Obtenir un microcrédit pour créer son emploi

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Obtenir un microcrédit pour créer son emploi

Les demandeurs d'emploi dans l’impossibilité de souscrire un crédit bancaire et dont le projet de création d’entreprise est bien avancé peuvent bénéficier d’un appui financier dans le réseau associatif.

Les demandeurs d’emploi et les travailleurs précaires se trouvent généralement exclus du crédit bancaire, ce qui les empêche

de mobiliser des capitaux en vue de développer une activité ou de créer une entreprise.

C’est pourquoi certaines organisations leur apportent un soutien financier au moyen d’un ou plusieurs dispositifs : crédit d’un petit montant, prêt sans intérêt, garantie de prêt, sans oublier le prêt Nacre.

Il est possible de faire une demande auprès de plusieurs organismes et de cumuler les prêts.

En complément, ces organisations proposent parfois aux demandeurs de les accompagner avant, pendant et après la réalisation de leur projet (élaboration du "business plan", recherche de financements, aide commerciale…) dans le but d’assurer la pérennité de leur emploi.

1. Un crédit à taux zéro avec France Initiative

France Initiative, un réseau de 246 associations locales indépendantes, prête des montants jusqu’à 30 000 €, avec une moyenne de 7 800 €. 14 000 personnes en ont bénéficié en 2009. Autre spécificité :

"Cette association pratique essentiellement le prêt d’honneur (à taux zéro) sans garantie personnelle, d’une durée de trois à cinq ans, dans le but de permettre aux bénéficiaires de renforcer leur apport personnel, ce qui leur facilite l’accès au prêt bancaire, détaille Anne Chatauret, déléguée générale de France Initiative. Pour 1 € de prêt d’honneur, le crédit bancaire atteint 7,80 € en moyenne."

En pratique, il convient de s’adresser à la plate-forme de son territoire (sur www.france-initiative.fr, cliquez sur la carte ou choisissez votre département), qui détermine ses conditions d’attribution de prêt, chaque structure ayant sa propre organisation. Puis le candidat présente son projet devant le comité d’agrément de la plate-forme, constitué de professionnels d’horizons divers (chefs d’entreprise, experts-comptables…).

Dans le cas où ce dernier accorde le prêt, celui-ci est débloqué dans la semaine suivante à condition que l’emprunteur ait déjà effectué sa demande auprès de la banque de son choix.

"En effet, le versement du prêt d’honneur est conditionné par l’obtention du crédit bancaire", avertit Anne Chatauret.

2. Un emprunt auprès de l’Adie

L’Association pour le droit à l’initiative

économique (Adie) vient en aide aux créateurs d’une petite entreprise nécessitant peu d’investissement (20 000 € au maximum). En 2009, elle a accordé près de 14 000 crédits, le plus courant étant le "microcrédit investissement", destiné à ­favoriser le démarrage de l’activité (achat de ­matériel par exemple).

illustration Expert
Son montant n’excède pas 6 000 € (2 500 € en moyenne), le taux d’intérêt s’élève à 9,71 % (hors contribution de 5 % pour le fonds de solidarité de l’association), et la durée de remboursement varie entre douze et trente mois.

Sans emploi depuis un grave accident de la route et frappé d’interdit bancaire, Philippe Piffeteau, 40 ans, en a bénéficié à deux reprises en vue d’ouvrir une boutique de vêtements à ­Erstein, dans le Bas-Rhin. Il a reçu un premier crédit de 3 500 € pour financer son stock, puis, deux ans après, un second de 5 000 €, afin d’acheter un nouveau camion.

"Une caution est demandée pour garantir la moitié du prêt, la personne qui s’engage devant percevoir le Smic au minimum", avertit Uriell Bouger, responsable de ­l’accompagnement à l’Adie de Paris.

La ­demande de microcrédit s’effectue auprès de l’Adie soit par téléphone (0 800 800 566, appel gratuit depuis un poste fixe), soit en se rendant dans une des 130 antennes de l’association (adresses sur www.adieconnect.fr).

"Le candidat passe aussitôt un entretien d’une ­dizaine de minutes au cours duquel nous vérifions son éligibilité au crédit bancaire classique et la ­maturité de son projet d’entreprise, développe Uriell Bouger. Dès lors qu’il est jugé apte à lancer son activité ou sa société, il est invité à rencontrer un conseiller en crédit dans le mois qui suit, muni de sa pièce d’identité, de ses relevés de compte des trois derniers mois, et de tout document utile à son projet d’entreprise (promesse de bail par exemple). Cet entretien d’une heure permet ­d’évaluer sa faculté à rebondir devant les ­obstacles, d’examiner son rapport à l’argent

et sa capacité de remboursement, ainsi que son ­projet. Un candidat sur deux passe le cap de cet entretien. Ensuite, le conseiller transmet son ­dossier à un comité qui, dans un délai de quelques jours, décide d’attribuer ou non le crédit, sa réponse se révélant favorable dans 90 % des cas."
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