71 % des Français se sentent en insécurité en période de chasse

71 % des Français se sentent en insécurité en période de chasse
Cette activité de loisirs est de plus en plus contestée par les Français. - © EXTREME-PHOTOGRAPHER

Après plusieurs accidents de chasse, un sondage IFOP révèle l’appréhension des Français. 82 % d’entre eux sont favorables à ce que le dimanche devienne un jour non chassé pour pouvoir se promener dans la nature sereinement.

Depuis l’ouverture de saison de la chasse, neuf accidents mortels sont survenus. Un adolescent de 13 ans a ainsi été tué en Vendée en septembre et une femme de 69 ans a été abattue dans son jardin par un chasseur qui l’avait prise pour un cerf, en octobre en Aveyron. Chaque année, les accidents de chasse font au moins une dizaine de victimes. Pour la saison 2016-2017, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a comptabilisé 143 accidents, dont 18 mortels. Depuis 2000, 351 personnes ont perdu la vie à cause d’un accident de chasse, d’après Les Décodeurs du Monde.

« Dans la grande majorité des cas, les victimes sont des chasseurs ou des personnes qui les accompagnent », rapporte le quotidien mais les Français se sentent de plus en plus en insécurité lorsqu’ils se baladent dans la nature. Selon une étude IFOP* réalisée pour le compte de la Fondation Brigitte Bardot et publiée jeudi 7 décembre, 71 % des sondés disent ne pas être rassurés en forêt en période de chasse. Ils étaient 61 % en 2016 et 54 % en 2009.

Pour 79 %, la durée de la période de chasse – qui débute selon les départements entre le 23 août et le 24 septembre et se termine le 1er ou 28 février 2018 – devrait être réduite. Et 82 % sont favorables à ce que le dimanche devienne un jour non chassé. Les opposants se comptent autant parmi les citadins que parmi les ruraux.

84 % des sondés sont contre la chasse à courre

Autre pratique contestée : la chasse à courre qui a créé la polémique en octobre dernier avec l’abattage d’un cerf dans une propriété privée d’une petite commune de l’Oise. 84 % des sondés se disent ainsi contre cette pratique, qui consiste à poursuivre, à l’aide d’une meute de chiens, un animal sauvage jusqu’à l’épuisement, la mise à mort étant faite à la dague ou à l’épieu.

Déjà interdite en Allemagne, en Belgique et en Grande-Bretagne, elle pourrait bientôt l’être en France. 14 sénateurs ont déposé un projet de loi mardi 5 décembre contre la chasse à courre, « une pratique d’une autre époque », avait d’ailleurs jugé le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot. Ils dénoncent non pas « la quantité d’animaux tués » – infimes comparés à une saison de chasse classique – mais « la manière et les conditions dans lesquelles ils sont chassés ». La chasse à courre suscite « souffrance et stress chez les animaux » et « donne lieu à des conflits d’usage et à des tensions avec les riverains chez lesquels les grands animaux viennent se réfugier ».

Les sénateurs proposent donc qu’à partir du 1er juin 2018 ne soit « plus délivré aucune attestation de meute destinée à l’exercice de la chasse à courre, à cor et à cri » et que le même jour, cette pratique devienne illégale sur l’ensemble du territoire français. Un chasseur qui s’y adonnerait risquerait 1 an de prison et 15 000 euros d’amende.

* Le sondage IFOP a été réalisé en ligne les 21 et 22 novembre 2017 auprès d’un échantillon de  1 014 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 88 % des sondés n’ont jamais chassé.