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Harcèlement moral : que faire ?


  • Actualisé le lundi 5 mai 2008

Sommaire de l'article : page 2 / 14

Définir le harcèlement

Légalement, le harcèlement moral se définit comme un ensemble d'éagissements répétés […] ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte [aux droits du salarié] et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

Votre responsable vous accable de remarques désagréables sur votre façon de travailler. Il ne manque aucune occasion de remettre votre professionnalisme en cause. Sans cesse, vous faites l'objet de critiques de la part de votre collègue de bureau. La nouvelle organisation de votre service est génératrice de stress.

Toutes ces situations risquent de peser sur votre travail et votre état de santé. Êtes-vous pour autant victime de harcèlement moral ? La réponse n'est pas certaine.

Des litiges en augmentation

Introduite il y a plus de cinq ans dans le Code du travail et le Code pénal (articles L. 1152-1 à 3 du Code du travail et 222-33-2 du Code pénal), cette notion reste très subjective.

En pratique, si le nombre des litiges prud'homaux opposant un salarié à son supérieur hiérarchique est en nette augmentation, la demande de condamnation pour harcèlement est rejetée dans plus de trois affaires sur quatre.

Définir le harcèlement

Légalement, le harcèlement moral se définit comme un ensemble d'éagissements répétés […] ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte [aux droits du salarié] et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

Une situation difficile et répétée

Une chose est sûre : "Un acte isolé, tel un comportement vexatoire de la part d'un supérieur hiérarchique à l'occasion d'une réunion, ne suffit pas à caractériser le harcèlement moral, prévient Me Cyril Gosset, avocat à Paris. Le salarié doit vivre une situation difficile de façon répétée pour que les faits soient constitués."

Tel sera le cas, par exemple, si le supérieur se livre à une surveillance inutile et exagérée du travail de son employé ; s'il prononce à son encontre des sanctions disciplinaires injustifiées, ou encore des insultes quotidiennes.

Des conséquences au quotidien

L'affectation dans un nouveau bureau inapproprié au travail demandé, une mise à l'écart, l'attribution de tâches sans rapport avec les fonctions, une rétrogradation sans explication constituent aussi des agissements caractérisant le harcèlement, dans la mesure où le salarié en subit les conséquences au quotidien.

Le harceleur n'est pas toujours l'employeur

"Le harceleur est généralement l'employeur ou un supérieur hiérarchique, poursuit Me Gosset, mais la loi n'exige aucun lien de subordination. Le harcèlement peut donc être le fait d'un autre salarié."

Enfin, les juges ne peuvent constater l'existence d'un harcèlement que si les agissements du harceleur ont des incidences néfastes.

Ses actes doivent entraîner une dégradation des conditions de travail du harcelé (à savoir une atteinte aux droits du salarié et à sa dignité), provoquer une altération de sa santé physique ou mentale, ou compromettre son avenir professionnel. Dans tous les cas, l'intention malveillante du supérieur doit être patente.

Constituer un dossier étayé

Le salarié qui s'estime victime de harcèlement moral doit constituer un dossier suffisamment étayé. Il a en effet la charge de démontrer, point par point, les pressions qu'il subit, à l'aide de courriers ou courriels internes, de notes de service, de SMS reçus.

Libre à lui aussi de fournir des témoignages de collègues, même si "en pratique ces moyens de preuve sont très rares, par peur des représailles", précise Me Gosset.

En revanche, la tenue d'un cahier dans lequel la victime note chaque jour ce qu'elle vit sur son lieu de travail peut être utile." De même, la production d'un certificat médical qui constate la dégradation de l'état de santé est un élément pris en compte… même s'il ne suffit pas à lui seul à prouver le harcèlement.

Ne pas confondre mal-être et harcèlement

Méfiez-vous tout de même. Toutes les situations de souffrance au travail ne sont pas du ressort du harcèlement. Des manières, parfois autoritaires, utilisées par certains employeurs peuvent créer des tensions, du stress ou des mécontentements.

"Mais le harcèlement moral ne doit pas se confondre avec les dysfonctionnements de l'entreprise ou ses problèmes d'organisation", analyse Patrice Adam, maître de conférences en droit privé à l'université de Nancy.

Clarifier la situation

Le salarié qui vit mal la promotion d'un collègue, un refus d'avancement ou la mise en place de nouvelles techniques de management n'est pas forcément un salarié harcelé…

De même, l'employeur qui critique le travail d'un membre de son équipe n'est pas systématiquement un harceleur. Dans tous les cas, mieux vaut ne pas laisser s'installer le malaise…

Ne pas rester isolé

"Le salarié qui s'estime victime de harcèlement ne doit pas rester isolé mais alerter le médecin du travail, son médecin traitant, les délégués du personnel et, le cas échéant, un syndicat. Par la suite, le soutien d'un avocat est également important dans un domaine où tout dépend de l'appréciation des juges", souligne Me Gosset.

