Pour aller plus loin
L’or, toujours plus haut
- Publié le lundi 25 février 2008
A qui s’adresser ?
Ce n’est pas à une mine que le particulier qui souhaite acquérir ou vendre un lingot ou des pièces s’adressera, mais à un commerce spécialisé (ils sont regroupés en particulier rue Vivienne, à Paris) ou à son agence bancaire, même si ces transactions sont inhabituelles au guichet.
L’acheteur établit un ordre d’achat en euros, exécuté au cours du jour s’il est passé avant midi, le cours (fixing) étant arrêté à 13 heures, heure de Londres. Les pièces ou les lingots sont généralement disponibles une semaine après et les frais varient entre 2 et 3 % du montant acquis. Si le choix se porte sur un lingot, le surprenant petit parallélépipède (mesurant 8 x 3,5 x 2 cm, il se niche aisément au fond de la poche !) sera accompagné d’un "certificat d’essayeur", attestant sa pureté et son origine.
Ce document ne dispense pas d’inspecter le bloc pour vérifier son authenticité, certifiée par la frappe de son poids exact (entre 995 et 1 005 g), la date à laquelle il fut coulé, son numéro de série et le poinçon du fondeur.
Convertir son or en euros se réalise de la même manière, au guichet, au cours du jour. Généralement, aucuns frais ne sont prélevés… sauf l’impôt éventuel (voir ci-dessous). En revanche, le prix tiendra compte de l’état du lingot ou de la pièce.
S’entourer de précautions pour conserver son or
Toute personne qui détient de l’or doit en effet redoubler de précaution. À la fois pour mettre le précieux métal à l’abri des convoitises et pour lui conserver son intégrité : une simple éraflure et sa valeur décline.
Auparavant, on s’interrogera sur la forme de son achat. Sur ce sujet, Guy Cottin tient des propos dépourvus d’ambiguïté : "Mieux vaut investir en pièces, notamment les fameux napoléons, qu’en lingots !"
Plusieurs raisons à cela : d’abord, détenir des pièces permet de procéder à des reventes plus ciblées, en fonction des capitaux recherchés. Ensuite, sachant qu’aucune nouvelle pièce ne sera frappée, on peut formuler un double pari : le premier s’appuie sur la montée du cours de la matière première qui compose la monnaie, le second mise sur l’augmentation de la "prime" de la pièce. Elle correspond à la différence entre la cote de la pièce sur le marché et la valeur de son poids en or.
En janvier, la prime a disparu : la valeur du napoléon était égale à son poids en or. Or tout semble indiquer que les cours du métal précieux vont continuer à s’apprécier. Serions-nous à la veille d’assister à une nouvelle ruée vers l’or ?
Plus-value : compter avec la part du fisc
Lorsqu’une personne cède un lingot ou des napoléons, l’administration fiscale s’invite au guichet du commerçant. La réglementation prévoit deux situations, selon que le vendeur est ou n’est pas en mesure de prouver la date à laquelle l’or est entré dans son patrimoine (par achat, donation ou succession). Sans document prouvant le prix d’acquisition, permettant de calculer la plus-value, le prix de vente est grevé d’une taxe égale à 8 % du montant de la transaction.
S’il détient un justificatif, le vendeur a la possibilité d’opter pour l’imposition de la plus-value, au taux de 29 %, contributions sociales incluses. Avant calcul de l’impôt, la plus-value est abattue de 10 % par an à partir de la troisième année, ce qui conduit à une exonération totale au bout de douze ans de détention. Même muni du justificatif de l’entrée de l’or dans son patrimoine, un vendeur peut avoir intérêt à opter pour la taxe forfaitaire de 8 % sur le prix de vente.
Exemple avec un napoléon acheté 62 € en 2002 et vendu 109 € en 2007. La plus-value (47 €), diminuée de 30 %, revient à 32,90 €, soit un impôt de 9,54 €, alors que, dans ce cas, la taxe de 8 % plafonne à 8,72 €.
