Pour aller plus loin
Bio : un gage de qualité ?
- Actualisé le jeudi 13 septembre 2007
À l'origine de l'agriculture biologique, on trouve une préoccupation pour l'environnement et la volonté de ne plus utiliser de produits chimiques.
Pas de produits chimiques
Si vous demandez à un agriculteur bio pourquoi il a choisi cette méthode de culture ou d'élevage, il répondra sans doute que c'est pour "respecter la nature plutôt que chercher à la dominer".
Une ambition traduite par Xavier Rousseau (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) : "Un agriculteur bio s'impose des obligations et des contraintes supplémentaires par rapport aux normes réglementaires. Il renonce en particulier à toute utilisation de produits chimiques de synthèse."
C'est le principe de base de l'agriculture biologique : pas de recours aux engrais chimiques ni aux pesticides de synthèse, et une exploitation moins intensive des surfaces agricoles.
Des méthodes alternatives
Concrètement, la fertilité des sols est maintenue par la rotation des cultures (comme en agriculture traditionnelle) et par l'emploi d'engrais non chimiques (engrais verts, par exemple). Des moyens mécaniques sont mis en œuvre pour éliminer les mauvaises herbes (désherbage manuel, thermique, paillage…). Le développement des champignons parasites est limité par l'emploi de quelques produits, comme le cuivre et le soufre. Des méthodes de lutte biologiques et des insecticides dits naturels permettent de contenir les insectes indésirables.
Certains éleveurs revendiquent aussi le label AB. Pour eux, pas d'élevage en batterie : leurs animaux ont accès à des parcours herbeux en plein air, sont nourris à 90 % au moins de cultures biologiques, et leur densité au mètre carré ne doit pas dépasser un certain seuil. Les conditions de leur abattage sont également encadrées.
Une réglementation abondante et qui évolue
Un produit labellisé AB doit respecter la réglementation européenne en vigueur depuis 1991 et contenir au moins 95 % d'ingrédients bio. Depuis avril 2000, un logo européen peut être apposé sur le bio provenant exclusivement de l'Union européenne (UE).
La moitié de la production bio consommée en France est importée. Pour passer la frontière, elle doit avoir obtenu une autorisation délivrée par le ministère compétent si elle provient d'un État membre de l'UE, ou venir d'un pays dont la réglementation a été évaluée par la Commission européenne (Argentine, Australie, Costa Rica, Israël, Nouvelle-Zélande et Suisse).
En outre, quelle que soit la provenance des produits (Europe ou non), les importateurs sont eux aussi contrôlés deux fois par an. "Les locaux de stockage sont également vérifiés, car les produits non bio doivent être séparés des produits bio. Les importateurs sont sérieux, la filière est de plus en plus fiabilisée", remarque Jérôme Galin, de Qualité France.
Pour unifier les règlements des différents États de l'UE, la Commission a élaboré un nouveau texte qui permettra l'utilisation dans certains cas de produits chimiques pour lutter contre les maladies des végétaux et des animaux et admettra la présence d'OGM par contamination jusqu'à un seuil de 0,9 %. Le projet, voté en juin 2006, sera mis en application en 2009.
