Prothèses PIP : bientôt 8 000 femmes explantées

  
Prothèses PIP : bientôt 8 000 femmes explantées

On estime à 30 000 le nombre de femmes qui, en France, portent une prothèse au gel de silicone frelaté fabriquée par la société Poly Implant Prothèses (PIP). À la fin avril 2012, les données transmises à l’ANSM indiquent que 7 868 femmes ont eu une explantation de leur prothèse, dont 5 257 à titre préventif. Même si, selon les autorités sanitaires, il n'y a pas de preuve formelle que les femmes porteuses de prothèses PIP voient leur risque de cancer augmenté.

Les chiffres sont éclairants : depuis décembre 2012, le rythme d’explantation des prothèses mammaires PIP s’accélère. De quelques opérations par mois en mars et avril 2010, on est passé deux ans plus tard à 1 322 femmes pour le seul mois d’avril 2012.

La raison ? Depuis janvier 2012, les femmes qui ont subi une reconstruction mammaire après un cancer du sein et qui s’étaient vu implanter une prothèse PIP ont la possibilité de se la faire retirer sans bourse délier. Tous les frais liés à l’explantation sont pris en charge par l’Assurance maladie, que ces prothèses soient rompues ou non.

Pour en savoir plus sur la procédure suivi pour changer une prothèse PIP et recevoir un soutien, lire : Implants mammaires PIP : comment en changer ?

80 % des prothèses trouvées intactes

Car, heureusement, les chiffres sont rassurants : sur les 5257 femmes explantées préventivement à fin avril 2012, selon les éléments rapportés par l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les prothèses ont été trouvées intactes chez 4185 d’entre elles.

Au total, 2 973 femmes ont eu une réaction inflammatoire ou/et une rupture de leur prothèse PIP, et 1904 réactions inflammatoires ont été signalées chez 1380 femmes de 2001 à avril 2012. Le taux de rupture de prothèse est plus élevé que prévu : 2 252 ruptures ont été observées (320 de plus qu’à la fin mars). La survenue médiane se réalisant à 5 ans et demi après la pose.

Pas plus de risques de cancer

Un total de 48 cas d’adénocarcinomes mammaires ont été déclarés à l’ANSM chez des femmes porteuses de prothèses PIP (soit 3 cas de plus qu’à la fin mars 2012). Ces données ne remettent pas en question l’avis de l’Institut National du Cancer, (INCa) du 23 décembre 2011qui précisait que

les données disponibles aujourd’hui permettent de conclure à l’absence de sur-risque d’adénocarcinome mammaire chez les femmes porteuses d’implants en comparaison avec la population générale. Il n’existe pas de donnée à ce jour pour conclure à un sur-risque d’adénocarcinome mammaire spécifique à la prothèse PIP en comparaison aux autres implants.

Dans son rapport du 1er décembre 2012, le comité scientifique mobilisé par la Commission Européenne estime de la même façon que

il n’y a pas de données permettant d’apprécier un sur-risque de lymphome ou de cancer du sein chez les porteuses de prothèses PIP.

Et l’ANSM de conclure que l’explantation préventive reste recommandée compte tenu de la fréquence et de la précocité des évènements indésirables observés anormalement chez les porteuses d’implants PIP.

Un problème international

Le problème n’est pas hexagonal : de 400 000 à 500 000 femmes seraient porteuses d'implants PIP dans le monde, les prothèses fabriquées en France étant pour 84% d'entre elles exportées, notamment vers l’Amérique latine, l’Espagne et le Royaume-Uni.


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