Obésité infantile : bientôt la fin des mascottes sur les aliments gras et sucrés ?

Obésité infantile : bientôt la fin des mascottes sur les aliments gras et sucrés ?
Les personnages célèbres sur les boîtes de céréales ou gâteaux pour enfants pourraient disparaître. - © Scukrov

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) réclame la suppression des mascottes sur les aliments peu nutritifs destinés aux enfants. Objectif : lutter contre l’obésité infantile qui augmente.

Le tigre Tony sur la boîte de céréales Frosties, le chien Pico sur celle de Chocapic, le Prince des biscuits Lu… ces mascottes bien connues des enfants pourraient bientôt disparaître des emballages. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) demande aux fabricants de ne plus les utiliser pour promouvoir leurs produits peu nutritifs, c’est-à-dire gras, salés et sucrés.

« Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il existe un lien direct entre la commercialisation d’aliments riches en matières grasses, en sucre et en sel et l’obésité infantile », indique le BEUC dans un communiqué. Les personnages sur les emballages sont une méthode de marketing particulièrement puissante et convaincante auprès des enfants.

Les mascottes doivent cibler des aliments sains

Les membres du BEUC ont examiné la présence de mascottes sur les étagères de supermarchés dans 13 pays dont la France. Ils ont pris en compte les personnages sous licence, tels que les Minions ou Batman, et les personnages de marque comme le lapin de Nesquik. Les résultats sont sans appel. Sur plus de 100 exemples, un seul est utilisé pour promouvoir un aliment sain : les « Minions » sont représentés sur l’emballage du maïs en conserve en Grande-Bretagne.

La directrice générale du BEUC, Monique Goyens, a envoyé une lettre à plusieurs marques dont Carrefour, Danone et Kellogg’s pour qu’ils cessent d’utiliser leurs personnages dans les publicités et sur les emballages des aliments qui ne sont pas sains. « Avec un enfant sur trois en Europe ou en surpoids ou obèse, il est crucial de prendre rapidement des mesures pour s’attaquer à ce grave problème de santé publique », a-t-elle expliqué.

Des mesures encore timides

A l’étranger, plusieurs pays ont déjà agi. Par exemple, en décembre dernier, les Pays-Bas ont décidé que les personnes célèbres de dessins animés devraient disparaître des emballages de junk food destinés aux enfants de moins de 13 ans. Une première en Europe. Mais l’industrie agroalimentaire pourra continuer à utiliser ses propres mascottes (Pico, Chocapic, etc.).

En France, à partir du 1er janvier 2018, plus aucune publicité ne sera diffusée pendant les programmes jeunesse de France Télévisions, y compris sur ses sites Internet, ainsi que pendant les quinze minutes précédant et suivant les émissions. D’autres pays comme la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Espagne ou la Finlande ont déjà pris des mesures similaires.