Chômage : le gouvernement veut faciliter l’accès à l’alternance

Chômage : le gouvernement veut faciliter l’accès à l’alternance
Toutes les formations qui s’inscrivent dans une visée qualifiante seront accessibles. - © sturti

Les chômeurs n’ont pas assez recours à l’alternance. Afin de changer la donne, le gouvernement expérimente jusqu’à la fin de l’année une version assouplie du contrat de professionnalisation.

Le gouvernement veut agir en faveur des chômeurs peu qualifiés. Pour les aider à retrouver le chemin de l’emploi, il expérimente une version assouplie du contrat de professionnalisation, dont le cahier des charges est paru samedi 18 mars au Journal officiel.

Le contrat de professionnalisation, qui alterne formation théorique et pratique, est un dispositif de formation continue ouvert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, aux demandeurs d’emploi de plus de 26 ans inscrits à Pôle emploi et aux chômeurs bénéficiaires de minima sociaux ou ayant bénéficié d’un contrat aidé. Il doit permettre un accès plus rapide à l’emploi.

« Malgré son succès » (195 300 nouveaux contrats en 2016, + 5,1 % sur un an), « la majorité des salariés en contrat de professionnalisation sont des jeunes qui souhaitent compléter leur formation initiale », souligne l’arrêté. Seulement 30 % des bénéficiaires sont des chômeurs.

Priorité aux chômeurs peu qualifiés et de longue durée

L’expérimentation, prévue par la loi Travail du 8 août 2016, vise en priorité « les demandeurs d’emploi les moins qualifiés et les plus éloignés de l’emploi (demandeurs de longue durée) », y compris « ceux écartés pour inaptitude ou qui disposent d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ».

L’expérimentation, qui prendra fin le 31 décembre 2017, élargit le panel de formations éligibles. Dans le droit commun, le contrat de professionnalisation permet seulement d’acquérir une qualification professionnelle reconnue : un diplôme ou titre professionnel enregistré dans le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), un certificat de qualification professionnelle (CQP) de branche ou interbranche, ou une qualification reconnue dans les classifications d’une convention collective nationale.

Offrir une « formation sur mesure »

Jusqu’à la fin de l’année, « tout type d’actions de formation » qui « s’inscrivent dans une visée qualifiante » sera accessible. L’idée est de permettre aux entreprises de passer des contrats sur-mesure, qui forment le chômeur sur des blocs de compétences adaptés aux besoins du poste. Par exemple, les organismes de formation construiront le contrat pro en piochant dans différents blocs de formation, un sur l’assistanat de direction, un autre sur les bases de la comptabilité, etc.

Le but est d’offrir aux chômeurs une « formation sur mesure, plus adaptée à leurs besoins », et aux entreprises la possibilité d’ « embaucher d’emblée un salarié qui sera formé au plus près des besoins réels du terrain ».

La Dares, service des études statistiques du ministère du Travail, dressera un bilan du dispositif afin de connaître le « taux d’insertion en emploi durable des bénéficiaires ».