L'aide extérieure intervient comme une démarche salvatrice pour ces victimes, souvent au bord de la dépression.

Prévenir le médecin du travail

Garant de la santé des salariés au travail, le médecin du travail doit être prévenu de la situation. Il peut ainsi suggérer une mutation, une transformation de poste (article R. 4521-5 du code du travail).

"Je ne me prononce pas tout de suite sur la situation du salarié, prévient Marie-Hélène Vieille, médecin du travail à Paris. Si la personne est d'accord, je l'envoie à l'hôpital vers une consultation de pathologie professionnelle où elle pourra rencontrer un psychiatre. Son compte rendu permet souvent d'y voir plus clair. Parfois, il me demande d'extraire la personne de son milieu de travail. Je signe alors un avis d'inaptitude au travail."

Contester son licenciement

Parallèlement, une personne victime de harcèlement moral n'est pas démunie juridiquement. Si la situation conflictuelle conduit à un licenciement pour faute, le salarié peut contester cette mesure devant le conseil de prud'hommes.

S'il arrive à prouver le harcèlement moral, les juges prononceront l'annulation de la rupture de son contrat de travail pour faute et lui accorderont soit sa réintégration au sein de l'entreprise (ce qu'en général il ne souhaite pas), soit des indemnités de rupture (indemnités de préavis et de licenciement, auxquelles s'ajoutent des dommages et intérêts au moins égaux à six mois de salaire).

Porter plainte contre le harceleur

En revanche, si l'employeur ne prend pas la décision de se séparer du salarié, la victime n'a pas d'autre possibilité pour se défendre que de porter plainte contre son agresseur. Elle doit, pour ce faire, se rendre dans un commissariat ou une gendarmerie.

Elle peut également s'adresser directement au procureur de la République du tribunal de grande instance du lieu où l'infraction a été commise (c'est-à-dire le lieu de situation de l'entreprise).

Le harcèlement moral est un délit pénal puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Si la plainte aboutit, la victime pourra obtenir la condamnation de son harceleur et le versement de dommages et intérêts.

Le harcèlement moral, une maladie professionnelle ?

Une maladie provoquée par un harcèlement moral peut être reconnue comme "maladie professionnelle" par la Sécurité sociale. Ce sera le cas, par exemple, pour une dépression ou toute autre affection provenant de troubles psychologiques.

Cette reconnaissance permet à la victime d'obtenir une indemnisation spécifique (soins gratuits, indemnités journalières en cas d'arrêt de travail, rente en cas de diminution de la capacité de travail).

Cette solution est toutefois très difficile à mettre en œuvre, car elle nécessite un taux d'incapacité professionnelle très important, qui correspond à une dégradation majeure et définitive de l'état de santé.

Quelques associations d'entraide

Association Mots pour maux au travail-

47, rue de la Course - 67100 Strasbourg - Tél : 03 88 22 22 06
e-mail : motspourmaux@wanadoo.fr

Association contre le harcèlement professionnel (ACHP)

01 45 83 07 20
e-mail : achp@ifrance.com

Association Harcèlement moral stop (AHMS)

11 rue des Laboureurs - 94150 Rungis
Tél : 06 07 24 35 93 ou 01 56 34 01 76 

e-mail : courrierhms@aol.com


Vos réactions (10)

  • vendredi 15 février 2008 / aurelia

    je suis actuellement en conflit avec mon employeur pour harcèlement moral au travail de la part d'un salarié.
    mon employeur prend son partie et me menace pour que je démissionne
    je suis actuellement en arret maladie je suis un traitement pour la dépression je suis suivie par un spychologue et je suis accompagnée par un yndicat pour les prud'homme.
    J'ai était à la médecine du travail qui m'envoie vers un médecin spychiatre pour certifier mon état.
    je ne sort plus ne ma
  • mercredi 12 mars 2008 / syl

    bonjour,
    je suis moi aussi victime de harcélement moral de la part de mon employeur qui est également ma cousine, donc situation trés difficile. je suis actuellement en mise à pied conservatoir en attendant une rupture du contrat. j'ai été mise au placard comme on dit plus de téléphone plus de dossier à traiter uniquement des archives à faire. je vais cet aprés midi à la médecine du travail
  • jeudi 13 mars 2008 / Philippex

