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Écoulement des eaux de pluie : des règles à respecter
- Publié le vendredi 4 janvier 2008
Sommaire de l'article : page 4 / 6
Respecter la servitude
Le propriétaire du terrain en contrebas doit, de fait, supporter la servitude, et ne peut exiger le paiement d’une indemnité, quand bien même il subirait une inondation, un ensablement ou un éboulement.
Interdiction lui est également faite d’édifier des obstacles, comme un barrage qui empêcherait l’écoulement, ou d’installer une dérivation qui ferait refluer les eaux vers le terrain supérieur.
Le propriétaire qui enfreindrait ces règles pourrait voir sa responsabilité engagée et être condamné au paiement de dommages et intérêts.
La mise en œuvre de cette obligation légale (article 681 du Code civil) ne rencontre aucune difficulté lorsque la construction est placée au milieu d’un terrain : les eaux pluviales provenant du toit tombent sur le sol du propriétaire et peuvent ensuite s’écouler naturellement vers le terrain voisin.
Des gouttières parfois obligatoires
La situation se complique lorsque la maison est édifiée en limite de propriété. Il existe dans ce cas une servitude imposée par la loi, dite "d’égout des toits", qui oblige le propriétaire à utiliser des gouttières afin de canaliser l’eau chez lui.
Si tel est votre cas, vérifiez que votre installation ne dépasse pas sur la propriété contiguë à la vôtre. Votre voisin serait alors en droit d’exiger son déplacement, ce qui vous obligerait à modifier votre toiture.
Seule exception : si la situation perdure depuis plus de trente ans, il se crée une servitude de surplomb, contraignant votre voisin à supporter votre gouttière.
Quand les limites de propriété sont incertaines
Si la limite entre les deux propriétés n’est pas connue de manière certaine, le propriétaire de la construction est présumé propriétaire de la portion de terrain située sous la gouttière.
"Une telle présomption tombe si le voisin est en mesure d’apporter la preuve contraire, notamment par un acte notarié ou un jugement", rappelle Me René Le Fur, notaire à Audierne et président de l’Inere (Institut notarial de l’espace rural et de l’environnement).
Les eaux de pluie en provenance d’une toiture peuvent également s’écouler sur la voie publique. Mais de nombreuses mairies exigent la séparation des eaux pluviales des eaux ménagères, ce qui revient à interdire le rejet des eaux pluviales à l’extérieur des propriétés privées.
Suivant la pente du terrain
Une fois les eaux de pluie tombées sur votre terrain, vous pouvez les laisser s’écouler vers le fonds voisin selon la pente naturelle. Cette règle est valable pour toutes les eaux dont l’écoulement est le résultat naturel de la configuration des lieux (article 640 du Code civil).
Sont donc concernées les eaux de pluie, de source, celles provenant de la fonte des neiges, par exemple (en revanche, il ne peut s’agir des eaux usées, ménagères ou industrielles), et ce quelle que soit la situation des terrains (ville ou campagne).
"Il s’agit là encore d’une servitude légale qui s’impose à l’ensemble des propriétaires, sans que leur accord soit requis. En cas de vente d’un terrain, le vendeur n’est nullement tenu d’en informer l’acheteur", précise Me Le Fur.
Respecter la servitude
Le propriétaire du terrain en contrebas doit, de fait, supporter la servitude, et ne peut exiger le paiement d’une indemnité, quand bien même il subirait une inondation, un ensablement ou un éboulement.
Interdiction lui est également faite d’édifier des obstacles, comme un barrage qui empêcherait l’écoulement, ou d’installer une dérivation qui ferait refluer les eaux vers le terrain supérieur.
Le propriétaire qui enfreindrait ces règles pourrait voir sa responsabilité engagée et être condamné au paiement de dommages et intérêts.
Des aménagements sont possibles
Libre à chacun toutefois de réaliser des aménagements dans sa propriété, sous réserve que les ouvrages respectent la servitude. Vous pouvez, par exemple, clôturer votre terrain si les ouvertures que vous créez sont suffisantes pour permettre la circulation des eaux.
Vous pouvez également récupérer dans une citerne les eaux qui s’écoulent sur votre propriété (article 641 du Code civil). Jusqu’au 31 décembre 2009, il est d’ailleurs possible de bénéficier, sous certaines conditions, d’un crédit d’impôt sur le revenu de 25 % pour l’installation d’un récupérateur d’eau de pluie.
En cas de litige
Le propriétaire d’un terrain qui subit une nuisance dispose d’un éventail de recours… La première démarche consiste à prendre contact avec son voisin pour l’inviter à faire cesser le trouble.
Faute d’accord, adressez-lui un courrier (recommandé avec avis de réception) en privilégiant toujours la conciliation. En cas d’échec,
vous pouvez agir en justice.C’est le tribunal d’instance du lieu de situation du terrain qui est compétent. Il fixera le montant de l’indemnité en cas d’aggravation de la servitude, ou des dommages et intérêts si l’un des propriétaires méconnaît ses obligations.
Vos réactions (2)
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samedi 23 août 2008 / patdew13
bonjour,
savez-vous si la loi de servitude suivant la pente du terrain s'applique également en Belgique?
merci d'avance
patdew13 -
samedi 11 octobre 2008 / andré
mon voisin qui a sa grange en limite de notre propriété nous réclame les 80 cm qui longe sa grange et une parcelle de pré qui continue aprés la grange. Si je vous comprends bien ces 80 cm qui sont sur notre parcelle lui appartiennent?
