Tempête, grêle, inondation : quelle indemnisation ?

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De violents orages et des rafales de vent sont attendus en Gironde, dans les Landes et dans les Pyrénées-Atlantiques ce soir. - © giam

Des vents violents, des pluies diluviennes occasionnant des inondations, une grosse tempête… Votre assureur peut rembourser l'essentiel des dégâts.

Les intempéries ont parfois des conséquences dramatiques : des vents trop violents soulèvent le toit, un arbre déraciné par une bourrasque s'affaisse sur la charpente et la pluie en profite pour s'infiltrer dans les chambres.

Après la tourmente, que pourrez-vous attendre de votre assureur ? Beaucoup, car ces événements sont couverts par la garantie "tempête, neige, grêle" incluse dans votre assurance multirisque habitation.

Si vous êtes propriétaire occupant, elle vous indemnise. Si vous êtes locataire, elle rembourse le mobilier ou les détériorations intervenues à l'intérieur du logement, votre bailleur devant faire intervenir son propre assureur pour les dégâts subis par les murs ou la toiture.

5 jours pour déclarer le sinistre

Dans les cinq jours qui suivent le sinistre, déclarez les dégâts à votre assureur, par lettre recommandée si cela est prévu au contrat.

En cas de catastrophe naturelle, vous disposez de dix jours à compter de la publication de l’arrêté constatant ladite catastrophe pour déclarer (par lettre recommandée avec avis de réception) le sinistre à votre assureur.

Comment serez-vous indemnisé par votre assureur ?

L'indemnisation dépend de votre contrat. Certains prévoient de rembourser les meubles ou les bâtiments détruits pour leur valeur de remplacement ou de reconstruction, vétusté déduite (la vétusté correspond à la dépréciation liée à l'usage, au temps, à l'état d'entretien).

D'autres proposent un remboursement "valeur à neuf". Certains panachent les deux options, les bâtiments étant, par exemple, indemnisés en valeur de reconstruction, pas le mobilier.

Quelle que soit la solution retenue, la compagnie fixe en général un plafond à sa garantie, c'est-à-dire un montant maximal d'indemnisation.

Certains contrats prennent aussi en charge les dépenses nécessaires pour couvrir provisoirement un bien endommagé, les frais de relogement de votre famille si votre logement n'est plus habitable, etc.

Enfin, du montant de l'indemnité ainsi calculée, votre assureur retranchera la franchise prévue dans votre contrat (c'est-à-dire une somme qui reste à votre charge).

Dégâts après une tempête : une prise en charge limitée

Bien sûr, les compagnies fixent des limites à leur prise en charge. Ainsi, pour que vous soyez remboursé des dégâts causés par le vent, il faut en général que celui-ci ait aussi endommagé d'autres bâtiments de bonne construction dans la commune ou aux environs. Ou qu'il ait soufflé à plus de 100 km/h, ce dont on peut vous demander de justifier en produisant un "certificat d'intempérie".

Pour l'obtenir, prenez contact avec le centre départemental de Météo France, dont les coordonnées figurent dans l'annuaire, ou via le site Internet www.meteo.fr.

L'assurance ne couvre pas tout, malgré la garantie tempête

Votre contrat précise l'étendue de la garantie tempête. Le plus souvent, elle ne s'applique pas aux bâtiments ou hangars de construction légère, aux appentis de jardin et vérandas, stores, antennes, panneaux solaires, ni aux volets, gouttières ou parties vitrées (sauf s'ils ont été détruits en même temps qu'une partie du bâtiment). Même principe pour les arbres, les clôtures arrachées, les débordements de cours d'eau.

Sachez aussi que si la tempête fait tomber la cheminée du voisin ou l'un de ses arbres sur votre maison ou votre voiture, vous ne pourrez pas le tenir pour responsable, sauf s'il a commis une faute de construction ou d'entretien.

C'est à vous de prévenir votre assureur, qui vous indemnisera directement si les conditions requises sont remplies, par exemple si le vent soufflait vraiment à la vitesse indiquée au contrat, si la voiture était bien assurée pour la tempête, etc.

Enfin, n'oubliez pas que la garantie tempête ne concerne que les dégâts matériels, et pas les personnes. Si un objet projeté par le vent vous blesse, ce n'est pas elle qui vous indemnisera, mais, par exemple, le contrat complémentaire santé et la "garantie des accidents de la vie".

Après la tempête, protégez ce qui n'est pas abîmé

Pour profiter au mieux des garanties dont vous disposez, ayez dès le départ les bons réflexes. Une fois la tempête passée, commencez par protéger ce qui n'est pas atteint. Par exemple, bâchez le toit.

Conservez les objets abîmés et photographiez ce qui a été détérioré, pour pouvoir apporter la preuve des dommages que vous avez subis. Dressez leur liste. Demandez des devis pour les réparations.

Quelle garantie pour la voiture ?

Si votre voiture a souffert de la tempête, de la grêle ou de la neige, si elle a été écrasée par un arbre ou endommagée par un projectile, vous serez indemnisé dès lors que votre assurance auto couvre l'incendie ou les dommages causés au véhicule, ou inclut une garantie "force de la nature". Si la voiture est réparable, le coût des réparations sera pris en charge.

À défaut, l'assureur vous indemnisera à hauteur de la valeur d'un véhicule similaire sur le marché. Certains contrats prévoient toutefois, pour les véhicules récents et qui ne sont pas réparés, un remboursement suffisant pour acheter un modèle équivalent neuf.