Allergies à la maison : comment limiter les risques

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Allergies à la maison : comment limiter les risques

Poussières, produits ménagers, poils d’animaux… peuvent irriter et provoquer des allergies. Changer certaines habitudes permet de rétablir un environnement plus sain.

Toutes les maisons, y compris les plus propres, abritent des substances allergènes. Et l’évolution de nos modes de vie contribue à les favoriser. Résultat, les Français sont de plus en plus nombreux à développer des allergies. « En consultation, les patients se plaignent de crises d’éternuements au printemps, de rhinites au coucher ou de conjonctivites au réveil, témoigne le Pr Frédéric de Blay, pneumologue-allergologue au CHRU de Strasbourg. Autant de situations qui entraînent fatigue, irritabilité et baisse de performance. »

Si le domicile conserve sa valeur refuge, il est perçu par les personnes fragiles comme source de dangers pour la santé. Dans les cas les plus graves, l’allergologue envoie un conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) au domicile du malade, de façon à identifier les causes d’irritations et à proposer des solutions. Une intervention gratuite peut être effectuée sur prescription médicale, ou prise en charge par un service d’allergologie, une association de patients ou l’agence régionale de santé. « Une maison assainie permet d’ajuster le traitement et de restaurer la qualité de vie du patient », assure le Pr de Blay.

Maison : aérer souvent pour assainir

Si nous sommes plus sensibles à la pollution intérieure, c’est d’abord parce que nos maisons sont de plus en plus confinées, économies d’énergie oblige ! En réduisant les échanges avec l’air extérieur, la qualité de l’air intérieur diminue. Nous n’aérons plus assez nos maisons (et nos placards), mais nous rapportons aussi, sous nos chaussures et sur nos vêtements, pollens, moisissures et autres poussières. Parallèlement, nos produits ménagers, notre ameublement, la décoration intérieure… introduisent de nouveaux polluants irritants : les composés organiques volatils (COV). Sans oublier nos animaux de compagnies (chat, chien, mais aussi, hamster, lapin…) qui transportent leurs lots d’allergènes.

Modifier nos comportements permet de bénéficier d’une atmosphère plus saine. Commençons par aérer davantage, même par temps froid ou humide. « Il s’agit de trouver un compromis entre économies d’énergie et salubrité de sa maison », explique le Dr Bernard Poitevin, allergologue à Bormes-les-Mimosas (Var). « Le confinement des maisons est un mauvais calcul, insiste Martine Ott, CMEI à l’unité d’allergologie de l’hôpital universitaire de Strasbourg. L’humidité qui résulte de la condensation de nos activités domestiques (cuisiner, sécher le linge, se doucher…) donne une impression de froid et oblige à augmenter le chauffage. »

Or, nous avons tout intérêt à chauffer avec mesure, car les acariens, par exemple, se complaisent dans les endroits où la température atteint au moins 25 °C et les moisissures de type alternaria prolifèrent dès que le taux d’humidité dépasse 60 %. Les déjections des acariens provoquent des irritations, et les spores de l’alternaria engendrent sinusites chez l’adulte et asthme chez l’enfant, pénétrant profondément dans les sinus et les bronches. « Pour les tenir à distance, il faut garder un taux d’humidité inférieur à 55 %, conseille le Dr Poitevin. Pour cela on peut s’aider d’un thermomètre hygromètre (20 € environ). Au-dessus de 55 ou 60 %, il faut équiper la pièce concernée d’un déshumidificateur. »

Le conseil : en rentrant chez soi, il est prudent de laisser manteau et chaussures dans le vestibule ou dans le garage pour barrer la route à tous les allergènes extérieurs.

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