteur, mais aussi infirmier, avocat ou même ingénieur. Il suffit d’effectuer une période d’observation ou d’immersion en entreprise. Pour quelques heures ou un mois, voici comment procéder.

Une semaine payante pour se faire une idée

Si vous manquez de temps ou que vous n’en êtes qu’aux prémices de votre projet de reconversion, vous pouvez opter pour une solution payante de découverte des métiers. Les sociétés proposant ce type de service ont fleuri ces dernières années. Parmi les plateformes internet, viemonjob.com et jobsenboite.com, par exemple, mettent en relation des particuliers et des professionnels afin que les premiers puissent tester une large palette de métiers : de couvreur-zingueur à photographe, en passant par éducateur canin, chef de projet e-marketing ou architecte d’intérieur.

Vous vous voyez plutôt maroquinier, ébéniste ou bijoutier-joaillier ? Rendez-vous sur startisanat.org qui propose de découvrir de nombreux métiers d’artisanat d’art. Si la dimension écologique et responsable entre dans votre désir de reconversion, l’organisme de formation Savoir-faire & découverte (lesavoirfaire.fr) propose, entre autres formules, des tests métiers dans des petites structures. Exemples ? Apiculteur, microbrasseur, bio-électricien, créateur de vêtements en matériaux recyclés, etc.

Avantages : la facilité et l’assurance de rencontrer des professionnels disponibles pour échanger sur leur métier.

Inconvénients : la courte durée des tests avec une journée maximum pour Jobsenboîte ou Startisanat et jusqu’à une semaine avec Viemonjob ou Savoir-faire & découverte. Par ailleurs, « il y a une monétisation de la relation, qui peut amener à s’interroger sur l’authenticité du discours que tiendra le professionnel rencontré », avertit Sylvaine Pascual.

Comptez à partir de 75 euros la demi-journée, entre 200 et 600 euros la semaine, selon les métiers à tester.

Un mois en immersion gratuite pour se décider

Si vous en avez le temps, il sera sans doute plus bénéfique, et plus économique, de chercher par vous-même un ou plusieurs professionnels pour vous accueillir et vous présenter leur métier. Dans ce cas, vous pouvez avoir recours au dispositif public baptisé « Période de mise en situation en milieu professionnel » (PMSMP). Elle permet d’effectuer une immersion en entreprise, non rémunérée et d’un mois au maximum, tout en étant couvert pour les risques de maladie et d’accident du travail.

« La PMSMP donne un cadre, elle sécurise aussi bien la structure qui accueille, notamment les grandes entreprises, que la personne qui teste le métier. Elle correspond
 à un objectif bien défini », résume Estelle Fleur, conseillère en évolution professionnelle pour Uniformation. La PMSMP est en théorie accessible à toute personne accompagnée dans un projet d’insertion, de recherche d’emploi ou de réorientation professionnelle.

Si vous êtes demandeur d’emploi, indemnisé ou non, vous pouvez la demander auprès de votre agence Pôle emploi ou, si vous avez moins de 26 ans, de votre mission locale.

Si vous êtes salarié, renseignez-vous dans un premier temps auprès de l’Opacif (organisme chargé du financement de la formation) dont dépend votre entreprise.

Quelques-uns, comme Uniformation pour certaines régions (Nouvelle Aquitaine, Grand Est), offrent la possibilité de faire des PMSMP aux salariés qu’ils accompagnent et qui relèvent de leur secteur. « Nous prenons alors en charge le financement de la couverture sociale associée au dispositif », explique Estelle Fleur.

Vous avez également la possibilité de vous inscrire auprès de Pôle emploi pour être accompagné dans le cadre de votre projet de reconversion professionnelle et ainsi demander à bénéficier de la PMSMP.

Partir à la découverte des métiers agricoles

Si vous êtes inscrit à Pôle emploi et que vous n’avez jamais eu d’expérience dans l’agriculture, demandez l’Adema (Accès des demandeurs d’emploi aux métiers agricoles). Ce dispositif de formation d’un mois, dont trois semaines d’immersion en entreprise, a été mis en place pour susciter des vocations. « L’Adema permet d’avoir une meilleure connaissance de la filière agricole et de ses métiers, ainsi qu’une écoute et un accompagnement autour de son projet », témoigne Myriam Geschwine qui a participé en 2012 au dispositif.

Si vous envisagez de monter une petite structure bio, penchez-vous sur le wwoofing. Ce mouvement international, à la frontière du volontariat et du bénévolat, propose de participer à la vie et aux travaux d’une ferme, pour quelques jours ou plusieurs semaines, tout en étant nourri et logé. En France, où elle n’a pas encore de reconnaissance légale, la pratique du wwoofing est encadrée par l’association Wwoof France. Moyennant une adhésion de 25 euros, elle vous fournira les coordonnées de plusieurs exploitations agricoles proposant ce type d’expérience près de chez vous.

Les domaines qui créeront le plus d’emplois d’ici à 2022

1) Services d’aide et de soins à la personne (santé, action sociale, services personnels et domestiques)


2) Services aux entreprises à forte intensité de savoir (conseil, assistance, recherche et développement)

3) Services opérationnels aux entreprises (intérim, propreté et services financiers)

4) Commerce de détail

5) Hôtellerie et restauration


Source : Les métiers en 2022, Rapport de la Dares, avril 2015.

Les métiers indépendants qui attirent le plus

1) Gérant de maison d’hôte


2) Commerçant de proximité : fromager, charcutier, chocolatier...


3) Expert : consultant, comptable...


4) Artiste ou créatif


5) ex-aequo - jardinier, paysagiste, entrepreneurs du Web ou de l’économie collaborative


Source : Sondage OpinionWay pour UAE – Fondation Le Roch Les Mousquetaires – Salon des Entrepreneurs, janvier 2016.