Harcèlement moral : prison avec sursis

Batch operation process

Les juges sont très sensibles à la souffrance psychologique des salariés victimes. Surtout quand les employeurs en sont volontairement responsables.

Six mois de prison avec sursis : c’est ce qu’a coûté au directeur d’un hypermarché et à son responsable de secteur le harcèlement de deux chefs de rayon pendant de nombreux mois.

(Jugement du tribunal correctionnel de Bonneville du 27 mars 2008)

Mauvais traitements

Il faut dire que nos (très) indélicats délinquants en col blanc avaient envers leurs victimes un comportement au-delà du supportable. Brimades, humiliations, pressions, déstabilisation, surveillance abusive (jusque dans les toilettes), reproches systématiques sur leur travail, manœuvres déloyales destinées à les pousser à la faute, etc.

Les malheureux salariés ont subi à peu près toutes les formes imaginables de harcèlement moral. Au point de tomber l’un et l’autre dans une grave dépression et de devoir être arrêtés pendant 14 mois.

La responsabilité de l'enseigne

Les deux responsables ont bien tenté de se justifier en se retranchant derrière les exigences de l’enseigne de grande distribution pour laquelle ils travaillaient : dans un contexte économique très concurrentiel, elle aurait exigé d'importants efforts de réorganisation de la part de l’ensemble du personnel.

Les juges ne sont pas du même avis et observent que le comportement des intéressés était dirigé contre ces deux seuls salariés, sans viser l’ensemble du personnel, alors qu’aucune insuffisance professionnelle ne pouvait leur être reprochée.

Le jugement a été frappé d’appel et la responsabilité de l’enseigne du groupe de distribution, qui aurait été informée des techniques manageriales douteuses des deux responsables, pourrait être recherchée.

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