Famille
Dossier :
Divorce, mode d'emploi
Sommaire du dossier :
- Prestation compensatoire : quelles sont les règles
- Comment modifier la pension alimentaire ?
- Les quatre procédures de divorce
- La séparation de corps : un quasi-divorce
- Combien coûte un divorce ?
- Divorce : quelles conséquences sur la famille ?
- Changer le mode de garde des enfants, c'est possible
- Fixer le montant de la prestation compensatoire
- Divorce : le sort du patrimoine
- Que devient le logement familial pendant le divorce ?
- Couples internationaux : des séparations complexes
- La pension alimentaire et la prestation compensatoire
- Séparation : quelle organisation pour les enfants ?
- Divorce : une procédure simplifiée
- Les incidences financières de la garde alternée
- La thérapie de couple est-elle efficace ?
- Régler ses comptes après une séparation
- Union libre : les conséquences de la séparation
- Quand la rupture du couple fait fuir les amis
Pour aller plus loin
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La rupture du Pacs
- Publié le lundi 15 février 2010
La rupture du pacte civil de solidarité (Pacs) se fait par simple déclaration au tribunal d'instance où il a été déposé.
Sommaire de l'article : page 1 / 8
La dissolution du contrat de Pacs en cas de marriage
Si le couple pacsé se marie, la dissolution est automatique. L’officier d’état civil qui enregistre le mariage en informera le greffe où la convention de Pacs a été enregistrée. Celui-ci actera la dissolution et en informera les partenaires et le service d’état civil de la mairie de leur lieu de naissance.
Car le Pacs est dissout également par le mariage d’un partenaire avec une autre personne… éventuellement à l’insu de l’autre partenaire qui n’en sera informé qu’ultérieurement, par le greffe.
Si le couple pacsé se marie, la dissolution est automatique. L’officier d’état civil qui enregistre le mariage en informera le greffe où la convention de Pacs a été enregistrée. Celui-ci actera la dissolution et en informera les partenaires et le service d’état civil de la mairie de leur lieu de naissance.
Car le Pacs est dissout également par le mariage d’un partenaire avec une autre personne… éventuellement à l’insu de l’autre partenaire qui n’en sera informé qu’ultérieurement, par le greffe.
Rompre un Pacs en cas de séparation
Les deux partenaires peuvent par ailleurs dissoudre le Pacs par une démarche expresse, en particulier s’ils décident de mettre fin à leur vie commune, en envoyant ou remettant une déclaration conjointe à cette fin au greffe du tribunal qui a enregistré leur convention.
Un partenaire a aussi le droit de mettre seul fin au Pacs. Il doit alors le signifier à l’autre partenaire, par huissier, avec envoi ou remise au greffe d’une copie de cette signification.
Les conséquences pour le patrimoine
Ces procédures minimalistes ne prennent aucunement en compte les implications patrimoniales ou familiales de la dissolution d’un Pacs, contrairement aux procédures de divorce.
Que la dissolution soit conjointe ou unilatérale, un partenaire ne peut en faire grief à l’autre. "Il peut seulement, indique Me Elodie Mulon, avocate à Paris spécialisée en droit de la famille, demander des dommages et intérêts au titre de circonstances particulières de la rupture, par exemple sa brutalité ou sa soudaineté."
"Toutefois, complète Me Anglars, les tribunaux tiendront compte, pour apprécier cet aspect, d’éléments tels que la durée de la relation entre les partenaires, l’âge du partenaire délaissé ou son état de santé."
Les enfants, la pension alimentaire, la prestation compensatoire
Concernant les enfants communs du couple, la fin du Pacs n’a en soi aucune incidence, mais comme tout couple qui se sépare, il devra régler les questions de droit de garde et de résidence, de pension alimentaire, etc.
La loi "de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures" (12 mai 2009) a étendu les compétences du juge aux affaires familiales (JAF) à la fixation de la contribution aux charges du ménage ainsi qu’à la liquidation et au partage des intérêts entre partenaires de Pacs.
Auparavant, ces questions relevaient du juge de grande instance, le JAF tranchant celles relatives aux enfants du couple (autorité parentale, résidence, pensions alimentaires…). Ce qui pouvait imposer, en cas de rupture conflictuelle, deux procédures distinctes. Dorénavant, le JAF sera l’interlocuteur unique.
