Gaz, électricité, fioul : six façons de faire baisser la note

Gaz, électricité, fioul : six façons de faire baisser la note
Troquer ses ampoules halogènes ou à filament contre des LED est un bon investissement. - © flil

Ayez les bons réflexes pour maîtriser votre consommation d’énergie sans trop vous restreindre. Travaux et nouveaux équipements s’envisageront par la suite.

Adopter les bons gestes (jusqu’à - 15 %)

« L’eau chaude et le chauffage représentent les trois quarts des dépenses d’énergie dans la maison, explique Florence Clément, chargée de l’information à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ce sont les premiers postes sur lesquels on peut facilement économiser. » Baisser le chauffage d’un degré, c’est 7 % de consommation énergétique en moins. Si vous ne supportez pas les températures dites « idéales » de 19 °C dans les pièces à vivre et 17 °C pour les chambres, vous pouvez réduire la chauffe dans les pièces inoccupées pendant la journée et dégager les radiateurs : ni meuble devant ni textile dessus. « Afin de diminuer la consommation d’eau chaude, et donc l’énergie pour la chauffer, les mousseurs permettent, pour une somme modique (à partir de 2 euros) d’économiser 30 % d’eau chaude pour une douche, sans sacrifier au confort », précise Florence Clément.

Pour l’éclairage, troquer ses ampoules halogènes ou à filament contre des LED est
 un bon investissement. Si elles sont plus chères à l’achat, ces dernières ont une longévité plus grande, et donc une rentabilité plus élevée 
(20 euros d’achat et de consommation d’électricité pour environ 30 000 heures sur dix ans) que les fluocompactes (25 euros pour 8 000 heures sur la même durée) et les halogènes (80 euros pour 2 000 heures).
 Enfin, pensez aux multiprises à interrupteur 
(à partir de 4 euros) pour couper l’alimentation des appareils en veille ou en charge : environ 80 euros économisés en un an !

Choisir de l’électroménager moins gourmand (jusqu’à - 30 %)

En théorie, un foyer équipé des appareils électroménagers les plus économes fait chuter sa facture d’électricité jusqu’à 3 000 euros sur leur durée de vie, selon l’Ademe. En pratique, à peine 1 % des Français a acheté, par exemple, un réfrigérateur à haute performance énergétique (étiqueté A +++, 20 à 50 % moins énergivore que ceux classés A+). Mais leur prix très élevé annule les économies escomptées : sur quinze ans, achat et électricité compris, un réfrigérateur A+++ coûte 1 379 euros contre
 1 232 euros pour un A+ ! Pour repérer les appareils offrant le meilleur rapport consommation/prix, il faut additionner le prix d’achat et le coût de l’électricité sur plusieurs années de l’appareil – à retrouver sur l’étiquette énergie des appareils (en kWh) – multiplié par le prix facturé par votre fournisseur. L’application gratuite ecoGator vous aidera : scannez en magasin les étiquettes énergie de l’électroménager, des télévisions et des ampoules, comparez leurs performances et calculez leur consommation annuelle d’électricité. Vous déterminerez ainsi à partir de quand l’achat sera « rentable » !

À noter : l’étiquette énergie classe les appareils des moins énergivores (A+++) aux plus gourmands (D). Mais depuis sa mise en place en 1992, certaines classes ont disparu. Le système doit être revu d’ici à 2019, revenant à une échelle de A à G, sans catégories intermédiaires (+, ++, etc.).

Analyser et contrôler votre consommation (jusqu’à - 30 %)

Vous utilisez Internet et vous êtes doté d’un compteur communicant (Linky, Gazpar) ? Ne vous privez pas des conseils et des outils gratuits mis à votre disposition par les fournisseurs et distributeurs d’énergie (Enedis et GrDF). Sur votre compte client en ligne ou sur leurs applications, vous pouvez suivre votre consommation et détecter ce qui a un impact négatif sur vos factures. Puis faire le plein de conseils, comme identifier les appareils qui consomment le plus chez EDF, ou bénéficier d’une aide personnalisée pour bien utiliser les heures creuses chez Direct Énergie.

Pour diminuer votre facture, commencez par installer des interrupteurs à détecteur de mouvement dans les lieux de passages (escaliers, couloirs, garage, etc.). Vous pouvez ensuite adopter les objets connectés « à condition que votre maison soit déjà bien isolée. Sinon, mieux vaut investir d’abord dans l’isolation », prévient Florence Clément.

Nest, Devolo ou Qivivo commercialisent des thermostats qui régulent la température du chauffage en fonction de votre présence ou de votre retour prochain à la maison. À utiliser avec une chaudière ou des radiateurs connectés ou à connecter grâce aux petits boîtiers Heatzy ou à ceux des fabricants. Radiateurs, ampoules et prises connectés vous permettent un pilotage sur mesure des appareils, programmables et activables à façon pour éviter le gaspillage énergétique.