    Je souhaite témoigner moi aussi sur la perversité ce certains "petits chefs". J'ai été harcelé par mon manager plusieurs mois durant lorsqu'il a appris que j'entretenais une relation amoureuse avec une personne de la société. Propos vulgaires, allusions devant les collègues... En plus d'avoir brisé cette histoire, ce type m'a rendu malade. J'ai dû quitter mon travail (conseiller bancaire) et je n'arrive plus à remonter la pente.
  • samedi 26 avril 2008 / disperate men

    bonjour
    j'ai vu les situations ,la mienne est differente
    je suis night audit ,dans un hotel de luxe
    mon chef a fouille dans ma banette et a consigner mes documents perso a la ressource humaine,celle ci m'a mis a pied pour voir les choses ou discuter avec le directeur,j'etais emmene a negocier mon depart, mais avec un petit cheque de 2000 euros meme si j'ai bosse 4 ans sans jamais arriver en retard sans jamais u jour de maladie,je venais travailler avec le mal de dos ,pour ne pas aller au preudhome,et avec un promesse de me trouver un job comme le mien sur nice
    j'ai accepte et j'ai quitte,
    depuis rien plus rien
    notre chef s'est permis le luxe de faire venir un de ses amis pourlui donner le poste que j'occupais
    bizarre non????
  • jeudi 1 mai 2008 / Saphir

    Moi-même, je suis victime de harcelement dans mon travail. je suis enseignante et je me sens malheureusement incapable d'aller plus loin dans ma hiérarchie qui soutient ce directeur !
    bien entendu, on écoute ceux qui crient aux loups, sans vérifier la véracité des faits.
    J'ai joins un syndicat qui m'a dit "mais vous êtes encore bien ( 2 antidépresseurs par jour pour avoir le courage d'aller au travail), vous n'êtes pas encore "suicidaire", ..."
    Or, si je n'avais pas d'enfants à la maison, je ne serais plus là pour témoigner!
    Mais que faire losque l'on se sent si fautif, mais de quoi ?
  • mardi 6 mai 2008 / chrisviln

    Il n'y a pas que chez le grand chef bardé d’étoiles où le harcèlement se pratique à haut niveau , le célèbre bateau qui navigue sur les flots bleu du lac me laisse d'amères souvenirs pour y avoir passé deux mois en cuisine avec un chef irascible braillard et insultant le personnel sans que personne n’intervienne auprès de la direction .Le non moins célèbre grand hôtel que le personnel appelle a juste titre l’Infernal Palace lui aussi livre son lot de victimes à la sécurité social obligée d’absorber un nombre sans cesse grandissant d’arrêts de travail et d’accidentés sous la férule de quelques chefaillons harceleurs professionnels protégés et soutenus par leur hiérarchie .Les victimes fuient et ne se manifestent pas . Mais que fait on à l’heure actuelle pour introduire un peu d’humanité et de respect des lois dans ces antres de la folie productive ?
  • vendredi 9 mai 2008 / datcha

    j'ai fait taper 3pages de plainte au commissariat envers mon chef d'équipe,j'ai contacté mon syndicat en fournissant 5 certif de 5 médecins,ainsi que différentes situations de harcèlements avec signatures de témoins et je reconduis mon arret de travail.je poursuis mon combat afin déradiquer cette personne qui a déja fait des victimes sans défense.alors foncez aussi et remontez vos manches car c'est long!!courage!
  • lundi 12 mai 2008 / catherine

    employee depuis 6 annees dans une entreprise j'ai vu défilé des arrets de maladie pour dépression, mon employeur poussant à bout des femmes avec 40 années de professionnalisme derriére elles connaissant leur travail sur le bout des doigts.Il est triste de voir cet individu encore à la tête de cette société alors que c'est un incapable
  • lundi 19 mai 2008 / kynoo

    et voila, je fais aussi partie de la "tribu" ... je suis éga&lement victime de harcelement moral, sauf que je ne peux pas le prouver, car je n'ai aucune trace ecrite, mais si je suis brimée chaque jour par ma chef de rayon, que mon chef de secteur remet en cause mon travail en me disant que je le fais mal alors que depuis que je fais parti de l'entreprise, mes anciens chefs ont toujours ete tres fiers de moi, a la medecine du travail, on m'a dit :" mais quesque vous voulez qu'on y fasse madame?" donc au final, j'ai du poser ma demission, et comble du comble ca a empiré depuis car ils ont decidé de me rendre la vie impossible jusqu'au bout, au total, 'ai fait une crise d'angoisse sur mon lieu de travail, consideree comme accident de travail, jusqu'a la fin de mon preavis.... mais bon... c'est dur de se dire qu'ils ne payeront jamais
  • mercredi 18 juin 2008 / calimero

    Le harcèlement moral ca existe et meme si on a des preuves, les prud hommes se déclarent incompetents parce que mon employeur attaque ma vie privée et non le travail et de plus elle m'écrit qu'elle a vu mon ex petit ami par écrit qui prétend que je ne suis pas stable ce sont les seuls arguments qu'elle a contre moi, lamentable...
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