Trouver un financement pour créer son entreprise

Trouver un financement pour créer son entreprise

Créer une entreprise demande des fonds plus ou moins importants. Il existe de nombreuses aides financières, nationales et régionales, permettant d'augmenter le montant de ses fonds propres.

Depuis la loi sur l'initiative économique de 2003, la notion de "capital minimal" n'existe plus : on peut créer une entreprise - du moins une EURL ou une SARL - avec 1 €.

En réalité, même l'activité la plus modeste nécessite des fonds. Ne serait-ce que pour se rémunérer en attendant les premières recettes.

Aller voir sa banque est le premier réflexe du créateur. Difficile cependant, sans un apport personnel tenant lieu de garantie, de décrocher un prêt. Et pas question, tous les conseillers le martèlent, d'engager ses biens pour financer une création. Alors que faire ?

Des financements sous conditions

La solution passe par les structures d'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise, qui proposent des prêts sans garantie ni intérêt (ou à faible intérêt). Ils constituent ce qu'on appelle des "quasi-fonds propres" qui permettent d'obtenir un prêt bancaire par effet de levier. Ainsi, le réseau France Initiative, qui accorde des prêts d'honneur, a calculé que 1 € de prêt d'honneur donnait accès à 6,80 € de prêt bancaire.

Comme toujours en matière de crédit, aucun financement n'est automatique. Le créateur doit disposer déjà d'un minimum de fonds propres. Par ailleurs, votre projet doit être déjà très bien construit et votre business plan bouclé. C'est ce document qu'examinera le comité d'engagement pour vous accorder un prêt. Un conseil : même si vous pouvez intégrer ces quasi-fonds propres dans votre compte de trésorerie prévisionnel, ne comptez pas sur eux pour démarrer : selon les structures ou les régions, le délai de versement du prêt peut être assez long.

Les principales structures d'aides

Il existe principalement trois structures d'aide au financement : l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), les Plates-formes d'initiative locale (PFIL) du réseau France Initiative, et le Réseau Entreprendre. Elles vous suivent pendant vos premières années de démarrage et vous aident à solliciter d'autres financements publics : prêts Eden (Encouragement au développement d'entreprise) pour les chômeurs de plus de 50 ans et les RMIstes, prêt à la création d'entreprise, prêts régionaux, etc.

L'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie)

Elle est spécialisée dans le financement de projets modestes, réclamant peu de fonds. Elle s'adresse notamment aux personnes exclues du système bancaire. Vous pouvez bénéficier d'un prêt sous la forme d'un microcrédit, le "prêt solidaire", pouvant aller jusqu'à 5 000 €. Sa durée s'étend sur dix-huit mois et il est consenti à un taux similaire à celui pratiqué par les banques.

L'Adie peut proposer un financement complémentaire allant jusqu'à 10 000 €, comprenant des aides publiques et, éventuellement, un prêt de matériel (véhicule, ordinateur, matériel de vente sur les marchés).

Les Plates-formes d'initiative locale (PFIL) du réseau France Initiative

Au nombre de 236, elles accordent des prêts d'honneur aux porteurs de projet, de préférence ceux qui créent quelques emplois. Le montant moyen du prêt d'honneur est de 7 350 €. Sans intérêt, il est remboursable dans un délai de trois à cinq ans. Dans 87 % des cas, il a donné lieu à un financement bancaire de 52 400 € en moyenne.

En 2006, les plates-formes ont analysé 45 600 projets et en ont financé près de 10 900. Leur point fort : l'accompagnement des créateurs. Trois ans après, 84 % des entreprises accompagnées existent toujours, contre 68 % pour la moyenne nationale de la création d'entreprise.

Le Réseau Entreprendre

Ce réseau, présent dans toutes les régions, s'adresse aux projets à potentiel, capables d'atteindre la taille de PME et susceptibles de créer en moyenne treize emplois à cinq ans. La sélection est rigoureuse.

En 2006, sur les 6 971 porteurs de projet accueillis, 1 622 dossiers ont été mis à l'étude et 409 acceptés en comité d'engagement. À la clé, un prêt d'honneur d'un montant moyen de 25 000 €, sans intérêt et remboursable en cinq ans.

Présenter des garanties

Vous pouvez également espérer faire bouger votre banque en présentant une garantie. C'est ce que proposent deux structures.

Le réseau France Active, présent sur toute la France, offre une couverture à hauteur de 65 % de votre prêt, pour un montant maximal de 30 500 € (40 500 € dans les régions Centre et Paca). La durée maximale de la garantie est de cinq ans et son coût de 2 % du montant engagé. Cette caution est réservée aux personnes sans emploi ou en situation de précarité, ainsi qu'aux structures d'insertion par l'activité économique.

Oséo, organisme de l'État au service du financement des très petites et moyennes entreprises, gère le prêt à la création d'entreprise (PCE). Ici, c'est l'État qui garantit ce prêt que vous souscrivez auprès de votre banque. Pour y avoir droit, vous devez, au moment où vous demandez un PCE (de 2 000 à 7 000 €), obtenir un prêt bancaire classique d'un montant au moins deux fois supérieur à celui du PCE. Le taux du PCE est identique à celui du prêt bancaire. Il est remboursable en cinq ans. Pour l'obtenir, adressez-vous directement à votre banque.

Des aides au financement réservées aux chômeurs

Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise (Accre)

Elle consiste en l'exonération d'une partie des cotisations sociales sur votre rémunération dans la limite de 120 % du Smic. Accordée pour douze mois, l'exonération peut durer jusqu'à vingt-quatre mois si l'entreprise créée ou reprise est une "micro-entreprise". Renseignements auprès de votre agence locale pour l'emploi ou de la direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle.

Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise

Elle prend la forme du versement par l'Assedic d'un capital égal à la moitié du reliquat de vos droits au chômage à la date du début de l'activité. Exemple : il vous reste 365 jours de droits, à 50 € d'allocation journalière, soit 18 250 €. L'aide s'élève à 9 125 € (soit 18 250/2). Elle est versée en deux fois : 4 562,50 € à la date de création, le solde six mois plus tard. Votre projet doit être validé par l'obtention de l'Accre pour donner droit à cette aide.

Maintien partiel de l'allocation chômage

Pendant la création d'entreprise, l'allocation chômage peut être maintenue dans la limite des droits qui vous restent et au maximum pendant quinze mois (pas de limite pour les plus de 50 ans). Vous continuez à percevoir vos indemnités en même temps que votre rémunération de chef d'entreprise. L'Assedic déduit chaque mois ce que vous avez gagné de l'indemnisation à laquelle vous avez droit. Votre rémunération ne doit cependant pas dépasser 70 % de ce que vous gagniez avant d'être au chômage.

Attention ! Ces deux dernières aides ne se cumulent pas.

Les concours à la création d'entreprise

Obtenir des fonds propres sans même avoir à les rembourser, c'est possible avec les concours à la création d'entreprise. Parmi ces concours, Envie d'Agir, organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, a soutenu, en 2006, 372 créations d'activité économique réalisées par des jeunes de moins de 30 ans. Le total des financements s'est élevé à 1 291 110 €, pour un montant moyen attribué de 4 400 €.

Qui contacter ?

Adie

0 800 800 566 (numéro Vert, gratuit depuis un poste fixe)

www.adie.org

Envie d'Agir auprès de la direction départementale de la jeunesse et des sports

www.enviedagir.fr

France Active

Tél : 01 53 24 26 26

www.franceactive.org

France Initiative

Tél : 01 40 64 10 20

www.fir.asso.fr

Oséo

www.pce.oseo.fr

Réseau Entreprendre

www.reseau-entreprendre.org