Énergie : réaliser des travaux pour dépenser moins !

Un bilan de compétences pour rebondir
Entreprendre des travaux pour rendre son logement moins « énergivore » fera baisser la facture de chauffage et en facilitera un jour la revente. - © ElsvanderGun

Rénover efficacement votre logement pour faire des économies nest pas forcément ruineux. Guide pratique pour effectuer un bilan et bénéficier de toutes les aides.

Entreprendre des travaux pour rendre son logement moins « énergivore » fera baisser la facture de chauffage et en facilitera un jour la revente. Car les acheteurs, s’ils ont le choix, sont désormais attentifs au diagnostic de performance énergétique, et moins enclins à acquérir un appartement ou une maison classés F ou G plutôt que A ou B ! Certaines collectivités locales essaient elles aussi d’informer les habitants de leur commune en réalisant des études, thermographiques infrarouges par exemple, mettant en évidence d’éventuelles déperditions de chaleur pour chaque bâtiment, public ou privé, qu’elles passent par le toit ou par les murs. Il est ainsi parfois possible de s’informer auprès de votre mairie de l’efficience énergétique d’un pavillon ou d’un immeuble. Mais si le bilan est mauvais, comment rénover intelligemment ?

Préparer son projet

L’État a constitué un réseau de conseillers spécialisés. Ils sont à votre disposition gratuitement dans toute la France, par téléphone ou sur rendez-vous, dans les Points rénovation info service, qui regroupent notamment les Espaces info énergie, mis en place par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et les Agences départementales d’information sur le logement (Adil). Des conseillers vous aident à identifier les travaux les plus efficaces chez vous, selon la configuration de votre logement, sa date de construction, les travaux déjà réalisés... Ils vous conseillent sur le choix d’une entreprise ou d’un artisan ou sur les aides financières auxquelles vous pouvez prétendre (notamment les aides locales).

Identifier les travaux les plus efficaces

Comme beaucoup d’autres personnes, peut-être souhaiterez-vous d’abord changer les fenêtres, près desquelles vous ressentez une sensation de froid. « Or, seulement 10 % à 15 % de la chaleur s’échappent par là. Alors que le toit, s’il n’est pas isolé, est responsable de 25 % à 30 % de la déperdition, à égalité ou presque avec les infiltrations d’air dans les murs, les cheminées ouvertes, à fermer absolument par une trappe », analyse Florence Clément, responsable de la communication à l’Ademe. Les spécialistes recommandent donc, si rien n’a été encore fait, de commencer par le toit. « Étendre un matériau isolant sur le sol des combles, s’ils ne sont pas habités, est très efficace. L’opération coûte en général 20 à 30 € le mètre carré », rappelle Luc Guillier, conseiller à l’Adil Espace info énergie du Loiret. À défaut, c’est la toiture elle-même qui devra être isolée. Les murs, eux, gagnent à être recouverts à l’extérieur d’un isolant, dissimulé sous un nouveau bardage. Mais l’addition grimpe vite (plusieurs dizaines de milliers d’euros selon la superficie à recouvrir). « Doubler les murs de l’intérieur est moins onéreux mais fait perdre de l’espace dans les pièces et ne permet pas de limiter la déperdition de chaleur aux jonctions avec les fenêtres », relève Florence Clément.

Une fois la maison bien isolée, des économies supplémentaires peuvent parfois être réalisées en optant pour une chaudière à condensation. Elle coûte en général au moins 3 000 €, mais « consomme 20 % de moins qu’un appareil classique », selon l’Ademe. Les radiateurs électriques, sauf si la maison est peu habitée, sont déconseillés, l’électricité étant une énergie chère. Dans les copropriétés, les travaux d’économie d’énergie concernent aussi les parties communes. « En isolant le toit, tous les copropriétaires feront des économies, et pas seulement ceux du dernier étage », assure Florence Clément. Mais il faudra bien sûr l’accord de l’assemblée générale pour lancer ce type de travaux.

Utiliser les aides financières

Le crédit d’impôt

Que vous soyez propriétaire ou locataire, si vous habitez votre maison ou votre appartement à titre de résidence principale, l’État vous aide à financer 30 % de vos travaux grâce au crédit d’impôt de transition énergétique (Cite). Il n’est plus nécessaire de réaliser plusieurs types de travaux en même temps pour profiter de cet avantage fiscal, accordé aussi bien pour l’isolation que pour l’achat d’une chaudière à condensation, d’une pompe à chaleur, d’un régulateur ou programmateur de chauffage, ou encore de fenêtres à double vitrage. Toutefois, pour en bénéficier, vous devez confier les travaux à un professionnel disposant du label Reconnu garant de l’environnement (RGE). Les matériaux ou équipements installés doivent également répondre à des normes précises. Attention, les 30 % ne portent que sur les équipements eux-mêmes (par exemple, une fenêtre), et non sur la main-d’œuvre. « La seule exception concerne les travaux d’isolation des parois opaques, pour lesquels le Cite prend en compte à la fois les matériaux et la pose », précise Florence Clément. Le Cite n’est bien sûr pas illimité. Les dépenses prises en compte pour ce crédit d’impôt ne dépassent pas 8 000 € par personne, majorés de 400 € supplémentaires par personne à charge. Ce plafond n’est pas annuel, mais s’apprécie sur cinq années consécutives.

