Pour aller plus loin
Les bons usages de la lettre recommandée
- Actualisé le mardi 18 mars 2008
Qu'il s'agisse d'un préalable à une action judiciaire ou d'un moyen de preuve, la lettre recommandée est bien souvent un passage obligé… Ou fortement conseillé, comme l'explique Maître Jean-François Giron, avocat au barreau de Paris.
Une preuve et une date
La forme recommandée sert à prouver que l'on a bien effectué l'envoi. Cette démarche est utile dans le cadre d'un conflit. Par exemple, si un professionnel se fait tirer l'oreille pour reprendre des travaux inachevés ou mal exécutés…
Après des demandes orales et un ou des courriers simples, la lettre recommandée fait valoir officiellement votre position (en rappelant vos précédents entretiens et lettres). Il vous sera alors possible, en cas de procédure judiciaire, de prouver que vous aviez déjà essayé d'obtenir gain de cause à l'amiable, sans résultat.
La lettre recommandée permet également de déterminer avec certitude le point de départ d'un délai par exemple quand il s'agit d'un préavis à respecter pour résilier un contrat de téléphonie mobile, d'abonnement à internet, à la télévision.
Enfin, la lettre recommandée constitue parfois le préalable nécessaire à une action en justice. Ainsi, si une personne qui vous doit de l'argent aux termes d'une reconnaissance de dettes tarde à vous rembourser, vous devrez en premier lieu la mettre en demeure par lettre recommandée (ou commandement d'huissier) de vous payer dans un délai que vous fixez, avant de pouvoir engager une procédure devant le tribunal. C'est alors également à compter de cette date que courent d'éventuels intérêts prévus par la loi ou par le contrat.
À quoi sert l'accusé de réception ?
En l'absence d'accusé de réception, l'expéditeur a seulement la preuve de l'envoi de la lettre et de sa date. L'avis de réception lui permet en plus d'apporter la preuve que le destinataire l'a bien reçue grâce à la signature qu'il appose sur l'avis.
S'il n'est pas présent, un avis de passage est déposé dans sa boîte aux lettres, lui ouvrant un délai de 15 jours pour aller retirer son pli au bureau de poste. À défaut, la lettre est retournée à l'expéditeur. Mais le fait que le destinataire n'aille pas chercher la lettre à la poste est sans incidence. Si elle est le point de départ d'un préavis, celui-ci court, de même que si elle est un préalable à l'introduction d'une action en justice.
Vos réactions (4)
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mardi 1 avril 2008 / Nico
Oui mais que faire si le destinaire prétend que la lettre recommandée était vide ? -
mercredi 23 avril 2008 / Sony
Peut-on refuser de signer et ne pas prendre une LRAR qui nous est adressée ? et quelles conséquences cela peut engendrer ?
Si la lettre est perdue et que l'on a déclaré un envoi en R3, doit t'on prouver la valeur que le pli contenait ?
Merci -
mardi 13 mai 2008 / Titlo
En réponse à Nico, la solution est tout simplement d'acheter à La Poste un Prêt à recommander suivi. Tu écris ta lettre dessus, tu scelles, et tu déposes au bureau de poste. L'accusé de réception est inclus. Ainsi, le destinataire en acceptant la lettre a forcément connaissance de son contenu, surtout si tu prends soin de photocopier le tout...Et avec le suivi, tu sais où en est ton envoi... -
mardi 13 mai 2008 /
Bonjour,
a part la lettre en AR, le courriel fait-il office de preuve juridique ? et le fax ?
Merci
