Bientôt la fin du changement d’heure ?

Bientôt la fin du changement d’heure ?
Depuis 1976, les Français changent d'heure deux fois par an. - © gldburger

Le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de lancer une évaluation complète sur les effets positifs ou négatifs du changement d’heure. Un premier pas vers une remise en cause de cette pratique.

Sur les 549 eurodéputés, 384 se sont prononcés jeudi 8 février en faveur d’une résolution visant à mettre fin au changement d’heure au sein des pays membres de l’Union européenne. Ils demandent à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » des impacts du changement d’heure qui devra aboutir « si nécessaire » à une révision de la directive européenne relative à l’heure d’été.

Pour rappel, le dispositif a été mis en place en France en 1976. Suite au choc pétrolier de 1973, qui entraîne une flambée des prix de l’énergie, le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing décide de faire correspondre au mieux les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel. A l’échelle de l’Union européenne, une directive de 1998 harmonise le changement d’heure. Chaque Etat membre change ainsi d’heure le dernier dimanche de mars à 2 h du matin et le dernier dimanche d’octobre à 3 h du matin.

Plus de stress, de troubles du sommeil et d’accidents

Mais aujourd’hui, ce changement d’heure est de plus en plus contesté. « De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué [que cette pratique avait des] effets négatifs sur la santé des êtres humains, l’agriculture et la sécurité routière », explique la résolution. La Sécurité routière observe chaque année un « pic d’accidentalité » pour les piétons dans les jours qui suivent le passage à l’heure d’hiver. Pour la seule tranche horaire 17h-19h, l’augmentation est de 40 %. En effet, avec le recul d’une heure, la nuit tombe plus tôt dans la journée, au moment de la sortie des classes ou des trajets de retour du travail.

Les chronobiologistes affirment, de leur côté, que le changement brutal de rythme occasionne une hausse du « stress, de la fatigue, des troubles du sommeil et de l’alimentation pendant cette période », explique Le Parisien. Des chercheurs finlandais de l’université de Turku ont, par ailleurs, découvert un taux d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques en hausse de 8 % pendant les deux jours qui suivent.

Des économies d’énergie modestes

Quant aux économies d’énergie induites par le passage à l’heure d’été, si elles sont réelles, elles restent minimes. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) avait ainsi estimé en 2009 à 440 GWh les gains en matière d’électricité dans les locaux résidentiels et tertiaires. Soit la consommation de 800 000 ménages sur l’année. Mais en 2012, l’heure d’été ne faisait plus que gagner 351 GWh, soit 0,07 % de la consommation totale. Cette baisse serait liée notamment « à l’amélioration continue de la performance des systèmes d’éclairage et à l’ambition croissante des politiques énergétiques », avait expliqué l’Ademe.

Quoi qu’il en soit, la fin du changement d’heure ne sera pas pour cette année. « Mais si nous décidions de mettre un terme au système, il faudrait le faire dans l’ensemble de l’Union européenne de manière unifiée et harmonisée dans tous les Etats membres », a affirmé lors du débat la commissaire en charge des Transports, Violeta Bulc.