Prix des carburants : la baisse sera limitée à quelques centimes par litre

  
Prix de l'essence

C’était une promesse du candidat Hollande : les prix des carburants, qui pèsent lourdement sur le budget de nombreux ménages, devaient être bloqués. La relative accalmie qui a régné pendant plusieurs mois sur les pompes n’a pas nécessité la mise en place d’une telle mesure. La flambée actuelle des prix du pétrole a remis cette promesse sur le devant de la scène. Mais la marge de manœuvre du gouvernement est limitée.

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, dit-on communément. Pour ne pas faire sienne cette maxime, le gouvernement tente depuis ce lundi de mettre en place des mesures visant à stabiliser voire à légèrement diminuer le prix des carburants à la pompe. Du producteur au distributeur et au consommateur, tous les acteurs sont invités à se pencher sur la question. Mais la marge de manœuvre semble de plus étroite au fur et à mesure que défilent les acteurs dans le bureau du ministre Pierre Moscovici.

Les producteurs sous la pression des marchés

Les producteurs tout d’abord par le biais de l’Union des industries pétrolières (Ufip), ont fait valoir qu’ils ne spéculaient pas à la hausse en capitalisant sur leurs stocks. Et une étude récente (publiée le 10 avril) de la DGCCRF, citée par le site internet de « la Tribune » semble corroborer leurs dires. Les distributeurs, qu’ils soient indépendants ou affiliés aux grandes surfaces font apparaître la faiblesse de leurs marges, les premiers pour résister à la concurrence des seconds, les autres car ils se servent du prix du carburant comme produit d’appel pour attirer les consommateurs dans leurs magasins. Sur RTL, ce lundi matin, Michel-Edouard Leclerc a ainsi indiqué qu’en vendant le carburant « à prix coûtant », il ne pourrait faire baisser les prix que de « 2 à 3 centimes par litre ».

Et si l’on rognait sur les taxes ?

Le levier le plus important est dans les mains du gouvernement. Il a prélevé en effet par l’intermédiaire des taxes (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques – TICPE) et de la TVA plus de 25 milliards d’euros sur ce marché en 2011. Mais sa marge de manœuvre est limitée dans la perspective de la réduction des déficits publics. Une –baisse même transitoire de la TICPE (elle représente 61 centimes d’euros par litre de super et 43 centimes par litre de gas-oil) coûterait très rapidement plusieurs centaines de millions d’euros au budget de l’Etat.

Le sujet étant d’importance, il n’est pas exclu de penser qu’un arbitrage puisse intervenir – chacun faisant un effort – pour faire baisser les prix de quelques centimes d’euros. A moins que des tensions internationales qui pèsent fort sur les prix du pétrole brut ne viennent d’un seul coup réduire à néant ces louables intentions.

Il va donc falloir malheureusement s’habituer à vivre avec un carburant à ce niveau de prix.

 

Un site Internet du gouvernement donne, les prix des carburants département par département, actualisés tous les 15 jours.

Auteur : Ignace Manca


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