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Décoder les crédits
- Publié le mardi 3 mars 2009
Une dépense exceptionnelle, un achat immobilier en perspectives… Les occasions de contacter un crédit sont nombreuses, mais encore faut-il en faire bon usage. Tour d’horizon des prêts.
Sommaire de l'article : page 1 / 10
Dans les magasins
Les enseignes proposent parfois un "crédit gratuit" sur les articles dont elles souhaitent doper les ventes. Elles prennent à leur charge les intérêts… mais ont parfois pris soin de majorer au préalable le prix du bien (c’est autorisé à condition que la hausse intervienne plus de 30 jours avant l’offre de crédit gratuit). La bonne affaire n’est donc pas toujours assurée, sauf en cas de crédit supérieur à trois mois.
Les enseignes proposent parfois un "crédit gratuit" sur les articles dont elles souhaitent doper les ventes. Elles prennent à leur charge les intérêts… mais ont parfois pris soin de majorer au préalable le prix du bien (c’est autorisé à condition que la hausse intervienne plus de 30 jours avant l’offre de crédit gratuit). La bonne affaire n’est donc pas toujours assurée, sauf en cas de crédit supérieur à trois mois.
À l’auto-école
Certaines banques accordent à leurs jeunes clients des prêts d’un montant qui varie entre quelques centaines et quelques milliers d’euros, et leur font cadeau des intérêts. C’est le cas par exemple sur certaines "avances de rentrée", à rembourser deux ou trois mois après la reprise des cours.
Les 16-25 ans qui souhaitent apprendre à conduire peuvent aussi décrocher auprès de leur banque un prêt "gratuit" (ses intérêts sont pris en charge par l’État) de 600, 800, 1 000 ou 1 200 € selon les cas, grâce à l’opération "le permis à un euro par jour". Le mode d’emploi ? S’adresser à une auto-école partenaire de l’opération, lui demander un devis, le présenter à la banque, qui règle directement l’auto-école. Le calendrier de remboursement varie selon la durée du prêt, car l’échéance est toujours plafonnée à 30 € par mois, soit 1 euro par jour.
Louer un logement
Le 1 %-Logement avance gratuitement le dépôt de garantie, en proposant l’avance Loca-Pass, un prêt sans intérêts, que la personne qui emménage ne commence à rembourser que trois mois après avoir signé son bail.
Le 1 %-Logement accorde aussi la garantie Loca-Pass : l’organisme se porte caution du locataire devant le propriétaire (pour dix-huit mois de loyers et charges maximum le plus souvent). Le locataire qui en bénéficie s’engage à la rembourser (sans intérêts) si elle est mise en jeu parce qu’il ne paie pas son loyer.
Devenir propriétaire pour la première fois
Une personne qui achète sa première résidence principale et dont les revenus ne dépassent pas certains plafonds peut demander à bénéficier du prêt à taux zéro. Toujours accordée en complément d’autres crédits, cette avance sans intérêts sert à financer aussi bien l’achat d’un terrain que la construction d’un logement neuf, ou l’achat d’un logement ancien (avec ou sans travaux), s’il respecte les normes de surface et d’habitabilité.
Des prêts à 1 %
Les crédits vraiment bon marché existent. Certes, en 2009, le 1 %-Logement ne distribuera plus de nouveaux Pass Travaux, ce très séduisant crédit destiné à financer des travaux au taux record de 1,5 %. Mais l’organisme propose, au même taux, des prêts pour la construction ou l’achat dans le neuf d’une résidence principale pour les salariés des entreprises de plus de dix personnes ou les primo accédants.
Même prêt dans l’ancien (avec ou sans travaux), mais les conditions à remplir sont plus restrictives. Les acquéreurs qui changent de résidence principale pour cause de perte d’emploi ou de mobilité professionnelle, peuvent, eux, solliciter un prêt relais à 1 % maximum. Idem pour les locataires qui déménagent (après un plan social ou en mobilité professionnelle) pour un logement plus cher.
Un découvert pas trop cher ?
Une fin de mois difficile ? Il est indispensable de demander une autorisation de découvert, avant de laisser son compte courant basculer dans le rouge. Car, avec un découvert "sauvage", l’addition peut être très lourde. Le taux d’intérêt appliqué pour le calcul des agios est en effet souvent largement supérieur à celui d’un découvert autorisé : il approche parfois les 20 %.
De plus, de nombreux établissements prélèvent des commissions d’intervention (entre 8 et 20 € selon les établissements) pour chaque opération – retrait aux distributeurs, paiement par carte, chèque – effectuée sur un compte en situation "anormale", comme précisément à découvert sans autorisation. À raison d’un paiement ou d’un retrait par jour, l’addition s’alourdit vite. Pire encore, la banque peut rejeter les chèques ou les prélèvements, ce qui revient aussi très cher. Attention, les sanctions sont identiques lorsque l’autorisation de découvert est dépassée.
