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Union libre : les conséquences de la séparation
- Publié le mercredi 27 février 2008
Vivre en concubinage implique une absence de lien, notamment juridique, entre les deux personnes. Alors, que se passe-t-il lorsque le couple se sépare ? Quels sont les droits de chacun ? Et comment les faire valoir ?
Sommaire de l'article : page 1 / 4
Pas d’indemnité sans faute
Première règle à garder à l’esprit, aucune prestation compensatoire ne peut être sollicitée par l’un des deux concubins. "En raison de la fragilité du lien inhérente au concubinage, il n’y a pas d’indemnité de rupture possible sauf circonstances particulières constitutives d’une faute, prévient Me Ganier-Raymond. En aucun cas le fait de rompre le concubinage ne peut être considéré en lui-même comme fautif."
Les circonstances de la rupture doivent donc être particulièrement traumatisantes pour être considérées par les juges comme une faute de nature à créer un préjudice moral et économique donnant lieu à réparation sur le fondement de l’article 1382 du Code civil. La brutalité de la séparation est une caractéristique fréquemment retenue par la jurisprudence.
Ainsi, par exemple, en a jugé la Cour de cassation (première chambre civile, 7 avril 1998, pourvoi n° 96-10.581) dans une affaire où la concubine avait été "brusquement congédiée après onze ans de vie commune" alors que son ancien ami avait exigé du temps de leur union "qu’elle renonçât à son emploi pour se consacrer à son foyer et à l’éducation de son fils, puis de leur enfant commun".
Pas d’indemnité sans faute
Première règle à garder à l’esprit, aucune prestation compensatoire ne peut être sollicitée par l’un des deux concubins. "En raison de la fragilité du lien inhérente au concubinage, il n’y a pas d’indemnité de rupture possible sauf circonstances particulières constitutives d’une faute, prévient Me Ganier-Raymond. En aucun cas le fait de rompre le concubinage ne peut être considéré en lui-même comme fautif."
Les circonstances de la rupture doivent donc être particulièrement traumatisantes pour être considérées par les juges comme une faute de nature à créer un préjudice moral et économique donnant lieu à réparation sur le fondement de l’article 1382 du Code civil. La brutalité de la séparation est une caractéristique fréquemment retenue par la jurisprudence.
Ainsi, par exemple, en a jugé la Cour de cassation (première chambre civile, 7 avril 1998, pourvoi n° 96-10.581) dans une affaire où la concubine avait été "brusquement congédiée après onze ans de vie commune" alors que son ancien ami avait exigé du temps de leur union "qu’elle renonçât à son emploi pour se consacrer à son foyer et à l’éducation de son fils, puis de leur enfant commun".
Des dommages et intérêts sous condition
Des dommages et intérêts peuvent aussi être revendiqués s’ils ont été librement promis à un moment donné, selon un arrêt du 3 juin 1998 de la Cour de cassation, première chambre civile (pourvoi n° 96-13.664).
En l’espèce, après six ans de vie commune, un concubin avait quitté le logement du couple en laissant un mot précisant que sa compagne pouvait garder le logement et qu’il lui verserait 7 500 francs (un peu moins de 1 145 euros) par mois jusqu’au moment où soit elle aurait déménagé, soit sa fille aurait terminé ses études. Pas question de se rétracter ensuite, ont estimé les magistrats.
"Une indemnisation en dommages et intérêts peut aussi être prononcée par les juges sur le fondement de la société de fait et l’enrichissement sans cause", observe Me Coulon-Petitfrère. Ces motifs juridiques permettent de solliciter un dédommagement du concubin pour la société duquel on a travaillé gratuitement. Des conditions précises doivent être réunies, notamment la volonté qu’avaient les concubins de s’associer doit être prouvée, ainsi que la vocation des deux à participer aux bénéfices et aux pertes de la société.
Chacun reprend ses biens
Au moment de la séparation, chacun reprend ce qui lui appartient. Concernant les biens mobiliers (voiture, meubles et autres objets), le concubin pouvant produire une facture à son nom sera considéré comme propriétaire.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, si la facture a valeur de preuve pour les biens mobiliers, le titre de propriété d’un immeuble détenu en indivision ne constitue, lui, qu’une simple présomption de propriété.
Logement, un sujet qui divise
"Si l’acte notarié déclare que vous achetez avec votre concubin à 50/50, vous êtes propriétaire de la moitié du bien… jusqu’à preuve du contraire, prévient Me Tombois. Le concubin qui a payé plus que l’autre peut demander à être remboursé de sa quote-part réelle dans le financement."
Attention aux relevés de comptes
Cas classique : après séparation du couple, le logement est vendu en vue d’effectuer un partage des fonds. C’est alors qu’un des deux concubins prouve devant le tribunal, au moyen de ses relevés de compte, qu’il a assuré seul le remboursement des mensualités du crédit immobilier. Et se revendique donc comme propriétaire de l’intégralité du logement, en dépit d’un acte notarié indiquant que l’achat s’est fait en indivision à parts égales. L’autre concubin argue alors qu’il s’agissait d’un accord dans la gestion du budget du couple : l’un réglait les mensualités du crédit pendant que l’autre payait les impôts et d’autres charges. Mais les tribunaux restent sourds à un tel argument.
La jurisprudence a tranché
En l’absence de contrat passé entre eux, les concubins n’ayant aucune obligation quant à leur participation relative aux dépenses du ménage, le concubin s’estimant lésé ne peut revendiquer aucune créance sur son ancien compagnon. Le logement appartient à celui qui l’a payé, lequel ne doit rien à l’autre au regard des dépenses communes !
Un principe confirmé par la Cour de cassation (1er juillet 2003, première chambre civile, pourvoi n° 00-20.305). "La seule possibilité serait pour le concubin lésé de prouver que l’autre avait l’intention de donner une part du bien qu’il finançait", poursuit Me Tombois. Une preuve difficile à apporter. "Par prudence, il est donc impératif pour l’achat d’un bien que chacun s’attache à le rembourser à hauteur de son pourcentage dans l’indivision", conseille Me Ganier-Raymond. Les bons comptes font les bons concubins.
Vos réactions (3)
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mercredi 27 août 2008 / gets_73
je suis fraichement séparé mais nous possédions 2 maisons en50/50 nous allons en vendre une mais je sais conservée l'autre
comment cela se passe pour celle que je garde? -
mercredi 10 septembre 2008 / jipi37
Bonjour,
ma concubine veut me jeter sans délai de la maison que je paie depuis 11 ans chaque mois, les relevés bancaires pouvant le prouver... cette maison a été mise à son nom en 1997 alors que nous nous étions promis le mariage aussitôt que je serais divorcé... ce qui est le cas actuellement... je l'ai demandée en mariage il y a qlq années mais elle a refusé... aujourd'hui elle veut me faire expulser sur de vagues prétextes cachant la réelle lassitude de notre couple... ne travaillant pas, elle ne peut prouver aucun salaire depuis 18 ans de vie commune,j'assume depuis toujours la totalité des rentrées d'argent et des paiements... il m'apparaît juste de réclamer ma part sur cette maison, d'une valeur approximative de 300.000 euros... bien que propriétaire, elle devrait me concéder le remboursement de mon investissement... ai-je raison ?
cordialement,
jph -
vendredi 14 novembre 2008 / kéké
ou veux tu qu'elle les trouve tes 300 000 euros?
sous son lit?
