En vacances, n’oubliez pas la couverture santé

En vacances, n’oubliez pas la couverture santé
Avant de partir en vacances, sachez comment vos frais de santé sont remboursés pour voyager en toute quiétude. - © vernonwiley

Avant de partir, sachez comment vos frais de santé sont remboursés pour voyager en toute quiétude, notamment à l’étranger. En détail, les indispensables garanties et les points à vérifier.

En France

Premier réflexe : emportez sur votre lieu de villégiature les cartes Vitale et de mutuelle de toute la famille pour avancer le moins de frais possible chez le médecin, le pharmacien, aux urgences... En cas de consultation hors parcours de soins, il suffira que le praticien précise que le patient se trouve « hors résidence » pour que les remboursements soient effectués sans difficulté et sans délais. Les cartes bancaires internationales Mastercard et Visa, même sans être Gold ou Premier, proposent également une assistance qui fonctionne en France comme à l’étranger.

Ce service organisera et prendra en charge financièrement le transport du malade ou du blessé, l’hébergement d’une personne à son chevet à hauteur de 65 euros la nuit (125 euros pour une carte haut de gamme), la garde des enfants jusqu’à 200 euros par jour pendant cinq jours, leur trajet retour, etc. La marche à suivre ? Juste après l’incident, appeler le numéro qui figure au dos de la carte, ne pas engager de frais avant et suivre les prescriptions de l’assisteur. Pour en bénéficier, il n’est pas obligatoire d’avoir réglé son voyage avec la carte : il suffit d’en détenir une en cours de validité pour que le possesseur, son conjoint (marié, pacsé ou concubin), ses enfants et parents soient couverts, sous certaines conditions. Vérifiez notamment sur le contrat que les enfants peuvent être ceux de votre conjoint, si vous devez les avoir à charge fiscalement ou non... En revanche, pour être indemnisé en cas d’invalidité ou de décès – cela concerne la partie « assurance » –, il est nécessaire d’avoir payé tout ou partie du voyage avec la carte et d’être en vacances à plus de 100 km de chez soi.

Si vous possédez une assurance dite garantie des accidents de la vie (GAV), « elle couvre également les vacances de la famille, précise Philippe Lequeux-Sauvage, correspondant du Centre de documentation et d’information de l’assurance (CDIA). Celle-ci intervient notamment si l’on se blesse très gravement tout seul. Lisez bien les exclusions prévues par le contrat, car certains sports ou loisirs à risques ne sont pas couverts. En revanche, la GAV fonctionne partout en France et dans l’Union européenne ». Les plafonds d’indemnisation sont généralement plus élevés que ceux d’une carte bancaire classique.

Pour ce qui concerne les accidents de voiture, « hormis le conducteur, tous les passagers sont considérés comme victimes. Ils sont donc intégralement pris en charge par l’assurance au tiers obligatoire : secours, hospitalisation, soins, rapatriement, indemnisations, explique Philippe Lequeux Sauvage. En revanche, si le conducteur n’a pas souscrit d’assurance dommages corporels, en cas d’accident dont il serait responsable ou coresponsable, il ne sera pas lui-même indemnisé ».

Dans l’Union européenne

Une consultation médicale en Irlande à 100 euros, des examens prescrits par un médecin au Portugal à la suite d’une gastro-entérite pour 1 200 euros... C’est un avantage de l’Europe : vous avez droit à une prise en charge des frais de santé à l’intérieur des 28 pays de l’Union, ainsi qu’en Suisse, Islande, Norvège et Liechtenstein. Pour être traité comme un « local », et éviter d’avancer tout ou partie des frais, demandez une carte européenne d’assurance maladie (CEAM) par personne, trois semaines avant de partir. Cette démarche est gratuite. S’il n’est plus temps, vous pourrez recevoir un certificat provisoire, valable trois mois seulement, au lieu de deux ans pour la carte.

