Placer son argent sur un compte à terme

Batch operation process

Sécurisés et sans surprise, les comptes à terme représentent une solution d’attente idéale pour votre épargne. À condition de souscrire au produit le mieux adapté à vos besoins.

Le compte à terme (ou dépôt à terme) permet de bloquer une somme d’argent, de manière sécurisée, selon un taux d’intérêt et une durée (entre un mois et dix ans) fixés à la souscription. Du coup, c’est un placement sur mesure !

Pensez-y si vous avez vendu un bien immobilier ou hérité d’une certaine somme et que vous envisagez de réinvestir l’argent d’ici à quelques mois seulement.

Le plafond des livrets réglementés (livret A, livret de développement durable, livret d’épargne populaire) étant rapidement dépassé, le compte à terme constitue une bonne solution de placement relais sécurisé, avance Georges Billand, spécialiste de la finance bancaire.

Sur une durée plus longue, jusqu’à dix ans, il vous donne un moyen de diversifier votre épargne. Si vous disposez d’un capital suffisant, vous pouvez ainsi décider d’en placer une partie sur un compte à terme – vous êtes certain de récupérer votre capital augmenté des intérêts – et l’autre sur des placements plus risqués.

Quelles différences avec le livret A ?

Le livret A sert à se constituer une épargne de précaution, disponible à tout moment, alors qu’avec le compte à terme l’argent est en principe bloqué. Si vous l’utilisez par anticipation, vous pouvez être amené à payer des pénalités. De plus, la durée du livret A n’est pas limitée dans le temps, contrairement à celle du compte à terme.

Autre différence : avec le livret A, votre épargne ne peut dépasser un plafond (22 950 € depuis le 1er janvier 2013), mais vous pouvez effectuer des versements réguliers. Avec le compte à terme, vous réalisez un versement unique à l’ouverture, mais sans limite de montant.

Le taux d’intérêt du livret A est déterminé par les pouvoirs publics, ceux des comptes à terme sont fixés librement par chaque banque, mais les gains générés par le livret A sont défiscalisés, contrairement à ceux du compte à terme !, complète Mathieu Bouville, auteur de Votre argent mérite de vous rapporter plus (Lextenso Éditions).

Comment choisir un compte  à terme ?

Trois critères sont à examiner. D’abord, la durée (un mois, six mois, un an, voire jusqu’à dix ans), qui dépend de votre projet. Ensuite, le montant de la somme à déposer. Certains comptes à terme imposent le versement d’une somme minimale (1 000 € par exemple), mais pas de plafond.

Toutefois, la banque impose un montant maximum en cas de rémunération exceptionnelle, précise Georges Billand.

Le taux d’intérêt, qui résulte de la stratégie de chaque banque, constitue le dernier point à examiner.

Quel rendement escompter ?

La rémunération annuelle s’établit en moyenne à 2,33 % pour les dépôts à terme inférieurs ou égaux à deux ans, et à 3,12 % pour les dépôts à terme supérieurs à deux ans (taux moyens en septembre 2012 communiqués par la Banque de France).

Elle tient compte du niveau général des taux d’intérêt au moment de la souscription, auquel la banque applique une décote qui correspond à sa marge.

Le montant du dépôt et la durée du placement jouent également un rôle dans la fixation du taux, selon un principe simple : plus le montant et la durée sont importants, plus le rendement est élevé !

Sachez enfin que vous ne paierez pas de frais, ni à l’ouverture, ni à la clôture du compte.

Quelle formule de taux retenir ?

Avec la formule classique, le taux est identique pendant toute la durée du compte à terme, à condition de laisser l’argent jusqu’à la fin du placement.

Vous pouvez aussi choisir un compte à terme à taux progressif. Dans ce cas, la rémunération augmente à la fin de chaque période (trimestre, semestre ou année), dans des proportions également connues à l’avance.

Par exemple, avec un compte à terme à trois ans, vous pouvez percevoir 3 % d’intérêts la première année, 3,5 % la deuxième et 4 % la troisième année. Mais attention aux malentendus !

Si le taux progressif affiché est de 4 %, ce n’est que la troisième année que vous percevrez ce taux, la rémunération annuelle moyenne s’élevant à 3,5 % sur trois ans, prévient Mathieu Bouville.