Toutefois, cette compétence élargie ne concerne que les instances engagées depuis le 1er janvier 2010 (c’est la date de l’assignation qui compte), et les demandes de dommages et intérêts relatives aux circonstances de la rupture restent du ressort du tribunal de grande instance.
Apurer les dettes entre Pacsés
Par ailleurs, la fin du Pacs justifie d’apurer les éventuelles dettes et créances nées entre les partenaires.
Si par exemple un partenaire n’a pas contribué aux charges du ménage à hauteur de ses capacités, il est redevable vis-à-vis de l’autre ; évaluer précisément cette dette est néanmoins difficile.Un partenaire a une créance sur l’autre s’il a accru ou enrichi son patrimoine, par exemple en apportant bénévolement son concours à son entreprise, ou en réglant à sa place des échéances d’un prêt dont l’un et l’autre étaient co-emprunteurs.
"Afin d’apaiser le règlement de telles créances, conseille Me Mulon, il est opportun de stipuler par avance dans la convention de Pacs si elles seront retenues pour leur montant nominal, ou réévaluées en fonction de la valeur prise par le bien au moment de la rupture."
Liquider l'indivision après le Pacs
La dissolution du Pacs ne met pas fin à l’indivision instaurée entre les partenaires par leur convention ou parce qu’ils ont acquis ensemble des biens.
Si le couple se marie, sans contrat (communauté réduite aux acquêts), explique Me Patrice Bonduelle, "il détiendra trois catégories de biens : les biens que chaque conjoint possédait personnellement avant le mariage, qui restent ses biens propres ; les biens en indivision, qui sont aussi des biens propres de chaque conjoint pour sa part d’indivision ; et enfin les biens acquis après le mariage, qui constitueront des biens communs. Les époux peuvent aussi supprimer l’indivision, en établissant un contrat de mariage par lequel ils apporteront ces biens à la communauté."
Cela, notamment pour des raisons successorales dans certains cas. Autre option, liquider l’indivision, en partageant les biens entre les époux.Si les partenaires ne se marient pas mais au contraire rompent, la liquidation s’impose. "Or, déplore Me Mulon, beaucoup d’ex-pacsés ne semblent pas y procéder, avec le risque de situations inextricables si l’un ou l’autre conclut un nouveau pacs ou un mariage." Le partage implique la répartition des biens entre les partenaires au prorata de la part de chacun dans l’indivision. Les biens qui ne peuvent être répartis seront vendus et leur prix sera partagé, à moins qu’un partenaire rachète à l’autre ses parts, par exemple pour garder seul le logement acheté en commun.
Dissolution du Pacs en cas de décès
Le Pacs prend fin par le décès d’un des partenaires. La déclaration de décès sera transmise par les services de l’état civil au greffe qui a enregistré la convention, pour qu’il acte sa dissolution et en informe l’état civil du partenaire survivant.
Point essentiel, en l’absence de dispositions prises par le défunt, son patrimoine sera dévolu à ses héritiers légaux, enfants, ou à défaut aux ascendants, frères et sœurs… et non au partenaire survivant (qui n’a pas non plus droit à une pension de réversion, rappelons-le).
Le cas échéant, il conservera évidemment sa part de biens indivis, logement du couple ou autres, mais il se trouvera désormais en indivision avec les héritiers de son partenaire, situation inconfortable s’il s’agit d’enfants d’une autre union, de parents ou de frères et sœurs.
Rédiger un testament dès la signature du Pacs
"Mon premier conseil aux futurs pacsés est de rédiger un testament en même temps que leur convention, indique Gladys Adolph. Chacun fixe ainsi quelle part de son patrimoine ou quels biens précis il veut léguer à son partenaire." Ce testament pourra bien sûr être ensuite modifié ou révoqué, notamment en cas de rupture.
"La seule contrainte, poursuit-elle, est de ne pas dépasser la quotité disponible", c'est-à-dire la partie du patrimoine qu’on peut librement léguer si on a des enfants. Elle représente la moitié du patrimoine avec un enfant, le tiers avec deux, le quart au-delà, mais il existe diverses façons, avec les conseils d’un notaire, de concilier cette limite et la protection du partenaire survivant.
Il ne faut pas oublier non plus l’assurance vie, les capitaux transmis par ce biais demeurant hors succession.
Enfin, la loi fiscale est favorable aux pacsés : les successions entre eux sont totalement exonérées de droits, à condition d’avoir été prévue de leur vivant.