« Chaque pays européen applique sa propre législation, explique Philippe Gojon, directeur général d’AVI International, courtier en assurance voyage partenaire du Guide du routard. Les prises en charge des systèmes de santé peuvent être très faibles, voire totalement insuffisantes avec, parfois, l’obligation de passer par des hôpitaux publics ou des dispensaires désignés, comme au Royaume-Uni ou en Espagne. » Que vous ayez la CEAM ou non, vous pouvez faire vos demandes de remboursement à votre retour en France en utilisant le formulaire S3125 ou Cerfa 12267*04, à condition d’avoir conservé les justificatifs. Selon les cas, l’Assurance maladie française vous remboursera selon le barème français ou selon celui du pays.

Dernière étape, obtenir le remboursement complémentaire de la part de votre mutuelle, si cette dernière couvre les frais à l’étranger – ce qui reste à vérifier avant de partir. De la paperasse en perspective et peu de certitude d’être bien remboursé... L’assistance de votre carte bancaire internationale classique couvre les frais médicaux à l’étranger à hauteur de 11 000 euros TTC par personne, moyennant 50 euros de franchise ; les Gold ou Premier jusqu’à 155 000 euros mais avec un certain délai de remboursement.

Si vous n’avez pas besoin fréquemment d’une carte haut de gamme, dont la cotisation annuelle est plus élevée, ou si vous préférez une couverture sans plafond, vous pouvez « avoir intérêt à souscrire une assurance voyage santé, pour quelques dizaines d’euros par personne, conseille Philippe Gojon. Avec AVI, par exemple, vos frais sont remboursés dans les quinze jours et sans franchise, que vous ayez la CEAM ou non. Pour les frais médicaux inférieurs à 500 euros, AVI n’attend pas les remboursements de la Sécurité sociale, ce qui vous évite des délais de remboursement d’environ six mois. »

Pour obtenir les CEAM de toute la famille, faites vos demandes sur le site du régime d’Assurance maladie de rattachement (ameli.fr, MSA.fr, laram.fr, etc.). Si vous êtes au régime général, vous pouvez téléphoner au 3646 (0,06 €/min + prix d’appel) ou vous rendre dans l’un des points d’accueil de la caisse d’Assurance-maladie.

Pour connaître les règles de remboursement pays par pays, téléchargez l’application Carte europ. assurance maladie sur votre smartphone.

Ailleurs dans le monde

Au retour de vacances, l’Assurance-maladie française ne rembourse que les petits soins. « Quant aux complémentaires santé, leur prise en charge est également très limitée », précise Philippe Gojon. C’est donc là que l’assistance des cartes bancaires haut de gamme est particulièrement intéressante, notamment dans les pays où les frais de santé sont onéreux, comme aux États-Unis. Si vous n’en bénéficiez pas ou que le pays de votre destination est exclu de la couverture, l’assurance voyage, et son package de services avant et pendant le voyage, est tout indiquée. Pour bien choisir votre prestataire, assurez-vous de son sérieux en appelant le service clients, interrogez-le sur les procédures, les assisteurs choisis, les franchises, les délais de règlement. Passer par un courtier, comme Chapka Assurances, Mondassur ou AVI International, aide à faire le tri.

Pour connaître votre couverture maladie de base dans tous les pays du monde, renseignez-vous sur cleiss.fr.

Les exclusions à connaître

Tous les contrats d’assurance et d’assistance (carte bancaire internationale, GAV) comprennent des exclusions. Parmi 
les plus courantes : les sports aériens (ULM, parachute, deltaplane, etc.), ceux utilisant un engin à moteur (scooter des mers, par exemple), la chasse ou la plongée sous-marine, la spéléologie... Sachez que la consommation de cannabis ou la prise de médicaments non prescrits médicalement excluent l’indemnisation. Ce peut être le cas si vous avez bu plus d’alcool qu’il n’est autorisé pour conduire en France, quel que soit l’accident, même si vous n’êtes pas au volant. Avant de partir, renseignez-vous sur le site de votre banque ou appelez directement le numéro figurant au dos de votre carte bancaire.