Construire une maison en bois

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Construire une maison en bois

Le bois s’invite de plus en plus dans la maison. Sa mise en œuvre rapide et ses qualités d’isolation lui ouvrent les portes de nos demeures. Seul son prix reste un frein.

De nombreux Français se laissent gagner par l’attrait du bois. Depuis quelques années, bien que restant encore marginale, sa part dans la construction augmente régulièrement. « Pour adjoindre une suite parentale à notre maison, nous devions construire une extension, explique Jean-Bernard Cazaumayou, qui vit en région parisienne, mais nous ne voulions surtout pas créer une “verrue architecturale”. Nous avons choisi le pin pour le contraste qu’il crée avec le reste du bâtiment, mais aussi parce que c’est un matériau naturel, chaleureux, qui respire et qui vieillit bien. »

Cet engouement s’expliquerait, selon Bertrand Perri, du cabinet Xerfi, auteur d’une étude sur « Le marché français des maisons en bois à l’horizon 2015 », par « une sensibilité accrue à la cause environnementale et une réglementation de plus en plus favorable aux logements économes en énergie », un atout dont peut se prévaloir le bois. 

« Depuis quatre ans, nous constatons une augmentation des demandes, confirme Maïté Aso, du bureau d’études aquitain Confort bois. Le grand public s’y intéresse de plus en plus. » La première motivation de ses clients est la préservation de l’environnement. Grâce à la photosynthèse, les forêts absorbent une grande quantité de CO2 et cette capacité de stockage ne cesse pas une fois l’arbre coupé. On estime ainsi qu’un mètre cube de bois stocke une tonne de carbone.

Maison en bois : des qualités d’isolation

« L’autre intérêt, c’est l’efficacité énergétique », poursuit Maïté Aso. Car le bois est quinze fois plus isolant que le béton et certains procédés de construction, comme les panneaux de bois massifs, permettent d’éviter les ponts thermiques. On peut réaliser 20 à 30 % d’économies de chauffage par rapport à une construction maçonnée, estime le Comité national pour le développement du bois (CNDB). Avantage supplémentaire, la légèreté du bois permet d’édifier des bâtiments sur des terrains qui n’auraient pas supporté une construction traditionnelle.

Enfin, les chantiers sont souvent plus rapides, car le gros œuvre ne nécessite pas de séchage et certains éléments peuvent être préfabriqués en usine avant d’être montés sur le chantier. Étienne Mégard, architecte à l’origine d’un immeuble de trois niveaux dans le XIXe arrondissement de Paris, se souvient de la surprise des voisins : « Nous montions un niveau par semaine ; en un mois, le gros œuvre était terminé et un bâtiment de bois se tenait en face de chez eux. Plutôt inhabituel ! »

illustration Expert
Ces qualités ne doivent pas masquer les difficultés liées à la mise en œuvre du bois, à commencer par la crainte d’une infestation de termites. Mais depuis 2006, quel que soit le matériau choisi, la loi oblige à appliquer un traitement insecticide ou une barrière physique en zone de lutte contre les termites, définie par arrêté préfectoral. Autre inquiétude liée au bois : le feu. « Elle est totalement injustifiée, corrige Maïté Aso. Le bois se consume très lentement et reste en place alors qu’une structure en acier va se déformer et s’effondrer. »

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