Des poissons surgelés gonflés à l'eau

Certains poissons surgelés ou congelés seraient artificiellement gonflés à l’eau afin d'augmenter leur poids. La CLCV, association de défense des consommateurs, demande aux pouvoirs publics d'ouvrir une enquête.

Au rayon des surgelés, certains poissons ne font pas leur poids ! Des fabricants peu scrupuleux ajoutent des additifs chimiques et gonflent les filets avec de l’eau, par trempage ou injection.

Ainsi, selon une étude Syndicat national du commerce extérieur des produits congelés et surgelés (SNCE), publiée dans Le Monde du surgelé, le poids des poissons traités peut ainsi augmenter de 10 à 30 %.

Au final, les consommateurs, qui ont payé de l'eau au prix du poisson, ont dans l'assiette un produit qui réduit considérablement à la cuisson.

Le consommateur trompé

Ces pratiques trompeuses sont indétectables pour le consommateur qui est dans l’incapacité de détecter la fraude. D'autant que la plupart des poissons surgelés se vendent dans des emballages fermés plutôt que des sachets transparents.

L'aspect ne suffit par ailleurs pas à déjouer véritablement cette vaste tromperie. L’Association de défense des consommateurs et usagers (CLCV) a demandé hier aux services de contrôle (DGCCRF, ministère de l’Alimentation et ministère de la Pêche) de procéder à une enquête.

Des poissons plus ou moins gonflés

Cette escroquerie commence à prendre une telle ampleur que les industriels, décidés à faire le ménage, ont lancé entre 2010 et 2012, une étude scientifique « Fraud’filets » sous l’égide du SNCE.

Les résultats, publiés en octobre 2013, mettent en évidence les fraudes par ajout d’eau dans plusieurs espèces de poissons. Les espèces les plus concernées sont le pangas (48 % des ventes de ce poisson contenaient de l'eau), le colin (près d'un tiers) ou le cabillaud (18 %). Les saumons (4 %) et les hokis (3 %) semblent épargnés.

Multiplication des contrôles en 2014

L’étude a permis d’établir des tables de valeurs seuils propres à chaque espèce, pour mieux identifier les produits non conformes.

Les produits ayant subi un ajout d’eau ont pour caractéristique commune de présenter des valeurs en humidité élevées et des teneurs en protéines faibles. Le rapport H/P (Humidité / Protéines) constitue donc le critère le plus fiable et le plus pertinent pour mettre en évidence une fraude », résume Véronique Mulak, la directrice du laboratoire en charge de l’étude, cité par le Monde du Surgelé.

Grâce à cet outil, le SNCE compte mener des campagnes de contrôle des produits plus vastes en 2014 pour mesurer régulièrement l’évolution des pratiques d’ajout d’eau et en informer les professionnels.