Auto-école : comment la choisir ?

Batch operation process

Près d’un candidat sur deux commence par rater son permis de conduire ! L’auto‑école et le type de formation sont déterminants pour mettre toutes les chances de son côté. Et obtenir le permis sans se ruiner.

Incontournable pour acquérir son autonomie ou accéder à certains emplois, le permis de conduire est l’examen que les Français passent le plus, même devant le baccalauréat. Chaque année, environ 1,5 million de candidats se présentent à l’épreuve, dont près de 1 320 000 au permis B (voiture), en passant par l’une 11 000 auto-écoles agréées en France. Mais tous ne réussissent pas, loin s’en faut. En 2009, 745 898 permis B ont été délivrés, soit un taux de réussite de 56,57 % seulement.

Choisir une auto-école agréée

Des chiffres qui incitent à se montrer prudent quant au choix de l’école et de la formule, surtout quand on sait que le coût de cette formation atteint environ 1 200 €… Après avoir vérifié que l’auto-école dispose bien de l’agrément (obligatoire depuis 1991), plusieurs critères vous aideront à choisir votre établissement : l’affichage des prix (obligatoire), le taux de réussite à l’examen pratique, l’appartenance à un réseau et l’adhésion à une garantie financière. Le bouche-à-oreille vous permettra de compléter votre opinion.

Pour obtenir l’agrément, valable cinq ans, les exploitants d’une auto-école doivent justifier de deux années d’enseignement de la conduite, d’un casier judiciaire vierge, et leurs employés doivent avoir obtenu le diplôme de moniteur après une année de formation. « Désormais mieux encadrée par ces règles, la profession s’est assainie : en 1991, plus de 2 000 agréments d’auto-écoles ont été refusés », constate Philippe ­Malpièce, secrétaire général des écoles de conduite du Conseil national des professions automobiles (CNPA).

Vérifier le taux de réussite de l'auto-école

Vous pouvez vérifier le sérieux d’une auto-école en demandant ses taux de réussite au code et à la conduite. Si elle rechigne à les produire ou s’ils paraissent mirifiques, vous pouvez les obtenir ou les vérifier auprès de la Préfecture (service des auto-écoles) à condition de vous munir du numéro d’agrément de l’école affiché en boutique ou figurant dans la documentation remise aux futurs élèves.

Pour se faire une idée, le mieux est de relever les taux de réussite d’un même secteur. Par ailleurs, les auto-écoles fédérées en réseaux, comme le Centre d’éducation routière (CER) ou l’École de conduite française (ECF), obéissent à une charte de qualité qui prévoit, entre autres, une formation continue de leurs adhérents. Cependant, même affilié à une enseigne, chaque établissement reste juridiquement indépendant et pratique sa propre politique commerciale.

Les auto-écoles ne sont pas obligées de souscrire une garantie financière permettant une indemnisation des candidats, en cas de faillite, par exemple. Aussi, à ­l’exception des auto-écoles conventionnées « permis à un euro par jour », qui y sont obligées, peu d’établissements souscrivent une telle garantie. Résultat : il est prudent d’opter pour un paiement en plusieurs fois ou échelonné.

Auto-écoles : comparer les prix

Si le permis est bien un examen public national, chaque auto-école établit librement ses tarifs. Avant de vous engager, il faut donc les comparer. Les prix doivent être obligatoirement affichés en vitrine et figurent dans la documentation remise avant votre inscription. Le prix de l’heure de conduite varie de 35 € en province à plus de 50 € à Paris ou dans certaines grandes villes.

La plupart des auto-écoles proposent des forfaits tout compris, souvent payables en trois fois. Par exemple, un forfait de base facturé 1 000 à 1 200 € et comprenant des cours théoriques de code (en général de simples tests), 20 heures de cours de conduite, le minimum imposé par les pouvoirs publics, et parfois les frais de présentation aux examens et les documents pédagogiques.

Renseignez-vous très précisément sur le contenu du forfait, ce dernier n’étant pas toujours intéressant : en moyenne, les élèves suivent plutôt 33 heures de conduite que 20, avant d’être présentés au permis. Or, toute leçon complémentaire est facturée en plus au taux horaire. Ainsi un forfait « conduite » à prix bas sera compensé par la surfacturation d’autres prestations : heures de conduite supplémentaires, frais de présentations aux examens, etc.

Code et conduite : ce qui est inclus dans le forfait

Par ailleurs, avant tout engagement de votre part, la réglementation impose à l’auto-école d’effectuer une évaluation du niveau du candidat. Elle sert à fixer le volume prévisionnel de formation théorique et pratique. Cette évaluation peut être incluse dans le forfait, ou facturée en plus, environ 30 €. Toute clause prévoyant que le contrat devient définitif avant la phase d’évaluation est déclarée abusive par la Commission des clauses abusives.

Ensuite, l’auto-école doit vous remettre un contrat (que vous signerez), un livret d’apprentissage (que vous remplirez leçon après leçon) et une fiche de suivi de formation.

Étant donné le faible taux de réussite au permis, n’oubliez pas de prendre note du montant des frais facturés, le cas échéant, pour le passage de chaque examen supplémentaire, soit de 70 € à 120 € pour le code et de 120 € à 200 € pour la conduite.

