Déchiffrer les coquilles d'oeuf

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Déchiffrer les coquilles d'oeuf

Les lettres et chiffres inscrits sur les coquilles d'œuf renseignent sur leur mode de production : pays d’origine, type d’élevage… Voici comment décrypter ces mentions.

L’œuf est l’un des produits d’origine animale les plus réglementés : le mode d’élevage des poules pondeuses est encadré depuis 1999 par une directive européenne, et les normes de commercialisation des œufs sont standardisées depuis 2004. Enfin, la France est le premier producteur européen, et nous sommes parmi les plus grands consommateurs.

Un code pour chaque mode d’élevage

"1FRABT01"… Qui n’a pas remarqué ces chiffres et lettres qui figurent obligatoirement sur la coquille de l’œuf ? Le tout premier chiffre, qui peut être le code 3, 2, 1 ou 0, précise le mode d’élevage. Les deux premières lettres indiquent le pays de production (FR pour France), les trois lettres et les chiffres qui suivent permettent d’identifier le producteur et le bâtiment de ponte.

Le code 3 : des conditions exécrables pour les poules

Le code 3 signifie "œufs de poules élevées en cage". En France, 81 % des poules pondeuses, soit environ 37 millions, vivent en cage dans des élevages intensifs, appelés aussi "batteries". Leurs œufs constituent la majorité de ceux que nous consommons ou qui sont utilisés dans les aliments élaborés (pâtes, mayonnaises…).

Dans ces élevages, les poules, éclairées à la lumière artificielle, disposent d’un espace vital de la taille d’une feuille A4 : entassées à quatre ou cinq par cage, elles sont jusqu’à dix-huit par mètre carré. Elles vivent sur du grillage souple et en pente pour que les œufs roulent sans se briser ; elles n’ont pas de nid ni de perchoir. On leur a ôté le bec pour éviter qu’elles se blessent. Certains cheptels comptent 300 000 poules par bâtiment ! Leur alimentation n’est pas réglementée.

D’ici à 2012, toutes les cages seront plus grandes et devront disposer d’un perchoir, d’un nid et d’une litière. Certains producteurs appliquent déjà ces normes, d’autres ont renoncé à ce mode de production, et quelques géants de l’agroalimentaire (McDonald’s, Unilever) se sont engagés à ne plus se fournir en catégorie 3.

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