Mettre sa voiture à la casse dans les règles

Mettre sa voiture à la casse dans les règles

Considérées comme des déchets dangereux, les voitures hors d’usage ne doivent pas être abandonnées n’importe où. Seuls les professionnels agréés peuvent les recycler. La destruction d’une épave est gratuite.

Le parc automobile français vieillit de façon inéluctable. Chaque année en France, environ 1,5 million de véhicules sont jugés par leur propriétaire impropres à la circulation et invendables en l’état. Et comme toutes les voitures ne finissent pas comme pièces de collection, reste alors le problème du devenir d’un objet qui ne peut ni rester sur la voie publique ni être abandonné n’importe où.

Des formalités à remplir

Lorsque vous confiez votre véhicule à un démolisseur ou à un broyeur agréé, celui-ci vous remet un récépissé de prise en charge pour destruction (Cerfa n° 12514*01) et en envoie un exemplaire à la préfecture. C’est ce document qui atteste que vous vous êtes débarrassé de votre véhicule conformément à la loi.

A détruire par un professionnel agréé

Lorsque votre voiture hors d’usage est effectivement détruite par un professionnel agréé, celui-ci transmet à la préfecture un certificat de destruction. La préfecture peut alors annuler l’immatriculation de votre véhicule et vous n’êtes plus considéré comme le propriétaire. Seuls les démolisseurs ou les broyeurs agréés sont autorisés à transmettre la carte grise de votre véhicule à la préfecture pour annulation.

La destruction d’un véhicule hors d’usage est gratuite à condition de remettre un véhicule complet, c’est-à-dire non dépourvu de ses composants essentiels, notamment de son moteur, son pot catalytique… Si c’est une épave qui ne roule plus, vous devrez payer le remorquage jusque chez le démolisseur (environ 50 €).

Considérés comme des déchets dangereux

Depuis fin 2003, les véhicules hors d’usage (voitures particulières, camionnettes et cyclomoteurs à trois roues) sont considérés comme des déchets dangereux parce qu’ils contiennent des éléments liquides et solides classés eux-mêmes dans cette catégorie : huiles, filtres à huile, liquides de frein et de refroidissement, fluides de climatisation…

Les épaves doivent donc être détruites par des professionnels agréés (art. R. 322-9 du Code de l’environnement). À défaut, vous risquez jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (art. L. 541-46 du Code de l’environnement). La liste des 1 300 professionnels agréés est disponible dans chaque préfecture ou sur www.recyclermavoiture.com.

Évitez les casses sauvages. Méfiez-vous, elles pullulent. Si vous confiez votre épave à un démolisseur non agréé, votre responsabilité pourra être engagée en cas de pollution des sols.

Dépollution et recyclage

Lors de la dépollution du véhicule, le professionnel agréé sépare les différents éléments et les traite conformément à la réglementation. Depuis le 1er janvier 2006, la filière doit valoriser 85 % du poids du véhicule, et ce ratio passera à 95 % au 1er janvier 2015.

Certaines pièces de votre véhicule, en bon état de fonctionnement, sont récupérées, triées, vérifiées avant d’être réutilisées (moteurs, portières, phares…). Votre véhicule est ensuite broyé afin de séparer les différentes matières qui le composent. Triées, elles pourront être employées à la fabrication d’autres produits.