Le virus de la grippe va-t-il frapper fort cette année ?
Le virus de la grippe va-t-il frapper fort cette année ?
Les groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog) faisaient état fin janvier d’une augmentation des cas de grippe surtout en Paca et dans 7 autres régions. La vague de froid fait craindre une recrudescence de l’épidémie même si, en principe, plus l’épidémie est tardive, moins elle s'avère intense.
On ne peut que se réjouir de ne plus guère observer d’épidémie de grippe depuis deux ans – et la vague de panique qui a précédé l’arrivée du virus H1N1. Il est en revanche difficile d’en cerner les causes. Dans une interview au journal professionnel « Panorama du médecin », le Pr Jean-Claude Manuguerra, membre du Comité de lutte contre la grippe et responsable de la cellule d’intervention biologique d’urgence à l’Institut Pasteur de Paris, tente d’en cerner les raisons. Pour lui ce ne sont ni la météo ni la vaccination qui sont les facteurs agissants.
Une couverture vaccinale insuffisante pour bloquer l’épidémie de grippe
La vaccination contre la grippe tout d’abord car, si les bénéfices individuels sont indéniables, pour que la vaccination ait un impact positif au plan collectif, la couverture vaccinale doit être très élevée. Aujourd’hui, 25 % de la population se fait vacciner ce qui est totalement insuffisant.
Quant à la météo, elle intervient sur deux plans. En période de froid intense et quand survient un épisode de froid humide, on peut observer un stress physiologique au niveau de l’épithélium des voies respiratoires et des perturbations de la sécrétion de mucus, véritable piège pour les virus. On peut également noter une tendance à rester calfeutré à l’intérieur, dans des endroits peu aérés, souvent à plusieurs ce qui augmente la contamination de l’air et donc la transmission des virus.
Le froid augmente la durée de vie des virus grippaux
Par ailleurs, on sait que le froid facilite la circulation des virus grippaux. Leur survie est prolongée sur les surfaces inertes. Ils restent donc actifs plus longtemps, ce qui augmente le risque de contamination. On a notamment observé que ces virus pouvaient survivre plus de soixante jours sur un verre de montre à 4°C contre seulement sept jours à 25°C. Enfin, en hiver, l’ensoleillement est plus court et moins intense ce qui diminue l’exposition des virus aux rayons UV solaires qui ont un effet éradicateur.
Le Pr Manuguerra souligne enfin qu’au cours des vingt dernières années plus l’épidémie de grippe a été tardive, moins elle a été intense. Les plus soutenues se sont produites autour du 1er janvier et il faut remonter à une trentaine d’années pour retrouver des épidémies sévères qui se sont déclenchées en février.
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