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Créer son emploi grâce au microcrédit
Créer son emploi grâce au microcrédit

Prêter une somme modique aux entrepreneurs sans moyens et les épauler dans leurs débuts, voilà ce que proposent les organismes de crédit solidaire.
"On ne prête qu'aux riches, et on a raison, les pauvres remboursent plus difficilement." La boutade d'Alphonse Allais ne fait sourire que ceux qui ignorent encore le microcrédit. Le principe ? Permettre aux plus pauvres de créer leur propre emploi en leur prêtant une petite somme d'argent, en les accompagnant dans leur démarche d'entrepreneur et en faisant confiance en leur solvabilité et leur énergie.
Qui peut en bénéficier ?
Toute personne qui n'a pas accès au crédit bancaire classique et qui veut monter sa propre activité : chômeurs, Rmistes et autres allocataires de minimas sociaux le plus souvent. En revanche, les personnes fichées à la Banque de France sont écartées d'emblée du dispositif.
Le taux d'impayés constaté sur ces publics fragiles s'établit à 6,8 % et est comparable de celui du marché. Cuisinier, styliste en lingerie, ébéniste, peintre, guide touristique, prof de yoga, plombier..., tout devient possible à condition de bâtir un projet solide.Un plan de financement crédible
La première étape consiste à monter un dossier avec un plan de financement. Maisons de l'Emploi, chambres consulaires ou boutiques de gestion peuvent aider à mieux structurer des projets souvent pertinents mais peu rigoureux. "J'ai mis quinze mois à monter mon dossier, qui s'est avéré plus complexe que prévu", témoigne Ghislaine Huchard. Son espace musical a ouvert dans la Z.I. de Courtabœuf en janvier dernier. Ses clients : les comités d'entreprise, qui inscrivent l'apprentissage ludique de la musique au catalogue des activités proposées aux 2 300 employés de la zone industrielle. Ce stade franchi, le porteur de projet pousse la porte de l'une ou l'autre "banque de la deuxième chance" pour obtenir les fonds indispensables au démarrage de son activité. Selon les cas, les prêts sont sans intérêt ni garantie (France Initiative Réseau, BDPME…) ou avec, à l'instar de l'Adie, qui propose un prêt jusqu'à 5000 euros à 7,02 %. "Signe de confiance dans sa nouvelle activité, le fondateur doit apporter une caution couvrant la moitié du prêt", précise Phaïnir Dorléans. Pour compléter l'aide, un prêt d'honneur ou la mise à disposition temporaire de matériel (ordinateur, véhicule, matériel de marché…) sont aussi possibles.
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