À la clé, une baisse de l’énergie consommée pouvant aller jusqu’à 30 %, notamment grâce à la régulation de la chauffe.

Changer de fournisseur de gaz ou d’électricité (jusqu’à - 15 %)

Dans ce domaine, faire jouer la concurrence n’est pas encore un réflexe : seulement 16 % des abonnés à l’électricité ont signé chez l’un des concurrents du fournisseur historique (Direct Énergie, Eni, Lampiris, Enercoop, etc.), contre 53 % pour les utilisateurs du gaz de ville, selon la Commission de régulation de l’énergie. Pourtant, la facture a augmenté de 39 % entre 2007 et 2015 pour l’électricité au tarif bleu, et de 26 % pour le gaz naturel, selon le rapport 2016 du médiateur de l’énergie. En quittant les tarifs réglementés, les dépenses peuvent facilement fondre de 8 %, et même autour de 15 % en participant à l’une des opérations d’achat groupé menées régulièrement par les associations UFC-Que Choisir ou Familles de France. Soit, par exemple, au minimum 220 euros d’économies sur un an pour une famille lilloise de quatre personnes dont la maison de 120 m2 ne fonctionne qu’à l’électricité (17 100 kWh/an).

Pour choisir la meilleure offre, munissez-vous de vos dernières factures d’énergie et rendez-vous sur le comparateur public energie-info.fr. Changer de fournisseur est indolore : le compteur reste le même et c’est au nouveau qu’incombe la résiliation de l’ancien contrat, sans délai ni frais.

Réaliser des travaux d’isolation (jusqu’à - 25 %)

Contrairement à l’idée reçue, changer de fenêtres n’est pas la priorité. Elles ne sont à l’origine que de 10 à 15 % des déperditions de chaleur dans une maison, contre 25 à 30 % pour le toit ou 20 à 25 % pour les murs et la cheminée, par exemple. « La mauvaise idée est de vouloir engager des travaux précis, alors qu’il aurait fallu d’abord étudier les défauts du bâti, explique Florence Clément. Pour vous y aider, consultez gratuitement les points Rénovation info service. Des conseillers identifieront les points faibles
de votre logement et vous orienteront vers les travaux utiles par ordre de priorité. Ils vous aideront à analyser les devis, etc. » Car les travaux coûtent cher ! De 20 à 200 euros le m2 pour refaire la toiture d’une maison individuelle, de 20 à 100 euros le m2 pour une isolation des combles aménagés et entre 70 et 200 euros le m2 pour les murs (par l’intérieur ou l’extérieur).

Renouveler son système de chauffage (jusqu’à - 30 %)

Avec 1 611 euros en moyenne en 2016 selon QuelleEnergie, la facture de chauffage est celle qui grève le plus le budget des ménages et qui représente donc le principal gisement d’économies ! À condition que l’isolation et la ventilation de votre logement soient efficaces. Si votre chaudière tombe en panne ou donne des signes de faiblesse, l’idéal est de la remplacer par une chaudière à condensation, qui conduit à des économies d’énergie de 20 %. Plus chère qu’un appareil classique – de 2 000 à 6 000 euros (gaz) ou 8 500 euros (fioul) –, elle peut donner lieu à un écoprêt à taux zéro, à un crédit d’impôt (CITE) de 30 % pour une chaudière à gaz ou, pour les ménages modestes, à des aides de l’Agence nationale de l’amélioration de l’habitat (ANAH) pour financer une partie de l’installation (35 à 50 %). Autre piste : mixer les énergies. Par exemple, utiliser un très économique poêle à bois (à partir de 500 euros) pour compléter un chauffage électrique ou coupler une pompe à chaleur (air-eau, environ 8 000 euros) à sa chaudière au fioul. Quant aux radiateurs, évitez les convecteurs très énergivores et préférez ceux à inertie (à partir d’une centaine d’euros) qui diffusent une chaleur douce et constante tout en consommant beaucoup moins d’énergie.

1 euro pour isoler ses combles, sous conditions

L’isolation des combles perdus des maisons individuelles pour 1 euro n’est pas un mirage. Dans le cadre du Pacte énergie solidarité de l’État, cette offre s’adresse aux propriétaires comme aux locataires dont le revenu  scal de référence, indiqué sur leur avis d’imposition, ne dépasse pas certains plafonds : par exemple, 29 400 euros pour une famille de 4 personnes habitant en province ou 19 803 euros pour un célibataire en Île-de-France, en 2017. Au-delà, le dispositif garantit « un tarif préférentiel entre 4 et 17 euros TTC le m2, soit une offre 50 % moins chère que les prix du marché ». Pour en bénéficier, inscrivez-vous sur Internet auprès des intermédiaires comme QuelleEnergie ou Calculeo. Ces derniers sélectionneront alors un artisan qui interviendra dans les mois suivants (jusqu’à quatre mois d’attente).

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