Les aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah)

Elles représentent 35 % du montant des travaux pour les ménages modestes, et jusqu’à 50 % pour les foyers très modestes, avec un plafond respectivement de 7 000 et de 10 000 €. En 2015, un couple avec deux enfants habitant en dehors de l’Île-de-France pouvait y prétendre si son revenu fiscal de référence pour l’année 2013 (deux ans plus tôt) n’excédait pas 37 669 €. S’il était au plus de 29 384 €, cette famille pouvait décrocher l’aide de 50 %. Autre avantage : l’aide de l’Anah donne accès à la prime d’État Habiter mieux, qui sera légèrement remaniée en 2016, puisqu’elle représente désormais 10 % des travaux subventionnés, avec un maximum de 1 600 € (2 000 € si vous bénéficiez de l’aide Anah à 50 %). Elle est accordée si les travaux engagés dans le logement aboutissent à une économie d’énergie d’au moins 25 %. La procédure est particulière : un technicien habilité par l’Anah vient chez vous réaliser au préalable un diagnostic et vérifier que les travaux envisagés sont éligibles. Cette étude vous est facturée plusieurs centaines d’euros, mais l’Anah peut attribuer un complément de subvention de 556 € pour couvrir une partie de cette dépense, lorsque les travaux sont éligibles à l’aide « Habiter mieux ».

Les collectivités locales

Elles attribuent parfois des aides pour encourager les travaux d’économies d’énergie. Par exemple, la région Centre-Val de Loire finance, à hauteur de 500 €, l’audit thermique réalisé dans votre logement par un bureau d’étude spécialisé (facturé 800 €, soit 300 € encore à votre charge après subvention).

Les fournisseurs d’énergie (même de carburants, comme les hypermarchés)

Ils sont tenus d’aider les Français à faire des travaux pour limiter leur consommation. C’est pourquoi, en échange des factures de certains travaux d’économies d’énergie (chaudière à condensation, par exemple), ils donnent des bons d’achat, appelés « chèques énergie », ou offrent un diagnostic gratuit. C’est dans ce cadre qu’EDF propose des services Bleu Ciel avec certains chauffagistes signataires d’une convention.

Emprunter à 0 %

L’éco-PTZ (prêt à taux zéro) est un prêt sans intérêts pour le particulier (ces derniers étant pris en charge par l’État). La plupart des banques peuvent l’accorder, selon vos capacités de remboursement, pour financer des travaux de rénovation énergétique. Le professionnel RGE auquel vous les confiez est désormais chargé de vérifier qu’ils sont bien éligibles à cette aide, et de préparer le dossier pour la banque. Pour décrocher ce crédit, il est nécessaire de faire réaliser, en même temps, au moins deux types de travaux (par exemple, isoler le toit et changer la chaudière) par un professionnel affichant le label RGE. Dans ce cas, le montant de la facture peut atteindre 20 000 € au maximum. Si vous cumulez trois sortes de travaux, ou si vous visez une « performance énergétique globale » minimale du logement, calculée par un bureau d’études thermiques, il est possible d’emprunter jusqu’à 30 000 €. Certaines collectivités locales prévoient aussi des crédits attractifs. Par exemple, dans la région Centre-Val de Loire, le prêt Isolaris (jusqu’à 40 000 €) peut être accordé aux ménages qui bénéficient déjà de l’éco-PTZ.

« Consultez un conseiller gratuitement »

Luc Guillier, conseiller à l’Adil Espace info énergie du Loiret

« Certains particuliers sont démarchés à domicile pour des travaux d’économie d’énergie et regrettent ensuite d’avoir signé. Ils ont quatorze jours pour se rétracter, mais cela passe très vite. Il vaut toujours mieux, avant de s’engager, appeler un conseiller Point rénovation info service. Pour certaines personnes, ce coup de téléphone sera suffisant : elles n’ont besoin que de quelques renseignements précis. Pour d’autres, c’est l’occasion de prendre un rendez-vous, gratuit, et de le préparer. Nous ne nous rendons pas à domicile, mais grâce à une description précise de leur logement et aux factures qui permettent d’évaluer leur consommation, nous avons déjà les moyens de faire un premier diagnostic et de conseiller les travaux les plus efficaces dans la limite de leur budget. Financés par l’État, nous ne pouvons donc pas recommander une entreprise. Mais nous fournissons un conseil neutre et objectif sur les solutions techniques (par exemple, l’intérêt du choix de telle ou telle chaudière). Nous aidons aussi les particuliers à comparer les devis en tenant compte du prix, mais aussi des prestations incluses, pas toujours faciles à décrypter. »

Contacts utiles

  • L’Anah.
  • L’Ademe.
  • Le site renovation-info-service.gouv.fr recense les professionnels RGE dans toute la France. Pour prendre un rendez-vous adapté à votre projet, téléphonez au 0 810 140 240 (prix d’un appel local à partir d’un poste fixe).