Déchiffrer les coquilles d'oeuf

Loisirs
L'emballage et le marquage des oeufs sont très réglementés en France. - © Sergeyryzhov

Les lettres et chiffres inscrits sur les coquilles d'œuf renseignent sur leur mode de production : pays d’origine, type d’élevage… Voici comment décrypter ces mentions.

L’utilisation frauduleuse de fipronil, insecticide dont l'usage sur les animaux destinés à l’alimentation humaine est interdit en Europe, dans certains élevages de poules en Belgique et au Pays-Bas, a conduit à la contamination d’œufs produits dans ces pays.Voici la liste de produits retirés du marché par la DGCCRF depuis le 18 août 2017.

L'oeuf, un produit réglementé

L’œuf est l’un des produits d’origine animale les plus réglementés : le mode d’élevage des poules pondeuses est encadré depuis 1999 par une directive européenne, et les normes de commercialisation des œufs sont standardisées depuis 2004. Enfin, la France est le premier producteur européen, et nous sommes parmi les plus grands consommateurs.

Les emballages des œufs comportent des mentions obligatoires, notamment :

  • La Date de Consommation Recommandée (DCR) ;
  • Le numéro du centre d’emballage ;
  • Le calibre de l’œuf ;
  • Le mode d’élevage ;
  • La catégorie, symbolisée par la lettre A pour les œufs vendus aux consommateurs.

Un code pour chaque mode d’élevage

"1FRABT01"… Qui n’a pas remarqué ces chiffres et lettres qui figurent obligatoirement sur la coquille de l’œuf ?

Le tout premier chiffre, qui peut être le code 3, 2, 1 ou 0, précise le mode d’élevage. Les deux premières lettres indiquent le pays de production (FR pour France), les trois lettres et les chiffres qui suivent permettent d’identifier le producteur et le bâtiment de ponte.

Le code 3 : des conditions exécrables pour les poules

Le code 3 signifie "œufs de poules élevées en cage". En France, 81 % des poules pondeuses, soit environ 37 millions, vivent en cage dans des élevages intensifs, appelés aussi "batteries". Leurs œufs constituent la majorité de ceux que nous consommons ou qui sont utilisés dans les aliments élaborés (pâtes, mayonnaises…).

Dans ces élevages, les poules, éclairées à la lumière artificielle, disposent d’un espace vital réduit, en groupe de 20 à 60. Elles vivent sur du grillage souple et en pente pour que les œufs roulent sans se briser. Depuis 2012, les cages disposent d’un perchoir, d’un nid et d’une litière. Leur alimentation n’est pas réglementée.

Le code 2 : l'alimentation n'est pas réglementée

Le code 2 correspond aux "œufs de poules élevées au sol". Élevées dans les mêmes conditions de confinement que pour le code 1, elles vivent "en liberté" sur le sol et ont un peu plus d’espace : neuf poules par mètre carré. La taille du cheptel n’est pas limitée et l’alimentation n’est pas réglementée.

Le code 1 : des poules en plein air

Le code 1 s’applique aux "œufs de poules élevées en plein air" : les volailles ont accès à un espace extérieur de 4 m2 minimum par poule. Dans les bâtiments, elles doivent être neuf au plus par mètre carré. La taille du cheptel n’est pas limitée, et l’alimentation n’est pas encadrée.

Les œufs portant le label Rouge, spécifique à la France (code 1), respectent un cahier des charges plus exigeant : 5 m2 par poule en extérieur, neuf poules par mètre carré à l’intérieur, cheptel limité à 6 000 volailles par bâtiment, alimentation 100 % végétale, minérale et vitaminée.

Le code 0 : en mode bio

Le code 0 concerne les "œufs de poules élevées en plein air en mode biologique". C’est le mode d’élevage le plus respectueux de l’animal : six poules par mètre carré pour un maximum de 3 000 volailles par bâtiment, parcours extérieur aménagé avec 4 m2 par poule.

L’alimentation doit provenir à 90 % de l’agriculture biologique. De ce fait, ces œufs sont deux fois plus chers que les œufs codés 3…

A chaque calibre, une lettre

Les œufs sont classés selon leur poids. Il existe 4 calibres différents identifiés par des lettres :

  • S : pour les petits œufs de moins de 53 g ;
  • M : pour les œufs moyens, entre 53 et 63 g ;
  • L : pour les gros œufs, entre 63 et 73 g ;
  • XL : pour les très gros œufs, plus de 73 g.

C'est quoi, un oeuf frais ?

Les œufs vendus aux consommateurs peuvent être frais ou extra-frais :

  • La mention « frais » signifie que l’œuf peut être consommé jusqu’à 28 jours après la ponte ;
  • La mention « extra-frais » ou « extra » précise que l'oeuf doit être consommer au plus tard 9 jours après la date de ponte. Sur ces boîtes sont donc précisées la date de ponte et la date limite de 9 jours.

Attention aux tromperies !

La réglementation sur l’étiquetage impose la mention sur l’emballage de ces chiffres et de leur explication "de façon lisible et visible".

"Pourtant, les producteurs jouent au chat et à la souris : souvent indéchiffrables et cachées sur le côté de l’emballage, ces mentions sont parfois agrémentées d’un joli paysage champêtre ou d’une dénomination franchement fantaisiste, remarque Johanne Mielcarek, de la Protection mondiale des animaux de ferme. Les annotations comme "œufs frais de nos campagnes", "œufs de ferme" ou "gros œufs coque extra-frais" ne renseignent pas sur le mode d’élevage."

Bien vérifier l'emballage

Ainsi, les œufs "frais" le sont tous ! Quel que soit l’élevage, ils sont frais jusqu’à vingt-huit jours après leur ponte et doivent être retirés des rayons après le vingt et unième jour. Sur l’emballage, la mention "extra" ou "extra-frais" ne peut être utilisée que jusqu’à neuf jours après la ponte.

Dans ce cas, doivent également figurer sur l’emballage la date du jour de ponte (DJP) et la date limite de neuf jours.

Sur un marché, les œufs vendus en vrac dans un joli panier d’osier doivent aussi être marqués. Car ils peuvent hélas avoir été achetés à un grossiste : vérifiez que le chiffre 1 est bien inscrit sur la coquille.

Une affichette doit indiquer la catégorie de qualité et de poids, le mode d’élevage, l’explication du code et la date de durabilité minimale. Seule dérogation à l’obligation de codage : les œufs vendus directement à la ferme.