Comment diminuer sa facture de chauffage électrique ?

Comment diminuer sa facture de chauffage électrique ?

9,5 millions de logements sur 28 millions sont chauffés à l'électricité. Comme les autres énergies, celle-ci va coûter de plus en plus cher. Six conseils pour faire des économies.

1. Isoler les combles et les murs

Avant de chercher à améliorer l’installation de chauffage de votre logement, surtout en maison individuelle,

vérifiez si l’isolation thermique ne pourrait pas l’être », conseille Florence Clément, chargée de l’information grand public à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Car c’est là que résident les plus grands gisements d’économies, avec l’isolation des combles et des murs notamment. En revanche, le remplacement des fenêtres coûte environ 1 000 € pièce et ne réduit pas significativement les déperditions. Il améliore néanmoins le confort en diminuant l’effet de « paroi froide », provoquant cette sensation d’avoir plus froid avec de l’air à 20 °C et des parois à 14 °C qu’avec de l’air et des parois à 18 °C.

Pour ­hiérarchiser les travaux à envisager, en particulier en fonction de votre budget, vous pouvez, par exemple, consulter gratuitement un conseiller dans un Espace info énergie.

2. Installer une régulation performante

Il est désormais possible de programmer chaque appareil de chauffage à la minute et au degré près, à partir d’une centrale de programmation qui pilotera à distance tous les appareils de votre logement.

Avec un tel équipement, la Fédération française du bâtiment (FFB) évalue l’économie possible de 19 à 24 kilowattheures par mètre carré par an (kWh/m2/an), en maison individuelle, et de 11 à 13 kWh/m2/an, en appartement.

Les appareils récents, notamment ceux labellisés NF Électricité Performance et classés en catégorie C, obéissent à plusieurs ordres de marche :

  • confort (température normale)
  • éco (température réduite)
  • hors-gel et arrêt complet, plus éventuellement confort − 1 °C et confort − 2 °C.

S’y ajoutent parfois des ordres spécifiques à certains modèles, tels que coupure auto­matique si une fenêtre de la pièce est ouverte. La transmission des ordres s’effectue par un fil électrique dédié, dit « fil pilote », ou par ondes radio avec un récepteur sur chaque appareil.

Une régulation complète et performante coûte de 500 à 1 000 € », estime Laurent Roudet, responsable du pôle technique du réseau Habitat & Développement, à Grenoble (Isère).

Plus, le cas échéant, de 50 à 70 € par récepteur.

3. Remplacer les appareils de chauffage

Les appareils anciens ne permettent pas un pilotage aussi fin. Ils ont en général un thermostat peu précis – la marque NF exige qu’ils le soient au demi-degré près –, ce qui peut justifier de les changer.

« Même sur un appareil plus récent, le thermostat commence à vieillir à partir de cinq ans, avertit Laurent Roudet. Il régulera la température de façon de plus en plus imprécise, voire plus du tout, sans que vous vous en aperceviez, car l’appareil continuera néanmoins à chauffer, une résistance électrique étant quasi éternelle. »

Remplacer vos appareils permettra aussi d’améliorer votre confort, surtout si votre installation est constituée de convecteurs qui chauffent directement l’air, provoquant des écarts de température, notamment entre le haut et le bas de la pièce.

Une chaleur plus stable et homogène sera obtenue avec des appareils de type « rayonnant » ou « à inertie », ces derniers étant assez proches des radiateurs de chauffage central. Ils diffusent en partie la chaleur par rayons infrarouges, qui ne chauffent pas l’air mais les objets et personnes se trouvant dans la pièce. Ainsi, un radiateur à inertie chauffera à 20 % l’air et à 80 % les objets et personnes, contre respectivement 70 et 30 % pour les rayonnants.

Cependant, ces appareils chauffent moins rapidement une pièce qu’un convecteur et, surtout, ils sont plus chers. Comptez un minimum de 70 € pour un panneau ­rayonnant et de 120 € pour un modèle à inertie.
Mais ils ne sont pas indispensables partout : ­l’exigence de confort est plus grande dans les pièces où l’on vit que dans une chambre, où un simple convecteur peut suffire.