Vérifiez aussi le coût du transfert de dossier si vous envisagez de déménager en cours d’apprentissage, ainsi que le montant du matériel pédagogique pour le code (livres, DVD) s’il n’est pas inclus dans le forfait.

Choix d'une auto-école : les 7 points à vérifier

Les conseils de Patricia Foucher, juriste à l’Institut national de la consommation (INC)

1. Méfiez-vous des prix d’appel de certains forfaits (800 €, par exemple), qui peuvent cacher des frais annexes non inclus.
2. Évitez les établissements qui proposent des cours de conduite sur simulateur ou sur piste.
3. Vérifiez vos disponibilités par rapport à celles de l’auto-école : les plages horaires des cours théoriques comme celles des cours pratiques.
4. Choisissez une auto-école qui vous permet de doper votre apprentissage à l’approche de l’examen : des heures trop étalées dans le temps seront moins efficaces que plusieurs cours par semaine.
5. Contrôlez la durée de validité des forfaits : elle peut être de six, huit ou douze mois.
6. Demandez si c’est un enseignant qui donne la formation théorique ou s’il s’agit juste de passer des tests.
7. Renseignez-vous sur les délais de présentation à l’examen. 

Conduite accompagnée ou supervisée ?

Pour alléger la facture, vous pouvez opter pour la conduite encadrée : soit la conduite accompagnée, appelée officiellement « apprentissage anticipé de la conduite », proposée aux jeunes à partir de 16 ans (mais que toute personne peut choisir depuis le printemps 2010), soit la conduite supervisée, accessible dès 18 ans.

Dans les deux cas, l’apprentissage se compose de deux périodes, suivies de la présentation du candidat à l’épreuve de conduite : une formation initiale dans une auto-école (évaluation et 20 heures de conduite minimum, dont 15 heures sur routes ouvertes à la circulation) et une période de conduite accompagnée réalisée aux côtés d’un proche, titulaire du permis B depuis au moins cinq ans (sans avoir commis d’infraction grave) et ayant obtenu l’accord écrit de sa société d’assurances.

• La conduite accompagnée : le candidat doit parcourir au moins 3 000 km et se rendre avec son accompagnateur à deux rendez-vous pédagogiques : le premier au bout de quatre à six mois de conduite, le second au terme des 3 000 km. Forte d’un taux de réussite de 69,9 % en 2009, la conduite accompagnée est largement proposée par les auto-écoles. Les forfaits « code et 20 heures de conduite » sont facturés 1 200 à 1 500 €. Ils sont un peu plus chers que les forfaits classiques, du fait des rendez-vous pédagogiques obligatoires en cours de formation. Par ailleurs, la durée probatoire du permis est réduite (deux ans au lieu de trois) et les primes d’assurances sont moins élevées (réduction de moitié de la surprime).

• La conduite supervisée : cette formation s’adresse aux candidats qui n’ont pas les moyens de payer de nombreuses heures de conduite ou de repasser l’épreuve pratique. À l’issue d’un premier rendez-vous pédagogique en présence du candidat et de l’accompagnateur, l’élève doit parcourir au moins 1 000 km sur trois mois minimum, avant de pouvoir se présenter à l’examen pratique.
Attention, la durée du permis probatoire reste de trois ans, et le tarif préférentiel sur l’assurance ne s’applique pas. De plus, cette formule est encore peu proposée par les auto-écoles, qui préfèrent garder leurs élèves en formation.

Un permis de conduire en candidat libre 

Légalement, aucun candidat n’est obligé de s’adresser à une auto-école pour se présenter à l’examen du permis de conduire. Cependant,
la mise en œuvre est complexe : vous devez suivre un apprentissage dans une voiture à double commande (frein et embrayage) et munie de deux rétroviseurs intérieurs (20 €/h la location), aux côtés d’un accompagnateur titulaire du permis B depuis au moins cinq ans et ayant suivi 7 heures de formation spécifique (coût entre 300 et 400 €).

L’inscription à l’examen s’effectue auprès de la Préfecture, qui vous convoque directement. Le jour de l’examen, vous devez vous présenter avec votre accompagnateur certifié et une voiture à double commande. Sachant que les places à l’examen sont accessibles en priorité aux candidats présentés par les auto-écoles, passer son permis en candidat libre reste difficile. 

Le permis à 1 euro par jour pour les 16-25 ans

Tous les apprentis conducteurs d’une voiture ou d’une moto (permis B ou A), âgés de 16 à 25 ans, peuvent bénéficier du permis à 1 € par jour. Les auto-écoles arborant le logo « Permis à un euro par jour » proposent une banque partenaire, qui octroie au candidat (ou à ses parents s’il a moins de 18 ans) un prêt de 600 €, 800 €, 1 000 € ou 1 200 €, à taux zéro et sans frais de dossier. Les remboursements - environ 30 € mensuels - s’étalent sur 20 à 40 mois selon la somme empruntée. En cas de nécessité, l’État peut prendre en charge le cautionnement du crédit : s’adresser à la Mission locale la plus proche ou directement auprès de la Caisse des dépôts. Renseignements sur : www.permisauneuroparjour.fr ou au 39 39 (coût d’un appel local depuis un poste fixe).