Quand le conseiller bancaire vous interroge

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Quand le conseiller bancaire vous interroge

Depuis près d’un an, si le conseiller bancaire se montre indiscret, c’est dans l’intérêt de son client. Il applique la directive MIF qui se donne pour objectif de protéger l’épargnant en lui donnant un conseil éclairé.

Questions indiscrètes, documents à signer, rendez-vous pour "faire le point" sur les placements : les banquiers semblent de plus en plus curieux. Ce n’est d’ailleurs pas une impression mais la réalité, très précisément depuis le 1er novembre 2007. Cela fait en effet près d’un an que la directive MIF (directive n° 2004/ 49/CE réglementant les marchés des instruments financiers) est entrée en vigueur en France. Cette directive a été transposée dans le Code monétaire et financier et dans le "règlement général" de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Elle harmonise au niveau européen la commercialisation des placements financiers, en particulier celle des actions et des obligations, en direct ou via des sicav ou des fonds communs de placement (FCP). En revanche, elle ne concerne pas les comptes de dépôt, les livrets bancaires, l’assurance-vie et les plans d’épargne retraite populaire (Perp).

Objectif : protéger les particuliers

La directive MIF réglemente, dans le cadre dit du "service de conseil en investissement", l’ensemble du processus de vente, depuis l’information du client jusqu’à la souscription du produit, en passant par le conseil proprement dit. Objectif : protéger le consommateur client en mettant tout en œuvre pour qu’il souscrive des produits parfaitement adaptés à sa situation. Bonne nouvelle donc, les questions indiscrètes des conseillers bancaires vont dans le bon sens.

Cette directive protège l’ensemble des particuliers, car ils sont définis comme "non professionnels". Autant dire que la très grande majorité des Français se reconnaissent dans cette catégorie. Dans ce cadre, les clients des banques doivent faire l’objet d’un conseil personnalisé afin que le placement recommandé réponde parfaitement à leurs besoins. D’où la nécessité, pour les conseiller, de mieux les connaître. C’est la raison pour laquelle il les sollicitera pour compléter un questionnaire lors d’un rendez-vous en face-à-face.

Des questions pour cerner le profil de l’épargnant

L’établissement en gardera bien évidemment une trace écrite, car les données ainsi recueillies et si nécessaire actualisées serviront de base à chaque nouvelle recommandation.

Les informations demandées concernent tous les aspects de la situation personnelle de l’épargnant : son âge, sa situation de famille (par exemple, est-il marié ? a-t-il des enfants ?), ses revenus actuels, ceux qu’il anticipe en cas de retraite prochaine, s’il est propriétaire de sa résidence principale, la composition de son patrimoine financier, le niveau de risque qu’il accepte de prendre en matière boursière, son degré de compréhension des mécanismes financiers, sa fiscalité, ses objectifs pour ses placements (valoriser une épargne, préparer sa retraite), etc.

"Cette évaluation permet à l’intermédiaire financier de recommander le produit qui correspond le mieux à la situation de son client. Pour autant, ne croyez pas que la directive MIF nous ait fait passer de l’ombre à la lumière : les distributeurs effectuaient déjà ce travail auparavant, mais il n’était pas aussi formalisé qu’aujourd’hui", explique Alain Pithon, délégué général de l’Association française de la gestion financière (AFG). On notera d’ailleurs que rien n’oblige un épargnant à répondre à ces questions, même si elles lui sont posées dans son strict intérêt. Car, à défaut de questionnaire dûment rempli, la banque ne pourra plus lui recommander de produits financiers.

De même, on se gardera de répondre évasivement ou de dissimuler certains points. Un particulier qui omettrait de préciser qu’il projette d’acheter un bien immobilier dans un avenir proche et qu’il aura besoin de récupérer tout ou partie de son épargne pour constituer son apport personnel prendrait un risque important. Sans cette information, son conseiller pourrait en toute bonne foi lui indiquer un placement à niveau de risque élevé, correspondant à un horizon de long terme, alors qu’en réalité il devrait sécuriser ses avoirs pour garantir son apport.

4 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par Seb Mercredi 25 février 2009
Il me semble que le banquier est tenu au secret professionnel. C'est tout de même une bonne garantie pour le client.
Par Alexis D Mercredi 25 février 2009

Cette directive protège en premier et (presque) exclusivement la banque , car le néophyte en matière boursière s'en remettra toujours au conseil de son banquier, qu'il ne pourra pas mettre en cause si l'opération se révèle catastrophique, puisque les "performances passées ne préjugent pas des performances futures". La "moralisation" ne réside que dans la présentation des documents (voire !)
Quelle garantie est donnée au client que ce questionnaire ne sera JAMAIS communiqué à un tiers ?
Par Tina Lundi 29 décembre 2008
Enfin une mesure qui va éviter au petit épargnant de se faire plumer.
En 2000 j'ai souscrit à un placement, faisant confiance à mon "conseiller". Ce placement fonctionnait avec la bourse, je n'avais pas le permis pour ça.
Je ne comprenais rien à la bourse, mais le conseiller n'a pas eu de scrupules à me le conseiller.
Résultat : je pense avoir perdu 50 % de mon capital, et je ne suis pas la seule dans ce cas.
Par cacrin Vendredi 17 octobre 2008
moi je veux juste savoir si l'argent de l'epargnant est protege en ce moment de crise.le gouvernement a t-il fait le necessaire pour cela.car si nous avons epargnes avec tant d'efforts toutes ces annees,je me vois mal en perdre une partie voir peut etre en cas extreme la totalite.donc je poses la question,y a t-il des risques.
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