Travail le dimanche : pour ou contre ?

Travail le dimanche : pour ou contre ?

L’ouverture des magasins le dimanche est-elle une menace pour la vie de famille et une brèche dans le droit du travail ou favorise-t-elle l’activité économique ?

Pour le travail le dimanche

L'avis d'Olivier Faure, député de Seine-et-Marne

Il n’est pas question, pour mes collègues et moi, de généraliser l’ouverture de tous les commerces le dimanche, mais de prendre en compte la situation des magasins de bricolage en Île-de-France, menacés de fermeture en raison de procédures contentieuses.

Nous croyons que le dialogue social doit permettre d’avancer en ce sens, en cohérence avec les pratiques et les rythmes de vie en zone urbaine et périurbaine spécifiques à cette région. Il y a urgence : l’activité dominicale génère plus de 1 200 emplois directs sur 7 000 collaborateurs dans les magasins de bricolage franciliens.

Pour conclure : non à la généralisation du travail dominical ; oui au maintien de l’ouverture des magasins de bricolage, à l’instar de ce qui se passe pour le jardinage ou l’ameublement.

Oui à une négociation qui limite cette possibilité à l’Île-de-France. Oui à l’harmonisation des compensations dont doivent bénéficier les salariés volontaires.

Contre le travail le dimanche

L'avis de Marc Le Fur, député des Côtes d'Armor

Le droit au repos dominical est le fruit d’un véritable combat qui a abouti à son instauration dans la loi en 1908. Ceux qui l’ont obtenu l’on fait au nom des droits des familles, des voisins, des amis à se retrouver ensemble pour partager un temps sans travail.

Défendre le repos dominical, c’est défendre la vie de famille et associative, le vivre ensemble, en relation avec les autres, ceux dont on partage les goûts, les passions. Si le travail est essentiel dans la vie de chacun, il ne représente pas tout.

Le débat sur l’extension du travail dominical concerne aujourd’hui essentiellement les commerces parce que notre société marchande est polarisée sur le droit à consommer.

L’extension de l’ouverture le dimanche n’enrayera pas la chute du pouvoir d’achat. Elle réduira, en revanche, le temps que la vendeuse, mère de famille, aurait pu passer avec ses enfants. C’est une réforme inutile et qui affaiblit la qualité de la vie sociale.