Le salaire des jeunes en alternance

Le salaire des jeunes en alternance

Les étudiants qui optent pour une formation en alternance perçoivent pendant leurs études une rémunération qui diffère selon la nature de leur contrat de travail.

Dans les cursus "en alternance", il existe deux principaux types de contrats : un contrat d’apprentissage ou un contrat de professionnalisation.

Dans les deux cas, le contrat prévoit de former le jeune en échange d’un travail et d’une rémunération, mais certains diplômes ou qualifications ne sont accessibles que par l’un ou l’autre de ces dispositifs. Cela signifie que les étudiants n’ont pas toujours le choix du contrat… ni du salaire qui en dépend réglementairement.

Contrat d'apprentissage et salaire

Une activité professionnelle en alternance donne au jeune le statut de salarié et sa rémunération mensuelle minimale est calculée en pourcentage du Smic (1 445,38 € mensuels brut depuis le 1er janvier 2014).

Avec son contrat de professionnalisation, un jeune recevra 55 % du Smic (794,96 € brut) s'il a moins de 21 ans.

À partir de 21 ans, la rémunération passe à 70 % du Smic : 1 011,77 € brut. S’il préparait un bac pro ou un diplôme de niveau supérieur, il percevrait davantage.

En apprentissage, le salaire se situe entre 25 et 78 % du Smic brut dans le secteur privé, soit de 361,35 € à 1 156,31 € par mois. Cependant, ce salaire est totalement exonéré des cotisations sociales, donc le net équivaut au brut.
 

Rémunération nette en apprentissage dans le secteur privé.
Dans le public, les taux sont majorés de 10 ou 20 points selon le diplôme préparé.
  Moins de 18 ans de 18 à 21 ans 21 ans et plus
1ère année 25 % 41 % 53 %
2e année 37 % 49 % 61 %
3e année 53 % 65 % 78 %
Rémunération brute en professionnalisation
  Moins de 21 ans De 21 à 25 ans
Niveau inférieur au bac professionnel 55 % 70 %
Niveau égal ou supérieur au bac professionnel 65 % 80 %

Alternance : des salaires plus élevés dans le secteur public

Le secteur public, en particulier les communes, recrute de nombreux apprentis et leur verse un salaire qui varie en fonction du diplôme, plus élevé que celui en vigueur dans le privé.

Ainsi, le futur bachelier professionnel bénéficie de 10 points de plus que dans le privé, soit :

  • 51 % du Smic en première année (63 % à partir de 21 ans) ;
  • puis 59 % en seconde année s’il a moins de 21 ans (71 % à partir de 21 ans).

Celui qui vise un BTS, un DUT (bac + 2) ou un diplôme supérieur se voit octroyer 20 points de plus (décret n° 93-162 du 2 février 1993).

On notera enfin que l’apprenti qui conclut un deuxième contrat avec un nouvel employeur perçoit un salaire au moins égal à celui auquel il avait droit lors de son précédent contrat (décret n° 2005-1117 du 6 septembre 2005).

Majorations sur salaire dans le secteur du bâtiment

Quel que soit le type de contrat, la rémunération est automatiquement réévaluée le premier jour du mois qui suit l’anniversaire de l’apprenti.

Par exemple, celui qui suit une première année d’apprentissage et fête ses 18 ans le 15 janvier verra son salaire évoluer de 25 à 41 % du Smic à compter du 1er février.

Certains secteurs d’activité offrent une rémunération supérieure au minimum réglementaire. Celui du bâtiment et des travaux publics, qui souffre d’une pénurie de main-d’œuvre, offre une majoration de 10 % aux jeunes en contrat de professionnalisation.

Les apprentis de moins de 18 ans gagnent :

  • 40 % du Smic en première année, au lieu de 25 %,
  • 50 % en deuxième année, au lieu de 37 %,
  • 60 % la troisième année au lieu de 53 %.

Dans tous les cas, au salaire s’ajoutent les avantages éventuellement prévus par la convention collective ou l’accord d’entreprise : 13e mois, titres-restaurant, etc.

Quelle fiscalité pour les apprentis ?

Les salaires versés en 2013 dans le cadre d'un contrat d'apprentissage bénéficient d'une exonération à hauteur de 17 163 €.

Si la rémunération dépasse ce niveau, seule la fraction des salaires qui excède le plafond d’exonération figurera sur la déclaration de revenus de l’apprenti (ou celle de ses parents s’il est fiscalement à leur charge).

En revanche, avec un contrat de professionnalisation, le jeune ne bénéficie d’aucun abattement et il est donc imposable sur la totalité des sommes perçues.