Plan d’urgence pour l’emploi : les mesures annoncées par François Hollande

Plan d’urgence pour l’emploi : les mesures annoncées par François Hollande
François Hollande, lors de ses voeux aux "acteurs de l'entreprise et de l'emploi", le 18 janvier 2016. - @ Reuters

Formations pour les demandeurs d’emploi, prime à l’embauche, aide à l’apprentissage... Lundi 18 janvier, le chef de l’État a détaillé les mesures de son plan d’urgence pour lutter contre le chômage. Son coût :  2 milliards d’euros financés par des économies, sans prélèvements supplémentaires. 

Le président de la République a précisé les mesures du plan d’urgence pour l’emploi lors de ses vœux aux "acteurs de l’entreprise et de l’emploi" au Conseil économique, social et environnemental (Cese), lundi. Les principaux axes du plan avaient été dévoilés lors de ses vœux télévisés, le 31 décembre 2015.

« État d’urgence économique et social »

Pour inverser la courbe du chômage avant la fin de son quinquennat, François Hollande mise sur la formation, l’apprentissage et des aides à l’embauche dans son plan d'urgence pour l'emploi. D’après les derniers chiffres communiqués par Pôle emploi, 3,57 millions de demandeurs d’emploi n’avaient aucune activité en novembre 2015.

Face à « l’état d’urgence économique et social », l’emploi est alors « notre combat unique » a-t-il soutenu. « Nous devons agir pour que la croissance soit plus robuste et la création d’emploi plus abondante ».

Le coût des mesures est estimé à 2 milliards d’euros, financés par des économies dont sont en charge les ministres de l’Économie et du Budget, sans prélèvements supplémentaires, a assuré François Hollande.

500 000 formations supplémentaires pour les chômeurs

« En France, la durée d’indemnisation des chômeurs est la plus longue d’Europe. La durée de formation est la plus courte », a-t-il souligné. « J’ai annoncé un programme de formation pour 500 000 demandeurs d’emploi, un doublement par rapport à 2015 », a déclaré François Hollande. Un plan de formation destiné à « offrir de nouvelles chances à tous », car « 1 million de chômeurs n’ont pas le Bac et 700 000  n’ont pas de CAP ». Les formations cibleront les chômeurs les moins qualifiés et seront axés sur les secteurs d’avenir (numérique, environnement par exemple) et les emplois non pourvus. Les formations des demandeurs d’emploi seront aussi orientées vers la création d’entreprise », a-til ajouté.

L’État débloquera 1 milliard d’euros pour la formation des chômeurs. « Ce n’est pas un artifice pour faire baisser le nombre de demandeurs d’emploi, ce qui compte c’est l’emploi », a justifié François Hollande.

Prime à l’embauche de 2000 euros

Une « aide exceptionnelle à l’embauche » de 2 000 euros par an sera accordée aux entreprises de moins de 250 salariés pour toute embauche d’un salarié en CDI ou CDD de six mois ou plus touchant entre 1 et 1,3 fois le Smic. Cette somme de 2 000 euros correspond au « reliquat des cotisations patronales une fois pris en compte l’ensembles des allègement de charges ». Cette prime sera versée pendant deux ans, « le temps du basculement du CICE (crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi ndlr) en baisse définitive de charges ». Le dispositif est effectif dès aujourd’hui. Cliquez ici pour accéder aux informations du ministère du Travail sur l'aide "embauche PME".

Crédit impôt pour la compétitivité et pour l’emploi

« Ma volonté est de le transformer aussi vite que possible le CICE en baisse des cotisations sociales ». Cela est nécessaire d’après François Hollande, « pour obtenir de la clarté dans la représentation exacte du prélèvement social pour l’entreprise. C’est ensuite la représentation de la diminution des charges de manière à ce qu’il n’y ait pas de doutes sur l’engagement pris. »

Indemnités prud’homales plafonnées

La réforme des prud’hommes introduite dans la loi Macron sera « parachevée en introduisant le plafonnement des indemnités prud’homales en fonction de l’ancienneté ». La mesure avait été censurée par le conseil constitutionnel l’été dernier.

Compte personnel d’activité

Le compte personnel d’activité (CPA) sera créé l’année prochaine. Il regroupe la somme des droits accumulés tout au long de la vie professionnel (droits, épargne salariale...) Il devrait permettre aux salariés de mieux alterner les temps de travail et de formation sans rupture.

Favoriser l’offre d’apprentissage

Les titres professionnels délivrés par le ministère du Travail seront ouverts aux apprentis. Les entreprises qui ont une école de formation pourront déduire de leurs charges les dépenses engagées de la taxe d’apprentissage. Les demandeurs d’emploi pourront davantage bénéficier de contrat de professionnalisation. Ces derniers devront passer de 8 000 titulaires à 50 000 avec un soutien financier de l’État. « Nous ferons l'effort de créer 1 000 postes affectés aux formations professionnelles », a ajouté le chef de l’État .

Faciliter l’entrepreunariat

Lorsque des qualifications préalables à l’exercice d’une activité ne seront pas nécessaires, elles seront supprimées. Un nouveau régime fiscal sera mis en place afin de permettre à l’autoentrepreneur d’être soit au réel, soit au forfait. Les règles sur le portage salarial seront également assouplies.

Crédit d’impôt recherche

« Le crédit d’impôt recherche sera pérennisé dans ses formes actuelles » a affirmé le chef de l’État. Il a assuré également que la « recherche publique serait dotée de nouveaux moyens pour garder nos talents et en attirer d’autres. »