Avantage de cette formule : vous pourrez retirer une partie de votre capital la première année, puis une autre la deuxième année, sans pénalité.

Quelle information recevrez-vous de votre banque ?

L’établissement financier est tenu de détailler contractuellement le fonctionnement du compte à terme : durée, taux de rémunération, pénalités en cas de retrait anticipé…

Nouveauté : l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) – qui contrôle l’activité des banques et des assurances – recommande aux banques d’exposer, avant la souscription, dans un document distinct du contrat, les caractéristiques du compte, dès lors qu’il est assorti d’un taux progressif. Cette décision s’appliquera à compter du 1er juin 2013.

Pour plus d'informations sur les différentes formes d'épargne, consultez le site de la Fédération bancaire française ou celui de l'Institut pour l’éducation financière du public ou le livre Votre argent 2013. Tout savoir pour mieux le gérer et le faire fructifier (Prat Éditions).

Quand peut-on récupérer son capital ?

C’est en principe à la fin du placement que la banque vous versera le capital majoré des intérêts. Cependant, pour les comptes à terme de plus d’un an, il est possible de percevoir les intérêts tous les mois ou tous les trimestres.

Si vous retirez vos fonds avant la fin du premier mois, vous ne bénéficierez d’aucune rémunération. Cette règle s’applique aussi aux comptes à terme progressifs, sur chaque premier mois d’un changement de taux.

Peut-on débloquer son argent avant terme ?

Oui, mais une pénalité sur les intérêts – fixée dans le contrat – peut être appliquée. Voilà pourquoi il importe, avant la souscription, de vous assurer de pouvoir immobiliser vos capitaux jusqu’au bout.

Si vous manquez de visibilité, privilégiez soit le taux progressif, soit la souscription de plusieurs comptes à terme, en optant pour des dates d’échéance différentes.

Par exemple, au lieu de verser 5 000 € sur un compte à terme à cinq ans, placez 1 000 € sur cinq comptes à terme. Ainsi, en fermant un seul compte avant la date prévue, vous continuerez à bénéficier de la rémunération promise pour les autres. Et les pénalités ne s’appliqueront que sur les intérêts de ce compte-là.

Si vous n’avez finalement pas besoin de cet argent, vous pouvez ouvrir un autre compte à terme et, peut-être, bénéficier d’un meilleur rendement, ajoute Georges Billand.

Comment les intérêts sont-ils taxés ?

En 2013, vous pouvez encore bénéficier de l’option la plus avantageuse entre le prélèvement libératoire de 24 % (plus 15,5 % de contributions sociales) et le barème progressif de l’impôt.

En revanche, à compter de l’imposition des revenus 2013, les intérêts seront soumis à l’impôt sur le  revenu (plus les contributions sociales).

En pratique, un impôt de 24 % sera toujours prélevé à la source au moment de la perception du revenu, mais l’année suivante, vous paierez un complément, ou le trop-perçu vous sera restitué.

Ce changement favorisera les épargnants peu ou pas imposés. Ainsi, pour un contribuable imposé sur le revenu au taux marginal de 14 %, un taux de rémunération brut de 3 % équivaut à 2,11 % net.

Mais un contribuable taxé à 30 % ne percevra que 1,63 %, soit moins qu’avec le prélèvement forfaitaire libératoire (voir le tableau).

Il est à noter que les ménages dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 50 000 € pourront, sur demande, être dispensés du versement de l’acompte.

En outre, les contribuables ayant perçu moins de 2 000 € d’intérêts dans l’année conserveront le droit de demander le maintien du taux d’imposition de 24 %.

La fiscalité des intérêts en 2013

 

Revenu imposable
par part

5 963 €
à 11 896 €
11 896 €
à 26 420 €
26 420 €
à 70 830 €
70 830 €
à 150 000 €
> à 150 000 €
Tranche marginale d’imposition
 
5,50 % 14 % 30 % 41 % 45 %
Contributions
sociales
15,50 %
CSG déductible
partiellement*
– 0,28 % – 0,71 % – 1,53 % – 2,09 % – 2,30 %
Taux global
d’imposition
20,72 % 28,79 % 43,97 % 54,41 % 58,20 %

* Calcul réalisé en multipliant le taux d’imposition sur le revenu par 5,1 %.

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