Souscrire une assurance-vie

Souscrire une assurance-vie
Le succès de l’assurance-vie tient en grande partie à la sécurité offerte par les fonds en euros. - © zhz_akey

Après les livrets réglementés qui offrent une totale liquidité, l’assurance-vie est un placement de plus long terme, sûr et modulable, à adapter à ses objectifs.

54 millions d’assurances-vie

Les Français, à la recherche de placements sûrs, plébiscitent l’assurance-vie investie sur le fonds en euros. Mais est-ce toujours judicieux ? Faisons le point sur ce produit. Pour ne faire prendre aucun risque à votre épargne de précaution et la mettre à l’abri des fluctuations boursières, il suffit de la placer sur le fonds en euros de n’importe quelle assurance-vie. La démarche est d’autant plus simple que tous les contrats comportent au moins un fonds en euros. Les plus vieux contrats peuvent ne proposer que le fonds en euros. Ils sont dits « monosupports ». Mais seuls les contrats multisupports sont désormais commercialisés. Ils comportent, en plus du fonds en euros, plusieurs autres fonds ou unités de compte (UC).

Chaque compagnie d’assurance-vie dispose de son propre fonds en euros : il est obligatoirement, et très majoritairement (à hauteur de 80 % environ), investi en obligations d’État et d’entreprises. L’an passé, le rendement moyen de ces fonds, toutes compagnies confondues, a été de 1,8 % après frais de gestion, d’après la Fédération française de l’assurance (FFA), soit 1,52 % après déduction des prélèvements sociaux à 15,50 %. Voilà qui reste encore deux fois plus élevé que celui des autres produits à capital garanti (livrets d’épargne et PEL, notamment).

Avantages

Avant tout, la sécurité. Le succès de l’assurance-vie tient en grande partie à la sécurité offerte par les fonds en euros. L’argent investi (moins les frais sur versements), est garanti année après année, même si les marchés boursiers sont durablement en chute. Ensuite, pas de risque de moins-value : vous êtes sûr de percevoir une rémunération chaque année, sachant que celle-ci varie selon les assureurs et selon les contrats. De plus, ces intérêts annuels sont définitivement acquis au fil du temps : c’est ce que les assureurs désignent sous le terme d’effet de cliquet.

De l’argent toujours disponible. De l’argent toujours disponible. Quelques mois ou plusieurs années après la souscription, les sommes investies sur un fonds en euros quel qu’il soit sont disponibles. Pour répondre à cette obligation de liquidité permanente, les assureurs sont soumis à des règles financières prudentielles spécifiques. « Celles-ci se sont considérablement renforcées depuis janvier 2016, date d’entrée en vigueur de la dernière directive européenne en la matière », note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.

Une fiscalité clémente. Les intérêts acquis au fil du temps ne sont soumis à l’impôt sur le revenu qu’en cas de retrait d’argent. Jusqu’ici plus le contrat était ancien, plus la fiscalité était dégressive. Dans le projet de loi de finances pour 2018, ce n’est plus systématiquement le cas, mais elle reste très avantageuse lorsque le contrat atteint son huitième anniversaire puisque, chaque année, les gains inclus dans un rachat bénéficient d’une exonération d’impôt à hauteur de 4 600 euros pour une personne seule ou de 9 200 euros pour un couple. Seuls les prélèvements sociaux sont dus (+ 1,7 % de CSG en 2018). Quant au nouveau prélèvement forfaitaire unique de 30 %, il ne concernerait que les titulaires de plus de 150 000 euros d’encours en contrats d’assurances-vie. Les contribuables dont la tranche marginale d’imposition est de 41 ou de 45 % auront intérêt à opter pour cette forme d’imposition.

Adapté à des objectifs de vie multiples. Selon une étude Ipsos-FFA de mars dernier, toutes les classes d’âges et toutes les catégories socioprofessionnelles sont détentrices d’assurances-vie. Cette diversité des profils n’est pas étonnante car ce produit s’adapte à tous les objectifs : placer une épargne de précaution, faire fructifier à plus long terme un capital, le transmettre, ou se garantir des revenus complémentaires. À condition de disposer d’un contrat de bonne tenue, il est possible de le faire évoluer au fil du temps. Vous pouvez aussi ouvrir plusieurs assurances-vie – leur nombre n’est pas limité à un par personne – et destiner chacun d’entre eux à un objectif de placement déterminé.

Inconvénients

Un rendement en baisse. Depuis toujours, le rendement des fonds en euros suit l’évolution des taux longs, ceux des obligations d’États à dix ans. « Leur rentabilité devrait atteindre un point bas en 2018, prévient Cyrille Chartier-Kastler, président du site goodvalueformoneu.eu. En 2017, le rendement moyen pourrait être de l’ordre de 1,48 % net de frais et brut de prélèvements sociaux, et de 1,40 % en 2018. »

Pour contrer cette érosion, plusieurs possibilités. La première consiste à placer une partie de son épargne en unités de compte (UC), c’est-à-dire dans des fonds autres que le fonds en euros. Une solution plus risquée, envisageable si l’on ne pense pas avoir besoin de l’argent dans les deux ou les trois années qui viennent. La seconde est d’investir une partie de son capital dans un fonds en euros dynamique, plus rémunérateur que le fonds classique, sous réserve d’avoir souscrit un contrat récent qui dispose de deux fonds en euros.

Un accès parfois limité. Face à cette conjoncture baissière et alors que les garanties du fonds en euros leur coûtent cher, de plus en plus d’assureurs modifient les conditions de leurs nouveaux contrats afin que leurs clients se détournent de ce fonds. Certains les obligent à investir jusqu’à 30 % en UC à chaque versement. Ou, de façon plus incitative, leur font bénéficier de majorations de rendement du fonds en euros (de 0,10 à 0,30 % en moyenne) lorsqu’une part minimale des nouveaux versements est fléchée vers les UC ou lorsque la part globale des UC du contrat représente un certain pourcentage (10 à 50 %).

Une garantie en capital qui se transforme. En général, cette garantie est « nette » des frais de gestion du contrat : pour 100 euros placés, l’assureur doit verser 100 euros à l’épargnant, majorés des intérêts acquis au fil des années. Mais, dans les nouvelles générations de contrats, ce capital peut être « brut » des frais de gestion : pour 100 euros placés, l’assureur ne devra donc verser que 99 euros si ces frais sont de 1 %, par exemple.


Des frais plus pénalisants. Dans ce contexte, portez une attention particulière aux frais de chaque contrat. Ainsi, des frais sur versement de 1,5 %, qui sont ponctionnés d’emblée, peuvent absorber la rémunération du fonds en euros durant la première année de placement si celle-ci est de 1,5 % net. S’ils sont plus élevés encore, l’argent ne rapporte rien durant dix-huit mois ou deux ans ! Autre point de vigilance : les frais de gestion qui s’appliquent à la totalité de l’épargne gérée dont l’encours augmente, année après année. Même si l’on n’y prend garde à la souscription, ces frais diminuent le rendement final du fonds en euros : 0,60 % l’an constitue une bonne moyenne.