Petit coup de pouce pour les livrets
- Publié le lundi 5 mai 2008
Garantir la rémunération de l’épargne…
À l’époque, dans un contexte de taux d’intérêt à court terme très bas et d’inflation très modérée, un tel système avait conduit à une baisse des taux de rémunération des livrets : l’épargne restait protégée de l’inflation et les conditions de financement du logement et de l’entreprise s’amélioraient. En effet, une baisse des taux de l’épargne réglementée correspond à des conditions d’emprunt plus avantageuses pour les HLM et les PME.
Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, s’était félicité d’une telle évolution : "La baisse des taux réglementés permet de dégager une force de frappe de financement qui pourra s’investir dans l’économie."
De son côté, prudente, la Banque de France avait néanmoins suggéré que le gouvernement puisse invoquer des "circonstances exceptionnelles" pour reprendre la main sur la fixation des taux de rémunération. Au cas où, par exemple, le coût du crédit à court terme remonterait et entraînerait dans son sillage la rémunération des livrets à des niveaux selon elle excessifs. C’est exactement la situation à laquelle vient d’être confronté le gouvernement actuel.
… et soutenir l’activité
Dès janvier, de nombreuses voix s’étaient élevées contre l’application de la formule qui, sans correctif, aurait vu le taux du livret A et du LDD grimper à 4 %. Le 15 janvier, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, écrivait au Premier ministre pour lui expliquer que la rémunération de l’épargne réglementée ne devait pas tenir compte du niveau anormalement élevé de l’Euribor (4,85 %), lié aux turbulences financières internationales : "L’application de la formule serait très pénalisante pour l’économie française, en augmentant le coût de financement du logement social, des ménages et des entreprises, en particulier des PME."
Et de suggérer une augmentation limitée à 0,25 % pour le livret A et le LDD. Une suggestion qualifiée d’"extrêmement prudente" par Matignon, qui a finalement choisi une solution médiane. Selon le cabinet du Premier ministre, à 3,50 %, "le livret A se situe à un niveau nettement supérieur à l’inflation. Il continue donc de remplir sa fonction de protection de l’épargne tout en préservant les conditions de financement du logement social. Ce niveau conforte les objectifs de construction de 120 000 nouveaux logements sociaux par an."
Changement de méthode
Comment le gouvernement a-t-il déterminé ce niveau de majoration ? En adaptant la formule de 2003 et en substituant au trop volatil Euribor l’indicateur Eonia, beaucoup moins capricieux et affichant des taux plus modestes. C’est donc cette nouvelle formule qui sera dorénavant appliquée. Prochain rendez-vous : août 2008.
En attendant, même si ce niveau de revalorisation des taux de l’épargne réglementée a pu décevoir, ces produits continuent de constituer une destination tout à fait judicieuse pour une épargne de précaution. Faut-il rappeler que leurs gains sont largement défiscalisés et que les montants qui y sont déposés demeurent totalement disponibles ?