4. Évaluer les économies probables

Installer des appareils qui accroissent votre confort diminuera votre besoin de chauffage, donc votre consommation. Selon la FFB, cette baisse est de 15 à 35 kWh/m2/an, en maison individuelle, et de 8 à 17 kWh/m2/an, en appartement. Le guide des Travaux de la rénovation thermique de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat fait état de 6 % d’économie et d’un temps de retour sur investissement de l’ordre de neuf ans sur la base d’un coût de remplacement des appareils de 1 500 à 2 000 €.

En revanche, insiste Laurent Roudet,

quelle que soit la façon dont ils diffusent la chaleur, tous les appareils de chauffage électrique consomment la même quantité d’électricité pour produire la même quantité de chaleur".

Aucun n’a un meilleur rendement qu’un autre. N’accordez donc aucun crédit aux publicités ou aux démarcheurs prétendant que certains modèles ou procédés (chauffage par ionisation, prétendus ­accumulateurs de ­chaleur…) consomment de 30 à 50 % d’électricité de moins que d’autres. Ces promesses fallacieuses ne visent qu’à vous vendre à prix d’or des appareils pas meilleurs, voire plus mauvais que d’autres.

5. Utiliser correctement son installation

Bien se conformer à un mode d’emploi, telle est la condition pour concrétiser les économies que permettent une régulation et des appareils performants. Ainsi, l’espace devant un appareil rayonnant doit rester dégagé, pour ne pas empêcher la diffusion des infra­rouges.

Par ailleurs, ne programmez pas de trop grandes amplitudes de température entre les périodes d’occupation et d’inoccupation, surtout avec des appareils rayonnants ou à inertie.

Au-delà de 3 °C d’écart, 4 °C au maximum, vous risquez au contraire de surconsommer », indique Laurent Roudet.

Attention aussi à l’indispensable aération du logement, qu’elle se fasse par des bouches prévues à cet effet, ou naturellement par les interstices des menuiseries. Certes, aérer c’est faire entrer de l’air froid, mais, avertit Laurent Roudet, « de l’air qui n’est pas renouvelé se charge d’humidité et devient plus difficile à chauffer : 18 °C avec de l’air sec, ça peut suffire ; avec de l’air à 80 % d’humidité, vous aurez froid".

Sans compter, ajoute Florence Clément, que « l’humidité est dommageable tant pour le logement que pour la santé de ses occupants, notamment par l’apparition de moisissures, pas forcément visibles à l’œil nu".

6. Jouer sur les tarifs et les abonnements

Un délesteur posé sur votre tableau électrique (environ 150 à 400 € TTC hors pose) sera source indirecte d’économie, s’il permet de réduire la puissance de votre abonnement. Lorsque certains ­appareils gourmands en énergie ­fonctionnent, four électrique ou lave-­vaisselle, par exemple, le délesteur coupe automatiquement une partie des appareils de chauffage, assez brièvement pour ne pas avoir d’incidence sur la température de confort.
Ce qui autorise un abonnement d’une puissance moindre sans risque de voir le disjoncteur sauter.
Ainsi, en passant d’un abonnement de 12 à 9 kilovolt-ampères, le gain sera de 79 € par an. Par ailleurs, en optant pour l’abonnement Tempo d’EDF, vous paierez l’électricité environ 30 % moins cher pendant 300 jours « bleus » par an.

Toutefois, « l’abonnement Tempo est délicat à gérer pour l’usager et exige beaucoup d’attention de sa part », tempère Laurent Roudet.

Vous pouvez aussi changer de fournisseur d’électricité, mais faites bien vos calculs. En effet, selon l’Observatoire des marchés du gaz et de l’électricité, publié par la Commission de régulation de l’énergie, au premier trimestre 2012, la meilleure offre par rapport au tarif réglementé n’était que 4 % moins chère que celui-ci.