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Le temps de trajet peut-il être payé ?

Le temps de trajet peut-il être payé ?


  • Actualisé le mardi 9 janvier 2007

Durée normale et durée excessive

Dominique était salariée dans un cabinet d'expert-comptable en Alsace. À la demande de son employeur, elle se déplaçait régulièrement pour se rendre chez des clients dans différentes villes de France très éloignées de son domicile (Lyon, Paris, Marseille, Lille).

À la suite de son licenciement, elle a demandé que toutes ces périodes de déplacements soient prises en compte dans son temps de travail et que, en conséquence, des heures supplémentaires lui soient payées, puisqu'elle dépassait son horaire hebdomadaire de travail.

Dominique a obtenu satisfaction. Les tribunaux ont en effet jugé que "lorsqu'elle se rend dans différentes villes de province, elle le fait en dehors de son temps de travail car la durée du déplacement dépasse très largement le temps normal qu'elle met chaque jour pour aller de son domicile à l'entreprise". Ces déplacements supplémentaires ont donc été assimilés à du temps de travail et elle a obtenu un rappel de salaire pour les heures supplémentaires effectuées (Cass soc. 5 mai 2004, Pennequin c. Segec).

Bouger au cours d'une même journée

Pour les tribunaux, tout ce qui dépasse le temps normal que met un salarié pour se rendre habituellement au travail doit être compté et payé comme du temps de travail.

Dans de nombreux secteurs professionnels, les salariés se déplacent au cours de leur journée de travail, en particulier lorsqu'ils sont commerciaux, formateurs ou travaillent dans le bâtiment. Si le salarié se déplace entre deux lieux de travail, par exemple deux chantiers, ce temps de trajet est toujours considéré comme du travail effectif.

Il en est de même lorsqu'il se rend du siège de l'entreprise de bâtiment vers un ou plusieurs chantiers qui lui sont désignés le jour même, lorsqu'il se déplace pour aller rendre visite à deux clients, ou quand, à la demande de son employeur, il part sur un autre chantier pour transporter du matériel ou y amener d'autres personnes.

Des conséquences financières appréciables

Reconnaître ou non un trajet comme temps de travail a des conséquences sur le plan financier. Une heure de trajet considéré comme du temps de travail est payée au même taux qu'une heure de travail.

Et les frais engagés pendant ce déplacement sont considérés comme
des frais professionnels remboursables par l'employeur.

À l'inverse, si le trajet n'est pas compris dans le temps de travail effectif, il n'est pas payé et les frais engagés ne sont pas remboursés. Certaines conventions collectives, notamment la convention collective des experts-comptables, prévoient

tout de même une indemnisation : si le trajet entre le domicile du salarié et le lieu de travail chez le client dépasse deux heures, le salarié a droit à une contrepartie en repos ou
en salaire.

Par ailleurs, lorsque le salarié est victime d'un accident pendant un trajet "professionnel", l'accident reçoit la même qualification. Le salarié bénéficie alors d'une indemnisation spécifique plus avantageuse (soins gratuits, indemnités journalières en cas d'arrêt de travail, rente, aides pour la réinsertion, protection contre le licenciement…).

Vos réactions (3)

  • lundi 25 février 2008 / fab38

    Le code du travail a été modifié en 2005 (article L212-4) en défaveur des salariés. Le temps de déplacement n'est plus du temps de travail effectif ! Il doit faire l'objet d'une contrepartie sous forme de repos ou financière, à l'appréciation de l'employeur bien souvent.
    Vos infos sont à revoir
  • vendredi 29 février 2008 / La rédaction

    L'article de Dossier Familial que vous avez lu précise bien que le temps de déplacement n'est pas du temps de travail effectif sauf dans des cas bien précis.
    Merci pour votre participation.
  • dimanche 20 avril 2008 / Keny

    Concernant l'article L212-4, il faut cité le texte en entier.
    Le début est correcte, mais la fin est une interprétation.
    La fin de l'article est la suivante :
    ..Cette contrepartie est déterminée par la convention ou l'accord collectif, ou à défaut par l'employeur après consultation des représentants du personnel.
    Texte du commentaire :
    ...Il doit faire l'objet d'une contrepartie sous forme de repos ou financière, à l'appréciation de l'employeur bien souvent.
    Remarque :Vous avez rajoutez "à l'appréciation de l'employeur bien souvent". Comme vous pouvez voir le texte d'origine ne cite nullement un élément qui va dans votre interprétation.Il dit qu'il faut une "convention". Keny

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