Revolving : s’en passer sans se priver !
Un prêt "revolving" est en général la solution la plus coûteuse pour financer un achat ou une dépense exceptionnelle. En effet, non seulement les taux de ces crédits sont souvent dissuasifs, notamment en magasin, mais la mensualité demandée à l’emprunteur est fixée, elle, à un niveau assez faible. Le prêt est donc remboursé lentement, et les intérêts s’accumulent au fil des mois. Pour faire des économies, l’idéal est d’apprendre à se passer de ce crédit si pratique. Ce ne sont pas les moyens qui manquent pour le remplacer.
Puiser dans son découvert autorisé
Se payer ses petites folies sans aucun prêt ? C’est possible, il suffit d’accepter de se retrouver à découvert sur son compte bancaire (et d’avoir préalablement signé une autorisation de découvert autorisé). Bien sûr, les agios sont calculés à un taux d’intérêt souvent élevé, mais en général, le découvert ne dure que quelques jours, le temps que le salaire soit versé. Dans ce cas, les intérêts ne continuent pas de courir tout le mois. C’est donc plus économique. Attention quand même à ne pas dépasser la limite du découvert accordée par la banque.
Souscrire un prêt personnel
Son taux est en général plus attrayant et les banques l’accordent sans interroger leur client sur la dépense financée. Mais, alors qu’un crédit revolving peut financer un achat de petits montants, un prêt personnel n’est, lui, accordé en général qu’à partir de quelques milliers d’euros.
L’astuce ?
Tout emprunteur est autorisé à rembourser par anticipation et sans pénalité son crédit permanent (mais parfois, en cas de remboursement partiel, seulement pour un montant minimum). Rien n’interdit donc, si l’on souhaite renoncer à son crédit revolving, de le solder grâce à un prêt personnel moins gourmand en intérêts.
Le bon plan du prêt étudiant
Le prêt étudiant est encore plus précieux qu’on ne l’imagine ! Souvent accordé à des taux d’autant plus attractifs que le jeune emprunteur suit un cursus prestigieux, il est bien sûr avant tout destiné à financer les études. Mais il peut donc tout aussi bien servir à régler les frais de scolarité qu’à acheter une voiture (fort utile pour se rendre à la fac), s’offrir un voyage d’étude (indispensable pour approfondir un thème de cours…), un nouveau canapé pour meubler sa chambre d’étudiant, ou simplement financer les dépenses quotidiennes. Tout comme un banal crédit à la consommation, qui est en général, lui, beaucoup plus coûteux.
En prime, les conditions de remboursement du prêt étudiant sont plus souples, puisque l’emprunteur est libre de commencer à le rembourser immédiatement… ou de ne le faire que quelques années plus tard, une fois qu’il aura commencé à travailler. Conclusion ? Les jeunes ont tout intérêt à demander ce prêt, quand ils le peuvent, plutôt qu’un prêt personnel ou un crédit revolving.
Seules limites : les parents de l’étudiant doivent en général se porter caution pour lui. Et bien sûr, même si ce crédit est moins onéreux, il faut quand même disposer le moment venu des revenus suffisants pour le rembourser.
Un euro par jour ? Pas toujours une bonne affaire
Un crédit à un euro par jour… Le slogan fait mouche. Emprunter et rembourser seulement de petites mensualités d’une trentaine d’euros par mois est tentant. L’idée a été lancée par l’État pour l’opération "microportable étudiant", ces prêts (à partir de 1 000 €) accordés par
les banques aux jeunes pour financer l’achat de leur ordinateur. Puis, le concept a été étendu au permis de conduire.Le problème, c’est que le montant de la mensualité ne reflète pas le coût du prêt ! Ainsi, quand le "prêt permis" est gratuit (l’État paie les intérêts à la banque), le prêt "microportable" ne l’est pas : la banque fixe librement son taux. Dans le premier cas, la mensualité rembourse le capital emprunté alors que dans le second, elle comporte à la fois le capital et les intérêts, même si le taux est souvent attractif (entre 3,35 et 5 % en général).
Désormais, ce slogan est décliné tout azimut, y compris pour "la cuisine équipée à un euro par jour" ! Or, même si certains crédits sont calibrés pour que la mensualité tourne autour d’environ 30 € par mois… leur taux d’intérêt s’envole à 15 % et parfois à près de 20 %. Si la mensualité est légère, il est donc sage de s’assurer que le taux l’est aussi. Et qu’il ne s’alourdit pas de frais de dossier prohibitifs.
Plus d’infos
- Permis à un euro. Site dédié www.permisauneuroparjour.fr ou, par téléphone, Allô Service Public (39 39, coût d’une communication locale à partir d'un poste fixe)
- 1 % -Logement. Union d’économie sociale pour le logement (UESL) : www.uesl.fr
- Prêt à 0 %. Agence nationale d’information sur le logement (Anil) : www.anil.org