Les bons placements pour une bonne retraite

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Gel des pensions, difficultés des régimes complémentaires… épargner pour sa retraite n’a jamais été autant d’actualité. Faites votre choix.

Vous rêvez de passer votre retraite au soleil ? Encore faut-il avoir les moyens de financer vos voyages ! Car, c’est une certitude, vos revenus vont sensiblement diminuer le jour où vous cesserez votre activité professionnelle.

Les placements retraite

Mais, que vous soyez employé, cadre supérieur ou profession libérale, il est possible d’anticiper cette baisse pour percevoir, le jour venu, des revenus complémentaires. C’est l’objet des « placements retraite », qui vous permettront, à terme, de recevoir une rente viagère (versée jusqu’au décès de l’assuré).

Perp, contrats Madelin, Perco ou encore Préfon Retraite : ces produits imposent de s’engager sur le long terme, puisque, sauf exceptions, vous devrez attendre la retraite pour en percevoir les fruits. Une règle contraignante, le plus souvent contrebalancée par des avantages fiscaux.

Plus le particulier est lourdement imposé, plus la réduction d’impôt est importante », explique ainsi Dominique Prévert, associé dirigeant du cabinet Optimaretraite.

De la souplesse avec le Plan d'épargne retraite populaire (Perp)

Le Plan d’épargne retraite populaire (Perp) est ouvert à tous les épargnants qui souhaitent compléter leur retraite par une rente viagère.

Comme pour l’assurance-vie, c’est un contrat d’épargne pour lequel vous choisissez le ou les supports d’investissement, le moins risqué étant le fonds en euros.

Chaque Perp présente des spécificités en termes de nombre de supports, de frais et d’options (notamment pour la réversion).

  • Sortie anticipée. Contrairement à l’assurance-vie, elle est impossible, sauf en cas d’invalidité, de décès, de surendettement, d’expiration des droits au chômage ou de cessation d’activité suite à une liquidation judiciaire.
  • Fin du contrat. Le Perp se dénoue en rente, l’épargnant pouvant cependant opter pour une sortie en capital à hauteur de 20 % maximum.

Fiscalité du Perp

Pendant la phase d’épargne. Les contraintes du Perp sont atténuées par une fiscalité très incitative… pour les contribuables les plus lourdement imposés (situés au minimum dans la tranche à 30 % de l’impôt sur le revenu).

Les cotisations déduites du revenu imposable

En effet, tous les ans, l’épargnant peut déduire ses cotisations de son revenu imposable dans la limite de 10 % de ses ressources, plafonnées à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de 2013 (8 x 37 032 € = 296 256 €), soit 29 626 €. Autrement dit, plus il est imposé dans une tranche élevée du barème, plus l’avantage fiscal lié à la déduction génère une économie importante.

  • À la sortie, la rente est imposée comme une pension de retraite et soumise aux contributions sociales de 8,1 %.

À noter : le plafond de déduction fiscale est commun aux cotisations versées sur un Perp, à la Préfon Retraite et au Corem.

Déduction fiscale maximale avec le Madelin

Ces contrats sont réservés aux travailleurs non-salariés, imposés au titre des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou aux bénéfices non commerciaux (BNC). Ils s’adressent aux professions libérales, aux commerçants et aux artisans, à condition qu’ils soient lourdement imposés pour profiter à plein de l’avantage fiscal.

Des versements annuels

Le professionnel s’engage à réaliser des versements annuels sur son contrat jusqu’au moment où il cesse d’exercer en tant que non-salarié ou jusqu’à sa retraite. Il existe plusieurs types de contrats : en points, monosupport ou multisupport.

La qualité des fonds proposés, les conditions techniques et les options, comme la réversion en faveur du bénéficiaire désigné, varient d’un contrat à l’autre.

  • Sortie anticipée. Non prévue, sauf exceptions
  • Fin du contrat. Obligatoirement en rente viagère.

Fiscalité du Madelin

Pendant la phase d’épargne. C’est l’atout phare de ces contrats. Le souscripteur peut déduire ses cotisations à hauteur de 10 % de son revenu imposable, dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de 2013. Soit 29 626 €, augmentés de 15 % de la fraction des revenus compris entre une fois et huit fois le plafond annuel, ce qui équivaut à 68 509 € au maximum en 2013.

Exemple : un médecin dont le bénéfice imposable atteint 120 000 € peut déduire de son revenu jusqu’à 24 445 € [10 % de 120 000 € + 15 % de la différence entre son revenu imposable (120 000 €) et le plafond annuel de la Sécurité sociale (37 032 €)].

  • À la sortie. Idem que pour le Perp.

Vous pouvez ouvrir autant de contrats Madelin que vous le souhaitez, quitte à ne verser que le strict minimum, souvent quelques centaines d’euros par an, sur un ancien contrat moins attractif », explique Françoise Kleinbauer du cabinet France Retraite.

Sortie en capital possible avec le Perco

Le Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) est un dispositif accessible aux salariés des 155 000 entreprises ayant choisi de le mettre en place. Créé en 2003, il concerne aujourd’hui 1,2 million de salariés.

Le salarié peut alimenter son Perco avec l’intéressement, la participation, l’abondement de l’entreprise et des versements volontaires. Il choisit le ou les supports d’investissement dans la gamme qui lui est offerte.

Une gestion libre ou pilotée

Le salarié a le choix entre une gestion libre et une gestion pilotée. Dans ce second cas, des arbitrages sont automatiquement réalisés pour sécuriser peu à peu son épargne à l’approche de la retraite.

  • Sortie anticipée. Il existe cinq cas de déblocage anticipés : le décès, l’invalidité, l’expiration des droits à l’assurance chômage, le surendettement et l’acquisition de la résidence principale.
  • Fin du contrat. Une fois à la retraite, le souscripteur d’un Perco peut, s’il le souhaite, récupérer 100 % de son épargne sous forme de capital plutôt qu’en rente viagère.

Fiscalité du Perco

Pendant la phase d’épargne. Contrairement aux autres dispositifs, les sommes versées sur un Perco ne sont pas déductibles du revenu imposable.

Seul avantage fiscal à l’entrée : lorsqu’ils sont versés sur le Perco, l’intéressement, la participation et l’abondement ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu.

  • À la sortie. La rente viagère est soumise aux contributions sociales (au taux de 15,5 % en 2013) et à l’impôt sur le revenu après l’application d’un abattement dont le montant dépend de l’âge du bénéficiaire lors de la liquidation du Perco. Par exemple, 60 % si le bénéficiaire est âgé de 60 à 69 ans au premier versement de la rente : il n’est donc imposé que sur 40 % de son montant. 

En cas de sortie en capital, les plus-values échappent à l’impôt, mais pas aux contributions sociales.

À savoir : le salarié peut verser jusqu’à 25 % de sa rémunération annuelle brute sur un Perco.