La déclaration d’impôts des retraités

Impôts 2014 : célibataire, marié, pacsé ou en concubinage, veuf
Déclaration d'impôts 2017 des retraités. - iStock/Highwaystarz-Photography

Pour les retraités, les indemnités ou les pensions reçues sont imposables, à quelques exceptions. Voici selon votre cas, ce que vous devez inscrire sur votre déclaration.

Partez du principe que toutes les pensions de retraite ou d’invalidité sont imposables, et donc à déclarer, sauf dans les cas listés dans le tableau en page suivante. Cette obligation de déclaration s’applique également aux pensions de réversion, aux allocations de veuvage et à certains avantages accessoires (majorations de retraite pour charge de famille, valeur locative d’un logement de fonction conservé). Vérifiez que les sommes indiquées dans votre déclaration préremplie correspondent à celles figurant sur vos bordereaux de retraite.

Vous êtes en retraite depuis 2016

Vous êtes parti volontairement. L’indemnité de départ à la retraite perçue est entièrement imposable. Sauf dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, où elle est exonérée.
Votre employeur vous a mis à la retraite d’office. Votre indemnité est exonérée si elle ne dépasse pas le montant prévu par la convention collective, l’accord professionnel ou interprofessionnel ou, à défaut, la loi. « Si un accord d’entreprise ou votre contrat de travail prévoit un montant supérieur, l’exonération est limitée selon ce qui est le plus avantageux pour vous, soit à la moitié de l’indemnité, soit au double de votre rémunération brute annuelle au cours de l’année précédant la rupture du contrat de travail », précise Florent Belon, consultant chez Fidroit. Mais, dans les deux cas, l’exonération n’excède pas 193080 euros pour 2016. Le surplus est imposable.

Vous pouvez lisser le revenu exceptionnel que constitue une indemnité retraite imposable, et éviter ainsi de franchir une tranche d’impôt supérieur.

Vous avez touché une retraite en capital

Certaines prestations de retraite sont versées sous forme de capital. Elles peuvent, être soumises, si vous le demandez expressément, à un prélèvement libératoire de 7,5 % sur leur montant préalablement diminué d’un abattement de 10 %. Cette option est plus intéressante si votre taux marginal d’imposition dépasse 7,5 %. Remplissez dans ce cas la case 1AT de votre déclaration 2042. Mais vous n’y avez droit que si le capital vous a été versé en une seule fois et si les cotisations réglées pour l’obtenir étaient, à l’époque, déductibles de votre revenu imposable. « Soyez vigilant si vous avez récupéré sous forme de capital une partie de votre épargne figurant sur un PERP (plan d’épargne retraite populaire), conseille Florent Belon. Dans la déclaration préremplie, cette somme déjà cumulée à vos pensions de retraite figurera dans la case 1AS. Vous devez retrancher ce qui est issu de votre PERP des sommes indiquées dans cette case, pour mentionner ce montant en case 1AT et bénéficier de ce régime fiscal en général plus avantageux. »

Vous touchez une rente

Le montant brut des rentes à titre onéreux (viager, assurance-vie ou Perco, par exemple) doit être déclaré intégralement dans les cases 1AW à 1DW. Mais l’administration fiscale ne vous imposera que sur une partie, fixée forfaitairement selon l’âge auquel vous avez perçu le premier versement de cette rente : sur 70 % si vous aviez moins de 50 ans, 50 % si vous aviez entre 50 et 59 ans, 40 % si vous aviez entre 60 et 69 ans, 30 % si vous aviez 70 ans ou plus. En revanche, les rentes à titre gratuit issues des contrats Madelin, Préfon-retraite, Corem ou d’un PERP sont imposables. Elles sont à déclarer en case 1AS.
Pensez-y ! Inscrivez dans la case 1AO la pension alimentaire versée par vos ascendants ou vos descendants pour vous venir en aide. Celle-ci est imposable à hauteur du montant qu’eux-mêmes déduisent de leurs revenus.

Les abattements dont vous bénéficiez

L’abattement de 10 % : il est appliqué d’office par l’administration fiscale sur les retraites et pensions d’invalidité déclarées, avant qu’elles soient soumises au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette déduction forfaitaire s’élève à 379 euros minimum par retraité et est plafonnée à 3 715 euros pour l’ensemble du foyer fiscal (et non par personne).
Un abattement supplémentaire sous conditions : si vous aviez 65 ans au moins au 31 décembre 2016 ou si vous êtes invalide à au moins 40 %, et en fonction de vos ressources, vous pouvez en bénéficier. Si votre revenu net global (retraites, BIC, revenus fonciers, etc.) imposable de 2016 ne dépasse pas 14 750 euros, l’abattement s’élèvera à 2 352 euros. Pour un revenu entre 14 750 et 23 760 euros, il sera de 1 176 euros.